Adieu Jean-Claude Brisseau (1944-2019)

Week-end noir et triste: le visionnaire et controversé Jean-Claude Brisseau est décédé samedi 11 mai à Paris, des suites d’une longue maladie.

Féru de septième art dès son plus jeune âge, le cinéaste français, mort à 74 ans, qui a commencé comme prof de philo, a réalisé une douzaine de films dont quelques merveilles de cinéma chaos comme La vie comme ça (1978), Un jeu brutal (1983), De bruit et de fureur (1988), Céline (1992) ou encore Choses secrètes (2001).

Son premier film en super 8, La Croisée des chemins avait marqué Pialat et Rohmer. Son Noce blanche, sorti en 1989, restera son plus grand succès (plus de 1,8 million d’entrées), d’autant qu’il y fit tourner pour la première fois la toute jeune Vanessa Paradis face à l’imposant Cremer (déjà présent dans plusieurs Brisseau) qui obtint pour ce long-métrage le César du meilleur espoir féminin. Certains de ses films nous ont, certes, laissés sur le bas-côté (L’ange noir, Les Anges exterminateurs, A l’aventure, Les savates du bon Dieu), par trop obsessionnels, mais tout le reste, on adore.

En 2012, La Fille de nulle part, home movie fantastique dans tous les sens du terme frappant par son sens de l’humour inattendu (Bribri avait de l’humour, si, si), lui valut le Pardo d’oro (Léopard d’or) du Festival du film de Locarno, avec notre cher Apichatpong Weerasethakul comme président du jury (qui a très certainement, et à juste titre, été sensible aux fantômes hantant le très bel appartement Brisseauien).

Que le diable nous emporte, délicieux film érotique en 3D, est son dernier film, sorti début 2018. Condamné en 2005 pour harcèlement sexuel, il avait été dernièrement rattrapé par le mouvement #MeToo, la Cinémathèque annulant fin 2017 la rétrospective qu’elle devait lui consacrer. Paix à son âme. Et merci pour toutes les visions, Jean-Claude.

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