BOOM BOOM BOOM-BOOM BOOM BOOM… L’obsédant Disco’s Revenge, enregistré par le producteur américain de house Gusto, reprend intégralement et en boucle le très sautillant Groovin’ You de Harvey Mason (1979). C’est un son qui hante et qui revient comme un BOOMerang. Un plagiat éhonté? Non, un hommage très sincère jusque dans le titre qui cite une référence: le DJ Frankie Knuckles, un des pionniers de la house music connu pour ses collabs avec Michael Jackson et Whitney Houston. Celui qui a débarqué à Chicago comme DJ à la fin des années 1970 au moment du déclin du disco a toujours décrit la house comme « la revanche du disco ».
On ne vous fera pas l’affront de vous rappeler ce qu’est le disco. Mais on va quand même vous rappeler qu’il s’agit d’une musique dansante qui donne logiquement envie de bouger son corps, qu’elle est née au début des années 1970 et convoque à nos esprits moyens toute une imagerie collective un peu désuète: les boules à facettes, les costumes à paillettes, les pas de danse et le Travolta en transe. Reste que, dans les faits, et on le sait moins, cette musique, ultime sursaut des utopies collectives des années 1960 (sexe libre, paix mondiale…), renvoyait initialement à la propension des disc-jockeys US à sélectionner des chansons (souvent de la soul ou du funk) pour leur capacité à faire danser le public, à provoquer la joie… bénéficiant pour cela d’un mixage spécial, en studio, destiné à faire ressortir le fond rythmique (batterie, basse) afin de propulser la danse. C’est ça, le disco, dans sa première phase, la plus expérimentale. En proposant une relecture, une déconstruction en looping du morceau de Harvey Mason, Gusto s’inscrivait alors dans cette veine pour mieux la faire revivre. Le morceau Disco’s revenge est un looping: oui, il est possible de faire danser dans les années 90 en remixant le disco comme un morceau de house.
Gusto a creusé cette veine avec son morceau suivant, Let’s All Chant, reprise du classique éponyme de The Michael Zager Band…



