Le réalisateur américain John Singleton, dont le culte Boyz n the Hood (1991) reste l’un des symboles de la nouvelle vague du cinéma afro américain, est décédé ce lundi.
Ses proches avaient demandé l’arrêt des soins, en accord avec le personnel médical, le metteur en scène de 51 ans étant plongé dans le coma, dans un état désespéré. Il avait été victime d’une défaillance cardiaque le 17 avril. « Repose en paix, John Singleton, tellement triste d’apprendre la nouvelle », a tweeté Jordan Peele. « John était un artiste courageux et une véritable inspiration. Sa vision a tout changé. »
RIP John Singleton. So sad to hear. John was a brave artist and a true inspiration. His vision changed everything.
— Jordan Peele (@JordanPeele) April 29, 2019
John Singleton était le premier réalisateur noir nommé à l’Oscar de la mise en scène, en 1992, pour Boyz n the Hood, un sombre tableau de l’engrenage des gangs à Los Angeles, de la violence sous-jacente de nombreux quartiers noirs de la ville et de la répression aveugle de la police. Tourné à 22 ans seulement, ce film avait été un choc culturel et une étape majeure dans l’histoire du cinéma afro-américain avec sa distribution comprenant Angela Bassett, Laurence Fishburne, Cuba Gooding Jr et le rappeur Ice Cube, dont c’était le premier rôle. Le film aura aussi marqué par sa bande originale, qui a contribué à populariser encore un peu plus le rap, avec Ice Cube, 2 Live Crew et Too $hort. Singleton a attribué l’écho favorable reçu très tôt par Boyz n the Hood à son passage à Cannes, dans la sélection Un certain regard, où il avait été ovationné à l’issue de la projection.
On se souvient encore de l’ovation à la projection de Boyz n the Hood (Un Certain Regard, 1991). Pensée pour John Singleton, un homme attachant, un cinéaste important et rare. pic.twitter.com/hhW49CDwDL
— Festival de Cannes (@Festival_Cannes) April 30, 2019
Par la suite, il a réalisé 2 Fast 2 Furious (2003), son plus gros succès commercial, et un remake de Shaft (2000). A l’instar de Boyz n the Hood, il aura réalisé plusieurs drames sociaux avec, en toile de fond, la condition des Noirs aux États-Unis, principalement Poetic Justice (1993), Fièvre à Columbus University (1995) ou Quatre frères (2005).

