Avec « Jessica Forever », Jonathan Vinel et Caroline Poggi passent au long

Internet, sexe, ennui, banlieue, jeux vidéo, mec, spleen. Après des courts fabuleux (dont Notre héritage), les réalisateurs Jonathan Vinel et Caroline Poggi sont attendus comme le messie avec leur premier long métrage: Jessica Forever. Quelque chose nous dit que 2018 sera définitivement chaos.

Chouchous de Bertrand Mandico et de Yann Gonzalez, les géniaux Jonathan Vinel et Caroline Poggiont révélé à travers leurs courts métrages (Tant qu’il nous reste des fusils à pompe qui a choppé l’Ours d’or à la Berlinale en 2014 ou encore After School Knife Fight, présenté en Séance spéciale dans un inoubliable plan à trois à la Semaine de la Critique 2017) que, d’une part, ils avaient un talent monstre mais surtout qu’ils étaient en avance. En d’autres termes, qu’ils faisaient un cinéma hybride (celui de demain) où tout se confronte et se mélange confusément, sans élire de territoire tranquille, dans un chaos sourd et sublime. Avec au passage cette fascinante certitude qu’ils ont saisi quelque chose de flou sur l’époque, quelque chose que ressentent profondément, intimement, viscéralement ceux qui ont grandi dans les années 90 et les années 2000. Quelque chose de l’ordre de ennui/transgression, poésie/violence, fleur bleue/porno propre à ceux qui ont grandi avant et après Internet. On devrait retrouver toutes ces qualités oxymoro-poétiques dans leur premier long métrage intitulé Jessica Forever, produit par Ecce Films, distribué par Le Pacte et coécrit avec Mariette Désert (coscénariste de Mercuriales de Virgil Vernier).

Selon le synopsis officiel disponible, il s’agit d’une histoire construite autour d’un groupe de jeune gens violents, des guerriers qui aspirent à vivre en paix. Ce qui les réunit et les apaise, c’est Jessica, une jeune femme qui a le pouvoir de calmer les gens ultra-violents et avec qui ils cherchent à créer un monde dans lequel ils auront le droit de rester vivants. Une trajectoire de groupe qui se délite silencieusement, qui n’est sans évoquer dans son mood leur court métrage After School Knife Fight.

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