Un avion avec à son bord un groupe d’enfants s’écrase. Mais, un événement inexplicable survient : la mémoire de leur existence disparaît complètement de la société, c’est comme s’ils n’avaient jamais existé même pour leurs parents proches. Seule la mère d’une des victimes a gardé intact le souvenir de son enfant.
En exploitant le filon très en vogue en ce moment de la mémoire et de ses troubles (de Eternal sunshine of the spotless mind à Memories), Joseph Ruben développe une idée de scénario certes opportuniste mais intrigante autour d’une mère de famille qui voit petit à petit ses souvenirs se déliter sous ses yeux. En jouant sur l’état mental du personnage principal (invention ? traque ? paranoïa ? folie ?), le film qui lorgne vers le fantastique et la science-fiction était riche en substance et en promesses. Hélas, grosse déception! Les personnages secondaires inexistants, les débordements lacrymaux, les retournements de situations pléthoriques ainsi que les tics formels et autres nombreux effets ostentatoires desservent la fiction et donnent une tournure grotesque à ce petit film fantastique (un carton au box-office US) qui commençait pourtant sur de bons rails. Or, les issues dramatiques s’éventent et l’ensemble qui se fantasme nouveau Sixième sens n’est en fait qu’un sinistre avatar – pour ne pas dire plagiat – de Dark city(Alex Proyas, 1998).

