Vous vous souvenez peut-être du film (maudit) de Fernando Arrabal avec Juliet Berto et Alain Bashung (si vous fréquentez nos Chaos Memories, sûrement…) qui se déroule dans un monde post-apocalyptique, où des punks se réfugient dans une casse au bord d’un cratère nucléaire. Au milieu des carcasses de voitures, ils se cachent de la police et s’adonnent à leurs fétiches sexuels. À leur tête, une rockstar et un agitateur qui promet la musique comme salut. Eh bien, à l’origine, il s’agit d’une pièce de théâtre… Publiée en français en 1958, interdite en Espagne pendant les années de la dictature franquiste, Le cimetière des voitures suit un groupe de gens du voyage qui a élu domicile sur un tas de voitures abandonnées. Une dystopie où les chambres d’un étrange hôtel seraient remplacées par des carcasses de voitures rouillées. Sans véritable trame, la pièce est simplement un « terrain de jeu » pour les acteurs, indique le metteur en scène Gil Galliot, qui l’a remaniée, sous l’égide de son auteur. Cette pièce, qui a plus tard fait l’objet d’un film qu’Arrabal a tourné avec Alain Bashung, fait partie du fameux théâtre de l’absurde, comme En attendant Godot (1952) de Beckett ou La leçon (1950) de Ionesco. Le dramaturge a rejoint le groupe des surréalistes au début des années 1960, quelques années avant la mort du poète André Breton, dont on fêtera en octobre les 100 ans du « Manifeste ». En 1962, Arrabal finit par abandonner le surréalisme et crée son propre mouvement, Panique (du nom du dieu païen Pan), avec Alejandro Jodorowsky et Roland Topor.
