Lors de sa sortie en 1995, ce Everybody be somebody a constitué un véritable succès dans les clubs underground, et les labels du monde entier ont publié leurs propres versions sous licence. Pourquoi celui-ci a mieux pris que d’autres, connaissant le même engouement qu’un Gusto et fleurant bon la fin de la bonne époque Dance Machine? En réalité, le tube de Ruffneck ne ressemble pas vraiment à un hymne house typique du milieu des années 90, c’est même l’un des hymnes les plus étranges du genre.
Derrière Ruffneck, se cache un groupe américain de musique house du New Jersey, aux États-Unis, né dans les années 80 et composé des producteurs de disques Dwayne Richardson, Derek Jenkins et Shaheer Williams. Leur premier morceau: The Power – The Rhythm en 1987, paru sur New York Underground Records qui résume le son house de Jersey de l’époque. Mais le succès ne viendra de façon internationale avec ce Everybody be somebody.
Interprété par la chanteuse Joanne “Yavahn” Thomas (malheureusement décédée d’un cancer en 2003), ce titre demeure un must absolu de la culture house des années 90. La voix de Yavahn est douce, répétant des sortes de variations de Everybody wants to be somebody (soit « tout le monde veut être quelqu’un »). Mais l’étrangeté du single, dont on parlait plus tôt, survient lorsque ce qui est essentiellement l’accroche de la chanson: une voix masculine agressive à la manière d’un sergent instructeur aboyant « Everybody be somebody!« , reprise de l’eurotube Bostich de 1980, un morceau de l’excentrique duo suisse de synth-pop Yello. Par la suite, Ruffneck a enchaîné avec d’autres titres: Move Your Body, All That Jazz, New Life et Baby You. Bien qu’ils aient tous eu un succès raisonnable dans les clubs, aucun n’a eu l’impact – ou le son et la vibration jamais dupliqués – de Everybody Be Somebody.



