Bons baisers du Japon: la carte-postale de Pascal-Alex Vincent

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Depuis la mi-mai, 400 salles permettent de voir Hidetoshi Nishijima (l’acteur de Drive my car) se dégourdir les jambes dans Shin Ultraman, un reboot de la célèbre franchise SF créée dans les années 1960. Comme quoi au Japon, on peut participer au cinéma d’auteur le plus exigeant et aux blockbusters les plus pétaradants. Bravo monsieur.

Mais l’évènement de l’exploitation locale reste la fermeture du légendaire Iwanami Hall. Cette salle mono-écran reste l’emblème de l’art-et-essai à Tokyo et contribua, dès 1974, à faire connaître le cinéma européen sur l’archipel. La Covid aura eu raison de ce bastion des films en V.O. Le dernier tour de piste sera assuré par une mini-rétro Werner Herzog ce mois-ci. Auf wiedersehen, sayonara.

Avant-première à Tokyo de « Désir » avec Marlene Dietrich, en 1936
File d’attente pour « Les Ailes » de William A. Wellman, également en 1936 :

Heureusement, quelques forteresses résistent, telles Eurospace (également co-productrice d’Annette, actuellement à l’affiche, et de Satoshi Kon L’Illusionniste – attention, moment auto-promo!), dont la salle de cinéma enchante le quartier de Shibuya depuis plusieurs décennies, ou bien Uplink, qui montre du Hong Sang-soo cet été, ou encore Ciné Switch, qui propose en ce moment Swansong, starring, avec l’inoxydable Udo Kier, l’acteur le plus chaos du monde, en vieux coiffeur pour dames. P.-A. V.

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