[Cannes 2019] Juan Carlos Medina nous donne son Top 5 John Carpenter

+Fan de John Carpenter, Juan Carlos Medina, réalisateur de Insensibles et de Golem le tueur de Londres, donne ses cinq films préférés de Big John, attendu ce mercredi pour son hommage à Cannes.

The Thing (1982)
«Un des plus grands films de SF-horror jamais réalisé, à mettre au panthéon avec Alien, pour la création d’un des monstres extra-terrestres les plus perturbants et cauchemardesques jamais crées. Rien n’a vieilli dans ce film que l’on peut regarder aujourd’hui avec le même sentiment de terreur et de fascination qu’à sa sortie, les effets spéciaux de Rob Bottin ont l’air plus récents que la re-création numérique du remake de 2011. Plus qu’un remake de La Chose d’un autre monde de Howard Hawks réalisé en 1951, The Thing est surtout une adaptation non officielle (dans l’esprit sinon dans la lettre) du terrifiant roman de Lovecraft, In the mountains of madness. A noter la fabuleuse BO de Ennio Morricone, qui signe là son seul score pour un film d’horreur, et une bande-son radicalement différente du corpus de son œuvre. Un morceau obsédant et génial en forme de «canon» horrifique a l’orgue, qui n’avait pas trouvé sa place dans le film, a été utilisée par Tarantino dans la BO de The Hateful Eight lors d’une scène-hommage magnifique dans la tempête de neige.»

L’antre de la folie (1994)
«Avec The Thing, l’autre grand film Lovecraftien de Carpenter. On pourrait presque dire les deux seules grandes «adaptations» du l’esprit du maître de Providence, un livre qui rend fou ceux qui le lisent, une perception de la réalité altérée et fracturée, et le fragile continuum spatio-temporel humain menacé par des êtres monstrueux malveillants venus d’ailleurs… Sam Neill dans l’un des ses meilleurs et plus inquiétants rôles, L’antre de la folie est un des films d’horreur les plus libres et originaux jamais réalisés.»

Le prince des ténèbres (1987)
«Un film d’horreur choral au délicieux parfum «eighties» qui parvient encore aujourd’hui a créer un véritable malaise tant il est jalonné d’idées visuelles géniales, comme la fameuse «main a travers le miroir» ou les images vidéo de basse qualité «vhs» du «rêve trans-dimensionnel» reçu par certains des personnages depuis le futur. Des scènes entières sont devenues des classiques, exploitées un nombre incalculable de fois par la suite. Comme dans la musique pop, Carpenter a été le père de nombreuses tendances cinématographiques, et il n’a pas toujours été reconnu à sa juste valeur dans ce rôle de précurseur.»

Halloween, la nuit des masques (1978)
«Avec Psychose et Le silence des agneaux, Halloween est un des plus grand films de tueur en série, ainsi qu’un objet cinématographique d’une pureté, d’une simplicité et d’une puissance extravagantes. Le personnage de Michael Myers avec son masque terrifiant est une des figures de tueur en série psychopathes les plus effrayantes jamais imaginés au cinéma, qui donne encore aujourd’hui des cauchemars a quiconque découvre le film. La base du «slasher», quoi. Encore une fois, Carpenter a œuvré comme un homme orchestre absolu (le score inoubliable et obsédant). Un précurseur et un inventeur de formes cinématographiques trop «genre» pour avoir été reconnu comme tel à son époque mais qui l’est certainement déjà aujourd’hui, et le sera d’avantage dans l’histoire du cinéma.»

Ghosts of Mars (2001)
«Certains s’étonneront sans doute de ne pas trouver dans ma sélection Fog ou Escape from New York ou Les aventures de Jack Burton, soit autant de films magnifiques m’ayant marqué à vie, mais comme je n’ai que cinq choix chaos à faire, je voulais quand même placer un Carpenter tardif dans la liste, car rares sont ceux qui les apprécient à leur juste valeur. J’aime beaucoup celui-ci, ne serait-ce pour que la force de l’imaginaire, déjà (un matriarcat pour gouverner le système solaire, des méchants qui ressemblent à des fans de death metal tarés) et la tonalité mi-sérieuse mi-déconne du film rappelle avec bonheur le Total recall de Paul Verhoeven avec ses personnages over the top et tellement attachants. Ce film est tellement plus agréable à regarder aujourd’hui que bien d’autres ratages grandiloquents se déroulant sur la planète rouge. Comme toujours, Carpenter ne frime pas, il n’est pas dans la hype éphémère, il donne tout, généreusement. Je crois que c’est Howard Hawks un jour qui a dit, quand on lui demandait ce qu’était un grand metteur en scène: «c’est quelqu’un dont on peut sentir la personnalité dans chacun de ses films.» Dans le cas de John Carpenter, on pourrait dire qu’on peut sentir sa personnalité dans chacun de ses plans: la personnalité d’un grand artiste et d’un grand homme discret, généreux, dont le génie n’a jamais eu besoin des modes ou de tendances.»

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