[CRITIQUE] LA FEMME DE SES REVES de Bobby & Peter Farrelly

Un homme se marie précipitamment avec une jeune femme qu’il croit parfaite. Mais durant leur lune de miel, il découvre avec horreur la terrible face cachée de sa personnalité. C’est là aussi qu’il rencontre celle qui semble être sa véritable âme soeur…

Chantres de l’humour scato et égrillard US, les frères Farrelly, géniaux bouffons et véritables trouvailles comiques des années 90, orchestrent avec Les femmes de ses rêves une nouvelle comédie pétaradante, remake d’un film moins punchy des années 70 dont ils ont juste repris la trame narrative. A défaut de proposer des surprises, le film possède ce que l’on attend de la part des frangins. En cela, il continuera d’amuser leurs aficionados conquis d’avance (plein d’occasion de se fendre la poire) et d’irriter ceux qu’ils n’ont jamais fait rire (il faut aimer le genre). Mais, au lieu de faire une liste peu ou prou exhaustive des bons gags et des bonnes réparties, mieux vaut se pencher sur le nouveau visage de la comédie US qui prend de moins en moins de pincettes avec ses sujets. C’est donc la première fois que l’on regarde une comédie – somme toute agréable mais mineure – des frères Farrelly en se disant qu’ils sont menacés. Par qui ? De nouveaux talents comiques outre-Atlantique décomplexés. Sans conteste, les frères Farrelly ont constitué une vraie influence, ouvert des portes, assuré qu’il était possible de rire des choses horribles ou tabous. Aujourd’hui, ils sont dépassés par les Sacha Baron Cohen (Borat) et l’insidieuse vague Judd Apatow 40 ans toujours puceau & En cloque mode d’emploi comme réal et Supergrave comme producteur) qui a tout explosé au box-office. On regrettera donc que les frères Farrelly aient pris sur ce coup un train de retard par rapport à leurs enfants bâtards. De précurseurs, ils suivent le wagon. Faute de se renouveler, ils sont à la merci de jeunes artistes qui n’ont plus peur de dire des gros mots ou de jouer avec les corps de comédiens délurés.

Est-ce pour autant que le spectacle ne marche pas ? Non. Sans doute parce que les Farrelly préfèrent lors d’un voyage en bagnole fredonner Ashes to ashes de David Bowie que Wannabe des Spice Girls. Faire surgir une mélancolie des profondeurs que se contenter d’un humour de surface. En somme, ils se reposent sur une marque de fabrique, un bon vieux refrain. Dommage cependant que dans le cas présent, ils n’aient pas cherché à approfondir la veine tragique de Deux en un ou accentuer l’humour barge de Kingpin (leur meilleur film, injustement inédit en France). Histoire d’assurer que les deux larrons en foire possèdent aussi un cœur gros comme ça et qu’ils ne sont pas que des dialoguistes capables de sortir de bonnes vannes. Atout en or : il leur reste une vraie astuce indémodable et inépuisable. Une carte joker : Ben Stiller, l’un de leurs acteurs favoris avec Jim Carrey, qui se fond dans leur univers avec aisance comme naguère dans Mary à tout prix. Le défilé de jolies filles moins cruches que spirituelles suffit à maintenir l’intérêt de ce divertissement moins mordant que gentiment cintré.

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