Avec « 37: l’ombre et la proie », le nouveau label de films de genre français Parasomnia se dévoile

Annoncé il y a quelques années comme la collaboration entre la société de production française Moana Films (menée par Marc Missonnier) et la filiale française du studio américain Sony Pictures, Parasomnia a pour ambition de faire émerger des films de genre à concept. Dotés d’1 million d’euros, les différents longs métrages restent donc sur un petit budget, mais s’assurent une distribution bien accompagnée en France avec des sorties salles assurées par Sony Pictures Releasing France.

Après avoir visionné le premier film du label, 37: l’ombre et la proie (sortie française prévue le 20 novembre), une première interrogation sur la pertinence du projet provient du marketing-même entourant ce coup d’essai. Si l’on passe les fausses citations de la bande-annonce (« DIABOLIQUE », « IMPRÉVISIBLE », hum-hum), on se retrouve tout de même avec un ton et un montage de trailer plus proches de l’actionner liamneesonesque que du thriller finalement assez inoffensif que le film s’avère être. De même pour cet étrange poster, ainsi que ce sous-titre dont se trouve affublé le film et qui sent le rajout tardif. Finalement, et sans connaître les détails internes de cette collaboration, cette sortie peut donner l’impression d’une incompréhension entre le producteur et Sony, comme si le studio s’attendait à recevoir un tout autre film que celui avec lequel il s’est retrouvé pour finalement le forcer à rentrer dans une case à laquelle il n’appartient pas vraiment.

Parce qu’il faut bien l’avouer, 37: l’ombre et la proie surprend comme point d’entrée pour un label de genre. Le film, qui suit le voyage vers Paris de Vincent à bord de son camion alors qu’il vient d’accepter de prendre en stop une femme se faisant appeler 37, ne devient jamais vraiment le thriller psychologique sous tension qu’il rêverait d’être, la faute à une écriture qui aligne les situations curieuses et qui tente de ménager son suspense en sacrifiant au passage ses personnages. C’est que les intentions réelles de chacun, mal définies à dessein, finissent par fatiguer dans leur ambiguïté, jusqu’à un climax sous forme de tribunal moral. La route finit par paraître bien longue, entre situations improbables et contradictions chez les personnages, et c’est dommage pour les quelques bonnes idées du film, dont le personnage de 37 lui-même.

Alors qu’un deuxième film du label est en post-production (Dernier Signal, de Benjamin Busnel), un troisième vient de débuter son tournage: Kyma, de Romain Daudet-Jahan. Annoncé cette fois comme un film fantastique aux accointances spielbergiennes, le film racontera la rencontre entre un jeune adolescent et une créature mystérieuse, la Kyma, une onde sonore vivante. Et si ce premier essai du label ne nous a pas complètement convaincus, on souhaite bien sûr aux équipes tout le meilleur pour ces deux prochains films: le genre français le mérite.

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