Le Chaos enquête avant l’annonce de la sélection de Cannes 2019 et se demande si Aude-Léa Rapin a ses chances sur la Croisette.
PAR GAUTIER ROOS
C’est l’histoire d’Alice et Joachim, qui rêvent d’évoluer dans le cinéma. Un matin, un clochard prend Joachim pour un criminel répondant au nom de Zoran, qui serait mort le 21 août 1983, le jour de la naissance de Joachim… Cette coïncidence obsède les deux amis et leur offre le point de départ d’un film, qui les mènera vers les Balkans aller chercher la tombe de ce Zoran… Alice et Joachim??? On sait ce que vous allez nous dire : encore un projet sorti des cartons de la Fémis qui surfe sur une vague intrigue fantastico-policière pour mieux nous faire digérer son naturalisme rance. Ce que vous êtes mauvais !
On concède que le CV de la réalisatrice de 35 ans, effectivement diplômée de l’Atelier Scénario de la Fémis, et dont le parcours est ponctué par des passages dans des festivals certifiés « pass Télérama » (Clermont-Ferrand, Côté Court, Paris Courts Devant) donnera de l’urticaire aux plus mal lunés. Nous on a envie de croire en ce premier long produit par Les Films du Worso et distribué par Le Pacte, porté par une certaine Adèle Haenel, reléguée à la Quinzaine l’an dernier (En liberté !), et qui compte bien maximiser ses chances de retrouver l’officielle en mai prochain (confer les bonnes chances du Quentin Dupieux et surtout de sa pygmalionne Céline Sciamma). Quoi ? Vous n’aimez pas Adèle ? Là on peut plus faire grand chose pour vous.
Pourquoi ça sent bon : Le reste du casting, qu’on pourrait qualifier de « connus mais pas trop » : Jonathan Couzinié (Les Confins du monde, Joueurs), Antonia Buresi (La Belle Saison, Planétarium, L’Apollonide), et des acteurs bosniens qui permettront de fouler aux pieds les procès en parisianisme (c’est bien vu).
Pourquoi ça pourrait coincer : Tous les voyants sont au vert pour ce film qui sent quand même assez fort la Quinzaine (désolé Adèle). Attention à pas écorcher le nom de la réalisatrice en conférence de presse, monsieur Paolo Moretti.

