[CANNES 2019] 17 faits marquants (ou pas) de notre Festival

Notre journaliste Gautier Roos résume au nom du Chaos cette 72e édition. 17 choses à retenir (ou pas) de ces 10 jours de folaïe.

Le palmarès
Palme récente a-t-elle déjà mis autant de monde d’accord? On ne fera guère preuve d’originalité là-dessus: on est ravis pour le Bong – autant pour ce film génial que pour cette carrière souveraine – et comblés par le travail minutieux de The Jokers, judicieusement récompensé. En revanche, va falloir que le festival arrête de confondre Prix du scénario et lot de consolation: Céline Sciamma méritait mieux, et un rapide coup d’œil sur les anciens récipiendaires montre que ce prix n’a ni queue ni tête (Heureux comme Lazzaro, A Beautiful Day, Chronic, A Touch of Sin…).

Les pleurs des stars
Grosse pensée à nos célébrités toutes retournées au sortir des séances officielles: on pense à la Cotillard (vêtue comme un sac à patates) décontenancée après le Dolan, aux lunettes noires de Laure Adler qui ont elles aussi pleuré devant l’essai filmé d’Alain Cavalier (Etre vivant et le savoir), à Claire Denis toute imbibée après La Vie invisible d’Euridice Gusmão… Une pensée aussi pour Michel Ciment, croisé aux ouatères après une séance bien matinale du Kechiche: ses yeux tout humectés ne nous permettent pas de dire s’il a pris son pied ou vécu l’enfer sur Terre…

La salle vide pour Frankie
Curieusement, nous n’étions qu’une petite centaine à assister au Zaza movie de l’année, pour cette séance presse programmée à 22h, sûrement en face d’immanquables soirées: sympa de pouvoir pour une fois déballer son McDo en s’aidant du siège voisin…

Les soirées
Privée cette année de la Villa Schweppes, notre team craignait de devoir harceler répertoires et attachés de presse pour obtenir ces fichus cartons. Sans trop de difficultés, nous avons réussi à entrer partout où nous souhaitions nous encanailler (raison pour laquelle nous avons fait le choix de snober le rooftop d’Albane): merci au carnet d’adresses de Valérie… Rien de très extravagant à relever: la géniale Jeanne Added était dans tous les bons coups, et Jump Around reste la chanson la plus jouée de l’histoire des plages cannoises depuis 1987.

Le Thierry Frémaux de 2019
Le Thierry Frémaux nouveau est arrivé. À plusieurs ouvertures de séance, le délégué général est revenu sur l’importance de la parité (films sélectionnés, présences féminines au jury, staff du festival…). Quelle mouche l’a soudain piqué? Où est le Thierry sourd aux revendications du monde qui ne s’intéressait « qu’à la qualité des films » et envoyait les enquiquineurs bouler? Manquerait plus qu’il réponde aux questions des journalistes en conférence de presse l’an prochain…

Le manque de sommeil dès le premier jour
On ne sait pas trop comment l’expliquer, mais nombre de festivaliers nous ont dit avoir commencé la quinzaine par une envie chronique de pioncer. Peut-on vraiment tout imputer à une météo capricieuse? En ce qui nous concerne, nous avons même établi un nouveau record: premiers yeux fermés le 14 mai devant le Jarmusch (c’était à Paris, au Grand Action, avant notre départ le lendemain à 6h12). Le ton était donné.

La promotion de la Cité de la peur partout dans la ville
Ça avait tout d’une campagne électorale. Pour les 25 ans du film, la mairie de Cannes a tapissé ses murs aux couleurs de la Cité de la peur, donnant des sueurs froides aux agences de com’ les plus disruptives du pays: en témoigne ce machin en carton, qui consiste tout simplement à glisser sa tête dans un cadre noir pour y prendre une photo.

L’erreur impardonnable de la Quinzaine
Nous ne sommes pas les seuls à avoir fait l’expérience d’un congédiement à la Quinzaine: on a croisé des badges bleus ayant sagement patienté deux heures au Zlotowski pour finalement se faire refouler. La presse n’était clairement pas la bienvenue au Théâtre Croisette, pris d’assaut par les badges Cinéphiles et les groupies bubonneux de Zahia et Robert Pattinson. Dommage, car le peu de films qu’on y a vus étaient chouettes. Faîtes quelque chose pour l’année prochaine, cher Paolo.

Notre rencontre avec Alain Delon
Pas pu adresser un mot à ce monstre sacré (nous avions un kebab à aller récupérer), mais l’homme a quand même posé devant notre caméra, alors que des centaines de retraitées nous écrasaient le pied pour obtenir un autographe. On est comme elles: on t’aime Alain.

La cérémonie d’ouverture gênante
Même Edouard Baer, si irréprochable d’habitude, avait l’air dans les choux. Après une heure de red carpet Laurent Weil, on a cru à une mauvaise copie des Césars: va falloir relever le niveau l’an prochain…

La file d’attente interminable pour le Tarantino
Ayant senti le coup foireux, on a préféré rattraper le film le plus attendu de cette édition le lendemain à midi au Grand Théâtre Lumière, où on a attendu seulement 20 minutes. Nos pensées vont aux recalés du Debussy, qui ont pour certains vécu une journée tout à fait merdique, puisque le Bong Joon Ho du même jour affichait lui aussi complet…

Michel Merkt au générique
Le nom du producteur de l’ombre était visible sur à peu près 50 % des films visionnés ici, toutes sélections confondues: il avait une dette de poker à éponger, Thierry Frémaux ?

Des guests de très très haut niveau
On aime aussi Cannes pour son folklore un peu ridicule, et sa tournée des humoristes venus assurer la promo d’on ne sait quelle comédie bien grasse à plus de 20 millions. On a croisé un Franck Dubosc tout décontracté posant gentiment avec des locaux, un Gad Elmaleh qui faisait le show dans le hall du Majestic, un Tex qui rigolait tel un enfant de 5 ans un matin boulevard de la Croisette (tout sourire, il avait l’air d’avoir fait une grosse bêtise). Et surtout, surtout, cher lecteurs: un Stéphane Guillon couleur orange (son teint, pas son badge) venu assister comme nous au porno chaos d’Albert Serra. Qui dit mieux ?

La pluie
Si Claude Lelouch en a d’abord fait les frais, on doit dire qu’elle nous a nous aussi bien emmerdés: le numéro du jour du Film Français n’était vraiment pas suffisant pour nous protéger lors de ce premier week-end, où nous avions eu la mauvaise idée de sortir notre plus beau costume…

Xavier Dolan everywhere
Si l’an dernier nous croisions Joachim Trier et son acolyte Trapenard à chaque coin de rue, c’est cette année le Xavier qui nous a collés aux basques: séances Un Certain Regard, rooftop du Five Seas, couloirs exigus du Palais… À croire que Cannes lui avait manqué. La silhouette est inversement proportionnelle à sa réputation: il a une tête bien trop petite par rapport au reste de son corps.

La presse gratuite dispo au Palais
L’absence de Technikart Super Cannes a clairement été un manque cette année. On s’est rabattu sur le Vanity Fair de Michel Denisot, mais qu’on se le dise: on préfère nettement les têtes mal détourées aux photoshoots guindés sur la terrasse du Gray.

La mère Denis qui attrape le gratin par le col
Son “Oh silence!” exaspéré lors de la cérémonie de clôture restera comme l’un des plus beaux doigts d’honneur adressés à la profession. Les nœuds pape à réglette velours et les robe à sequins en tremblent encore. Une conclusion chaos de très (très) haute volée: merci Clairou <3<3<3

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