Ne soyez pas barbants: ne l’appelez plus Conan, la barbare! Appelez-la en toute simplicité Conann! C’est donc ainsi que se titre le nouveau long métrage de Bertrand Mandico, surnommé Mandichaos depuis la nuit des temps. Retrouver cette relecture féminine de l’univers de Robert E.Howard, sorte de fantasme du futur fondu dans un métal hurlant à souhait, au Festival de Cannes dans la fraiche section de la Quinzaine des cinéastes est une nouvelle heureuse. Et, qui sait, peut-être, la naissance d’un nouveau chapitre dans la filmographie du cinéaste. Parcourant les abîmes, le chien des enfers Rainer raconte les six vies de Conann, perpétuellement mise à mort par son propre avenir, à travers les époques, les mythes et les âges. Depuis son enfance, esclave de Sanja et de sa horde barbare, jusqu’à son accession aux sommets de la cruauté aux portes de notre monde. Au casting, on retrouve Elina Löwensohn, Christa Theret, Julia Riedler, Claire Duburcq, Sandra Parfait, Agata Buzek, Nathalie Richard, Françoise Brion, Audrey Bonnet et Christophe Bier! Dans sa newsletter, Pacome Thiellement le décrit comme « son film le plus extrême »: « C’est le Mandico absolu: cruel, sensible, violent, comique, mélodramatique, infernal, fantastique, scintillant, dérangeant, ravissant, poignant, déchirant. Tellement Mandico qu’il ferait passer ses précédents pour des films de son disciple. Tellement Bertrand qu’on a l’impression que rien n’est jamais assez Bertrand dans les films des autres. Avec une Elina Löwensohn hallucinante, en Rainer, le chien de l’Enfer. Après un film de Bertrand Mandico, tous les autres films nous semblent ternes. Mais après celui-là, on est prêt à tous les orages: la pluie aura toujours la saveur de Conann. » De quoi remettre des étoiles dans n’importe quelle constellation éteinte.
