Dans le rayon new-wave que tout-le-monde-a-oublié-mais-que-tout-le-monde-devrait-écouter-a-nouveau, on vous présente The Wake, petit groupe écossais passé inaperçu chez nous qui aimait à mélanger un post-punk nerveusement funky avec une synth-pop de chambre. Et coupable d’au moins une merveille en ce bas monde, intitulée Melancholy Man. Un morceau si superbe, si évident, que n’importe autre morceau du groupe ou de quiconque à l’époque ne peut prétendre provoquer le même éclat, le même éblouissement. Cette épiphanie qui vous fait fondre et vous fait dire intimement qu’une chanson semble avoir été taillée sur mesure pour nous: « I think I’ll always be a melancholy man/I know when all is said and done/It’s just the way I am/But if you have the time/Please listen while you can/Does anybody understand?/I’ll always be a melancholy man ». Des paroles qu’on a tout de suite envie de vous traduire, solitaires mélancoliques que vous êtes: « Je pense que je serai toujours un homme mélancolique/Je sais que lorsque tout est dit et fait/C’est juste ma façon d’être/Mais si vous avez le temps/S’il vous plaît, écoutez tant que vous le pouvez/Est-ce que quelqu’un comprend?/Je serai toujours un homme mélancolique ». Eh bien, nous, on te comprend, dear melancholy man!
Déjà, dans les années 80, on essayait de mettre un rayon de soleil dans un monde cerné par les ténèbres, par des angoisses secrètes, par des doutes permanents. C’est sans doute de ce morceau que surgit la grâce de la lumière, une lumière zénithale, qui traverse les années et vient à nous pour resplendir éternellement. De celle vous faisant comprendre que nous sommes tous et pour toujours des melancholy man.
Pour celles et ceux qui sont emballés par ce morceau absolument parfait, vous pouvez poursuivre la découverte du groupe de Glasgow avec l’album intitulé Here Comes Everybody qui, dans la même veine douce, anxieuse et déterminée, permet d’y prélever quelques fragments magnifiques supplémentaires. Puis, de tous les autres albums du groupe. Parce que, mission pas si impossible si nous nous y mettons tous ensemble, en retroussant nos manches engourdies: il faut exhumer The Wake de l’oubli honteux dans lequel il erre depuis tant d’années. Essayez, vous aussi, vous allez tomber amoureux.



