#CANNES2017 – GAZETTE CHAOS DU FESTIVAL / JOUR 8: «HAPPY BIRTHDAY»

La rédaction CHAOS raconte son Festival de Cannes. JOUR 8: alors que revoilà Naomi Kawase, Rodin LOL, my my my SHARUNAS, anniversary party, chaos party…

JOUR 8. MARDI 23 MAI 2017
Que serait un Festival de Cannes sans Naomi Kawase? Nothing, évidemment. Ainsi, le jour du 70e anniversaire du Festival de Cannes, nous voici à 8h30 à la projection (très et trop) matinale de Vers la lumière, le nouveau long métrage de la réalisatrice Japonaise dont le sujet nous enchante au prime abord: une jeune femme dont le métier est de décrire des images de films pour des spectateurs aveugles se rapproche d’un photographe qui perd peu à peu la vue. Un film sur le pouvoir des images et la beauté de ce que l’on voit pour la dernière fois qui a hélas laissé de marbre la rédaction chaos, plus précisément notre Eric Vernay. Restent deux superbes comédiens: Ayame Misaki, dont les yeux scintillent et captent les reflets et Masatoshi Nagase, très vu chez Jim Jarmusch (Mystery Train et Paterson). Et une bande-son toute en trompette de Ibrahim Maalouf.

Deuxième projection de presse du jour: Rodin de Jacques Doillon. Ennui poli devant ce film qui marque le retour du père de Lou en compétition à Cannes, 33 ans après La pirate. On y voit un Rodin à un tournant de sa carrière, au moment où il vient de recevoir sa première commande de l’État, « la Porte de l’Enfer » et entretenant aussi une liaison avec son élève Camille Claudel – non ce n’est pas Isabelle Adjani mais Izia Higelin.
Filmer le sculpteur du Penseur et du Baiser dans son atelier, travaillant la matière et inventant la sculpture moderne, était une des nobles ambitions de Jacques Doillon, initialement contacté pour réaliser un documentaire, à l’occasion du centenaire de sa mort. Rapidement, le goût de raconter des histoires et d’écrire des dialogues a pris le dessus. On aurait sincèrement aimé aimer le film davantage, d’autant que le retour de Doillon aux affaires n’a rien d’anodin et la thématique (l’art comme force transcendante, l’amour fou…) non plus mais Rodin ne brûle pas tous les pièges. Difficile de se prendre de passion, tout simplement. A l’aune de la prestation appliquée de Lindon, qui joue comme un boxeur sur le ring, prêt à en découdre avec la matière, avec son wanna prix d’interprétation aux lèvres. Là-dessus, on fera un petit coucou à Séverine Caneele (souvenez-vous, prix d’interprétation honteusement sifflé par des porcs en costards pour son rôle dans L’Humanité de Bruno Dumont en 1999) qui joue Rose, la compagne de Rodin.

Pendant ce temps, Sharunas Bartas attend à La Quinzaine des Réalisateurs. Et quand il attend, il n’a pas le temps d’attendre. Alors, il attend que vous veniez à lui pour son nouveau long métrage Frost, avec… Vanessa Paradis. Personne n’en parle, bizarrement, because l’anniversaire des 70 ans. Mais quoi de plus chaos que Vanessa chez Sharunas Bartas? En attendant de la découvrir dans Un couteau dans le cœur, le prochain Yann Gonzalez (actuellement en tournage), la chanteuse comédienne cherche clairement à se frotter à de l’indépendant pur et dur. Certes, c’est une tromperie sur la marchandise car Vanessa n’a qu’un rôle très mineur de journaliste – ce qui a de quoi dérouter le néophyte qui pensait voir Vanessa dans tous ses états et qui découvre Sharunas dans toute sa lenteur. Les habitués ne seront pas dépaysés: Sharunas reste Sharunas et sa mélancolie de plomb touche. Il raconte ici le voyage d’un couple de jeunes Lituaniens partis de Vilnius pour apporter des vivres et des vêtements aux partisans ukrainiens en guerre contre les Russes et leurs alliés. Lorsque la femme se casse, l’homme s’enfonce dans les ténèbres. Une quête métaphysique et existentielle de 2h20 qui mérite bien un peu de votre patience.

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