[CRITIQUE] L’EMPREINTE DE LA MORT de Philippe Martinez

Ben, ancien membre de la mafia marseillaise, retourne à Los Angeles auprès de sa femme et de son fils avec la ferme intention de rentrer dans le droit chemin. Hélas, il va illico entrer en guerre contre une triade chinoise après le crime odieux et brutal de son épouse (et accessoirement de ses beaux-parents). Il est de retour et il n’est pas content.

On peut voir à travers ce personnage usé par l’existence un transfert du nouveau Jean-Claude Van Damme : celui qui tente de faire peau neuve et d’expier tous les faux-pas du passé. Car si beaucoup gardent de l’acteur l’image d’un guignol qui fait rire les foules avec son franglais aware et ses logorrhées philosophiques fumeuses (voire son cameo à contre-emploi dans Narco), il ne faut pas oublier que c’est avant tout un homme qui s’est battu, qui a souffert et qui est passé par des étapes douloureuses. S’il ne se hisse pas à la hauteur de ses intentions, ce drame possède le mérite de mettre en scène un protagoniste qui a envie de quitter les excès des nuits ivres pour rejoindre une famille qu’il n’a pas vu vieillir. Mais c’est trop tard : une implacable histoire de vengeance va frapper comme un coup du destin. Ainsi, le film se déroule sans trop de heurts, en suivant le même fonctionnement que les Kill Bill. Sauf que les Kill Bill en question sont des chefs-d’œuvre et que L’empreinte de la mort n’est que poussière d’étoile.

JCVD a toujours confessé vouloir jouer dans un drame pour pouvoir exprimer toute la palette de son talent d’acteur. L’empreinte de la mort, qui donne plus de place à l’émotion qu’à l’action, était une occasion en or, à la fois pour faire sa propre catharsis mais également pour lui, en tant qu’acteur, de prouver qu’il vaut mieux que l’image qu’on tente de véhiculer à son égard. Hélas, le film est traité avec une fausse solennité qui annihile tout second degré. Les efforts de Jean-Claude Van Damme pour donner de la crédibilité à son personnage sont évidents et parfois payants (il parvient à être touchant) mais l’ensemble est tellement simpliste entre les personnages manichéens et les ressorts dramatiques énormes que tout ce grand-huit doloriste ne provoque pas les effets désirés. Certaines scènes peuvent impressionner (quelques passages sadiques inattendus), l’hommage final à Streetfighters s’avère ingénieux et le message sur la loi du talion finit par passer, mais cette série B saumâtre lorgnant dangereusement vers le Z se révèle finalement indigne de l’impérial JCVD, irréprochable en vengeur blessé au bout du rouleau.

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