John Constantine, extralucide anticonformiste qui a littéralement fait un aller-retour en enfer, doit aider Katelin Dodson, une femme policier incrédule, à lever le voile sur le suicide mystérieux de sa sœur jumelle. Cette enquête leur fera découvrir l’univers d’anges et de démons qui hantent les sous-sols de Los Angeles d’aujourd’hui.
L’idée de transposer au cinéma le comic-book Hellblazer, de Jamie Delano et Garth Ennis était fort louable. Encore eût-il fallu une concentration de talents solides pour relever ce défi casse-gueule et très attendu. Malgré un début prometteur, Constantine retombe immédiatement dans les conventions et accumule les baisses de régime. Presque inconsciemment, il finit par provoquer le désintérêt le plus total. C’est un peu le prototype du film qui rentre par une oreille et ressort par l’autre. Le résultat manque tellement de substance et de passion qu’il donne au spectateur la sensation d’avoir vu un spectacle volatile et sans âme.
Seul à la barre, Keanu Reeves fait ce qu’il peut mais il est loin du personnage d’origine qui était inspiré de Sting (soit blond et anglais). Il est peu aidé par des running gag très lourds (encore merci, Akiva Goldsman), des punchline pas percutantes, des personnages secondaires inexistants et un scénario inepte. Le manque de rythme, le cabotinage des acteurs (mentions spéciales aux insupportables Shia LeBeouf et Djimon Hounsou) et le faux second degré humoristique achèvent le piètre résultat. Soyons clairs : on n’a rien contre les divertissements bourrins qui affichent zéro neurones au compteur, mais cette fois-ci, c’est l’overdose, il y en a franchement marre de ce cinéma prétendument divertissant qui, en sus de ne rien apporter, tape ostensiblement à l’œil du spectateur sans rien lui donner en retour. Pas de peur, pas de suspense, pas de surprise.

