« Bug » de William Friedkin, de retour en Blu-ray et en HD

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Metropolitan ressort Bug de William Friedkin en haute définition début décembre (le 6, précisément). Parfait pour Noël.

Un soir, William Friedkin découvre la pièce de théâtre, Bug de Tracy Letts qui cartonne à New York. En sortant, il est sous le choc. Pour lui, c’est du romantisme à l’état pur: noir, organique, viscéral. En 2006, il l’adapte au cinéma et signe sans prévenir un sommet dans sa filmographie.

Deux personnages paumés qui soignent leurs blessures (elle a perdu un enfant, il a connu des expériences traumatisantes pendant la guerre du Golfe). Deux maudits trahis par la vie qui ne pensaient pas, un jour, connaître l’autre, connaître l’amour et qui semblaient condamnés à ruminer des rêves seuls, le soir, sous des néons bleus, en contemplant le monde vivant sans eux. LUI (Michael Shannon) ne ressemble pas aux mecs rustauds du coin, se moque bien de faire l’amour le premier soir («Les gens sont toujours décevants une fois qu’on les a vus nus»), voit des choses que les autres ne voient pas, s’envisage en marge (queer au sens propre) et cache un cœur fou prêt à aimer à mort; ELLE (Ashley Judd) vit dans la peur de son ex lui soutirant ses économies, fuit les regards chargés de promesses, ressasse la culpabilité d’avoir perdu son enfant un jour au supermarché du coin et d’être passée à côté de son rêve. Éteinte puis regardée comme personne ne l’a jamais regardée, elle va s’illuminer et trouver à travers ce mystérieux inconnu la présence sécurisante qui lui manquait. Friedkin raconte cette renaissance comme personne et, en quelques tremblements, transcende la love story. Avant de basculer dans la quatrième dimension.

Bug, c’est donc une sublime histoire d’amour fou en même temps qu’un film sous coke. Quelque chose comme la vision hallucinée d’une paranoïa ordinaire de l’Amérique post-11 septembre ayant contaminé le monde entier et qui se traduit ici par les bourdonnements de climatiseurs, les bruits flippants du ventilateur, les ombres sur les murs suintants, la sonnerie agressive du téléphone, la crise d’épilepsie. Jouant comme s’ils étaient en direct en plein happening, Ashley Judd et Michael Shannon sont sidérants. Leurs deux personnages amants sont enchaînés, du paradis à l’enfer. Adam et Eve s’appellent Éros et Thanatos et c’est la fin du monde. Ils se noient, se consument, meurent avec l’autre, leurs regards soutenant: «Cette vie fut atroce, cette vie fut belle, cette vie fut nous, ensemble». RLV

Bonus :
Commentaire audio du film par William Friedkin
Les coulisses de Bug
William Friedkin évoque sa carrière
Un entretien inédit avec William Friedkin lors de la présentation du film en France
Bande-annonce

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