[CRITIQUE] LA SERVANTE de Kim Ki-young

La meilleure nouvelle de l’été pourrait bien être la ressortie de ce classique du cinéma coréen réalisé au début des années 60 par Kim Ki-Young. Totalement sacré pour les cinéastes sud-coréens, de Park Chan-Wook (Old Boy) à Bong Jong-Hoo (The Host), il s’agit d’un film unique, comme La bête aveugle, de Yasuzo Masumura (1969) ou House, de Nobuhiko Ohbayashi (1977), qui ne ressemble à aucun autre, aux antipodes des mouvances, quasi-intégralement tourné en studio. L’une des raisons pour laquelle il reste emblématique vient de sa dimension sociale. Ses thèmes (l’abus de pouvoir, les artifices du paraître, la corruption par l’argent, les germes d’une lutte des classes) sont développés à travers un mécanisme cruel d’humiliation et de vengeance. Rarissime, ce joyau a été restauré par la World Cinema Foundation de Martin Scorsese et sa découverte peut inciter à découvrir la filmographie d’un cinéaste méconnu qui a payé sa prise de risque et osait un mélange des genres très surprenant et audacieux pour l’époque. Il y a deux ans, Im Sang-Soo a osé en réaliser un remake au moins aussi étrange (The Housemaid), mettant incidemment en exergue la capacité de l’original à créer, à partir d’un sujet social, un écheveau à la fois angoissé et grotesque, baroque et sadique.

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Date de reprise 15 août 2012 (1h 51min) De Kim Ki-Young Avec Eun-shim Lee, Jeung-nyeo Ju, Jin Kyu Kim Genres Drame, Epouvante-horreur Nationalité Sud-Coréen[CRITIQUE] LA SERVANTE de Kim Ki-young
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