Lors de la Quinzaine des réalisateurs au dernier festival de Cannes, The Silent House a été survendu comme le premier film d’horreur Uruguayen, tourné avec un appareil photo comme un long plan-séquence de 78 minutes. Le principe au préalable excitant repose sur la «suspension consentie d’incrédulité» : une expérience de simulation purement cognitive exerçant l’imagination et les sentiments de celui qui la vit. Encore faut-il qu’il y ait un minimum d’implication émotionnelle. Avec une économie de moyens et un souci de proximité vénéneuse, le film commence comme une série B «atmosphérique» des années 70 comme on pouvait en trouver naguère sur des étagères de vidéoclub, nourrie d’une tension presque déconnectée de tout enjeu dramatique. Rapidement, ça devient de la poussière sur du vide. En fait, le réalisateur Gustavo Hernandez échoue à épouser un point de vue déséquilibré, à proposer une narration somnambulique simplifiée à l’extrême, à construire une variété d’ambiances, à exprimer visuellement ce qui dépasse les mots (l’innommé, l’innommable) et à progresser vers un climax très angoissant. Au lieu de ça, on ne voit qu’une actrice en roue libre (Florencia Colucci), seule dans une maison abandonnée, qui fait ce qu’elle peut pour défendre cette adolescente à la recherche d’un secret peut-être enfoui en elle. Entre temps, le reste de l’équipe démissionne, soit pour recharger les batteries de la caméra (donc plan-séquence truqué), soit pour essayer de trouver une justification aux invraisemblances (donc rajout inutile des dernières minutes expliquant le pourquoi du comment). Sans surprise, la résolution de l’intrigue flingue la crédibilité de ce coup d’essai qui, par manque de substance, promet d’être cantonné au registre anecdotique de pétard mouillé. Cela étant, un remake US a d’ores et déjà été tourné avant même qu’on ait eu le temps de découvrir l’original dans les salles françaises : il a d’ailleurs récemment été présenté à Sundance. C’est ce qui s’appelle avoir de la suite dans les idées.
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