Buzy, Marie-Claire Girod pour l’état civil, notamment connue pour son tube Body physical dans les années 1980, est décédée à 66 ans mardi à Paris. Hommage chaos pour rendre hommage à ses chansons, mais aussi ses beaux clips…
Au Chaos, on résiste bien peu aux chanteuses comètes qui ont dragué le Top 50 le temps d’une pirouette avant de prendre des chemins plus obscurs: Sara Mandiano, Graziella de Michelle, Guesch Patti, Jil Caplan, Bibi, Caroline Loeb, Do Piano… Triste de voir disparaître l’une d’entre elles: la ténébreuse Buzy, partie le 14 novembre dernier à l’âge de 66 ans, elle qui avait squatté les charts avant de s’éloigner des projecteurs… sans y renoncer toutefois complètement. On apprend que sa carrière comptait pas moins d’une dizaine d’albums, dont le dernier Cheval Fou datait de 2019! Une prolongation à pas feutrés, dans le brouillard…
Immortalisée par Jean-Baptiste Mondino sur la couverture de son album Dyslexie, revendiquant un héritage très rock, elle frappera surtout son grand coup avec Adrian en 1983, dont le clip avait l’ambition folle de copiner avec la mégalomanie des voisins américains. L’ère du vidéo-clip commençait alors, et on ne se contentait plus de se dandiner devant la caméra: il fallait faire cramer les mirettes. D’où Thriller ou Total Eclipse of the Heart qui donnèrent le LA à l’époque. Présenté quasiment comme un long, projeté au cinéma (comme le sera plus tard Libertine), réalisé par le designer Hilton McConnico et enfilant des visions sidérantes façon Ulrike Ottinger et Yvan Lagrange où se mêlent néons baveux et éclairs sanguinolents, Adrian faisait péter les tubes cathodiques. «Emmène moi là où l’important n’est pas d’être important». Curieusement, le titre connaîtra davantage un succès d’estime.
Il faudra attendre 1986 pour voir Buzy, cheveux en pétard, reconquérir les charts après un album parrainé par Gainsbourg, I Love You Lulu: si son clip façon polar noir – toujours très cinématographique – n’a guère la puissance de son prédécesseur, Body Physical se taille un beau fourreau de tube obsédant et vénéneux. «J’errais dans la zone very hot». Ambiance rues torves, gentiment décadentes, où les deals se finissent à coup de flingues, où les paroles ambiguës prennent un drôle de tour: troublée par une masseuse, Buzy semble se perdre sur les trottoirs enfumés de Bangkok, et sans doute plus loin encore. Peut-être un point de vue masculin, peut-être pas… «J’ai la chair de peau, j’ai la chair de peau…»
