Dans une ville isolée, les personnes disparues reviennent après de nombreuses années. Le mystère et la peur s’installent, et tout le monde essaie de comprendre le phénomène alors que les tensions montent. C’est le sujet de Agora, le troisième long métrage du réalisateur Ala Eddine Slim, révélé avec The Last of Us, primé à la Mostra de Venise en 2018, et Sortilège, soutenu haut et fort par le Chaos à sa sortie, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2020. Pour présenter ce long métrage en cours de production, le cinéaste s’est fendu d’une note d’intentions (visible ici): « L’agora est le lieu où tous les habitants d’une ville se réunissent et discutent des affaires courantes; c’est aussi un lieu de prise de décision. Dans le film, ce lieu est représenté par la place publique, qui sera montrée deux fois: la première fois au moment de décider du sort des revenants et la seconde fois au moment de dissimuler le mensonge. Agora est l’histoire d’un passé, supposé disparu et oublié, qui réapparaît avec tant de douleur et de mauvais souvenirs. Les revenants sont l’image des différents échecs vécus tant au niveau de la famille que de la communauté. Toutes ces histoires ont des résonances dans leurs propres petits cercles, la famille de chacun. Les histoires personnelles des fantômes ne sont que des alibis pour une histoire avec les intrigues et les rebondissements d’un thriller et/ou d’un film d’investigation. En tant que cinéaste, mes premiers désirs se situent sur le territoire du cinéma. Par conséquent, tous les personnages du film seront porteurs des univers cinématographiques les plus classiques. Il y a deux personnages importants dans le film: la ville et la nature. Il y aura une sorte de guerre larvée entre la ville (avec ses habitants, ses bâtiments, etc.) et la nature (la mer, les corbeaux, etc.), sous le regard des chiens errants, qui symbolisent pour moi la noble déchéance. C’est cette lutte éternelle qui me stimule, les humains n’étant que des acteurs. »
