Culte des années 80: S’Express – « Theme from S’Express »

Mark Moore, à l’origine du groupe S’Express, est l’un des premiers DJ à jouer de la house music au Royaume-Uni. Tout est né d’une (bonne) idée, comme d’hab. Soit celle d’un disque composé d’une multitude de samples. Au mitan des années 80, le label Rhythm King avait ouvert ses portes pile là où Moore habitait à Londres. En bon passionné, il traînait toujours dans les parages et à force de rencontres, il a fini par rencontrer Pascal Gabriel, coauteur du tube Beat Dis de Bomb the Bass (qui contient un nombre incalculable de samples). Juste pour avoir son avis, Moore lui fait écouter ces compositions elles aussi riches en samples. Ensemble, ils les mettent sur une cassette – en enregistrant 10 secondes de tel disque, 3 secondes de tel autre – et quand le label Rhythm King les a entendues, ils étaient partants pour enregistrer un morceau en studio. Du sang neuf au Royaume-Uni: en dépit de quelques exceptions comme Bomb the Bass et Coldcut, la musique pop ne sonnait tout simplement pas comme ça en 1988! Lorsque Theme from S-Express (basé sur un sample du titre disco Is It Love You’re After du groupe Rose Royce), est arrivé, c’est comme l’année zéro. Une petite révolution dans la façon de composer de la musique.

En 1989, le groupe S’Express (au départ donc composé de Mark Moore et Pascal Gabriel) sort un premier album, Original Soundtrack, où se joignent des choristes (Jocasta, Mark D, Linda Love ou encore Michellé). Au complet, le groupe peut composer un bel album qui se compose de versions légèrement plus longues du Theme de S-Express, mais aussi d’un autre succès qui reste bien en tête Superfly Guy (hommage au personnage de la blaxploitation du même nom) et d’une reprise de Hey Music Lover de Sly and the Family Stone, dont la face B a été remixée par un certain Philip Glass

Selon Mark Moore, qui a écrit sous la vidéo postée via son compte Youtube, « bien que nous soyons devenus des « pop stars », nous avons reçu un budget minuscule pour cette vidéo. La majeure partie de ce budget est passée dans la construction d’une scène tournante ayant la forme d’un vieux lecteur de gramophone. » Peut-être qu’il résume là l’étrangeté très séduisante de S’Express (et la limite pour les costards-cravatés de prods): un groupe indéfinissable où des visages reviennent d’un titre à l’autre, puis disparaissent, puis reviennent, sans que l’on sache concrètement qui fait quoi. À l’image des morceaux samplés à gauche et à droite.

Pour le second album, ne subsiste du groupe originel que Mark Moore, reprenant les affaires avec Sonique, un DJ dont on connaîtra plus tard le morceau It Feels So Gound. S’Express, réduit aux deux DJ, sort Intercourse, qui ne connait pas le même succès que son premier album – on peut y entendre notamment Nothing to Lose. Par la suite, S’Express explose en plein vol, on reste focalisé sur les premiers morceaux du groupe et Mark Moore poursuit sa carrière en solo de Dj.

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