[CRITIQUE] EVERYONE ELSE de Maren Ade

Second long métrage de Maren Ade après l’inédit Der Wald vor lauter Bäumen (2003), Everyone Else doit être rattaché à la Nouvelle Vague Allemande (sujet poids-lourd, budget poids-plume), mouvance confirmant la seconde vie du cinéma Outre-Rhin, en marge des succès populaires comme La vie des autres. A défaut de traiter de grands thèmes dans un dessein expiatoire, elle est plus axée sur l’individu et ses désirs contradictoires. En l’occurrence, deux post-adolescents (Lars Eidinger et Birgit Minichmayr), coincés entre les jeux primesautiers de l’enfance et les prises de tête de l’âge adulte, testent le temps d’un été la résistance de leur amour. Les somptueux paysages de Sardaigne ont judicieusement été choisis en opposition à la dureté des conflits intérieurs. Tous les repères du couple sont bouleversés. Les émotions, à vif – le couple devenant une cellule pathogène, l’amour quelque chose d’exclusif qui ne doit se vivre qu’à deux. La rencontre avec un autre couple en apparence irréprochable (femme enceinte épanouie à la voix douce ; homme plein aux as ventripotent, dominateur et arrogant) va exacerber la tension sous-jacente entre eux pour la faire monter d’un cran. Cette confrontation au monde extérieur révèle leur «guerre froide» qui se répercute sur tous les autres autour d’eux (la raison du titre «everyone else»), automatiquement perçus par la fille comme des intrus. Comme toujours avec ce registre (la dissection de l’intime), tout dépend des sensibilités et des humeurs : Everyone Else se regarde avec une boule au ventre pour peu que l’on y retrouve une part de son vécu (réaliser que l’on a fait le mauvais choix au dernier moment) ou s’épuise dans la plus grande indifférence si l’on ose encore croire que les histoires d’amour durent éternellement.

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