Culte des années 80: Joe Smooth – « Promised Land »

Trois décennies après sa sortie, et après d’innombrables diffusions en fin de soirée (jusqu’à l’épuisement et pour notre extase), ce Promised Land version Joe Smooth se révèle un incontournable de la musique house qui n’a rien perdu de son pouvoir magique sur les danseurs les plus blasés et les fêtards les plus cyniques. Sortie en 1987 sur l’incontournable label D.J. International de Chicago, la version originale était créditée à Joe Smooth Inc. et les versions ultérieures l’ont raccourcie à Joe Smooth. Au moment où Promised Land est sorti, Smooth (de son vrai nom Joseph Lorenzo Jr. Welbon) était connu comme loup blanc, tel l’un des premiers résidents, à partir de 1983, de l’emblématique SmartBar de sa ville natale, et il a prêté sa voix et son TB-808 (instrument de musique électronique de la famille des boîtes à rythmes fabriqués entre 1980 et 1983 par la société Roland) au morceau Time to Jack de Chip E. Parmi ses autres productions, citons Work You Body Rap de Professor Funk & the House Brothers et You Can’t Hide de Frankie Knuckles, tous deux datant également de 1986.

En 1987, Chip E. est devenu vice-président de l’A&R chez D.J. International, et il invite Smooth à se joindre à son équipe. En peu de temps, Going Down de Joe Smooth, avec Anthony Thomas au chant, est enregistré sur vinyle. Ce morceau house constitue un excellent exemple de la musique de fête de Chicago de la fin des années 80. Mais il n’a guère préparé les clubbers à ce qui allait suivre: le mix club de Promised Land, la version de référence pour la plupart des DJ.

Soit un rythme house agrémenté de charlestons sifflantes et de congas propulsives, d’élégantes nappes de synthé, quelques accords de piano flottant au-dessus d’une ligne de basse légère aux accents disco, et la voix d’Anthony Thomas. Ses premiers mots – « Brothers, sisters / One day we will be free » – font écho au discours I Have a Dream de Martin Luther King. Plus tard, les paroles prennent un ton plus ouvertement théologique, avec des lignes comme « When the angels from above/Fall down and spread their wings like doves » (Quand les anges d’en haut tombent et déploient leurs ailes comme des colombes). Mais la spiritualité de la chanson transcende sans doute toute croyance spécifique. Car la seule croyance là-dedans, c’est bel et bien le pouvoir de la musique, a fortiori celui de la house. Lorsque Thomas révèle que « We’ll walk hand in hand/Sisters, brothers, we’ll make it to the Promised Land », l’accent semble être mis sur nous, sur l’humanité, plutôt que sur une divinité. Résultat: le mélange, inusable et irrésistible, est toujours aussi grisant au gré des années… Joe Smooth a confié en interview: « J’ai étudié mes succès préférés de la Motown et j’étais déterminé à écrire une chanson classique avec le même type d’esprit dans notre style maison ». Mission accomplie, mon frère.

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