En écoutant ce morceau, on pense à du Cocteau Twins pop. Quelque chose de doux, de léger, de vivant et de secrètement anxieux, qui atteint la rêverie quand il s’envole dans les aigus de son sublime refrain. Il s’agit du trop méconnu, mais très aimé par les amoureux de raretés des années 90, Avenue. Une chanson du groupe pop baptisé Saint Etienne, trio britannique de la banlieue sud de Londres, qui tire son nom de la glorieuse épopée des Verts en Coupe d’Europe (vous savez tout, maintenant) et formé par l’ex-journaliste musical Bob Stanley, Pete Wiggs et la chanteuse Sarah Cracknell. Le morceau est sorti en octobre 1992 en tant que premier single de leur deuxième album, So Tough (1992), un an après le morceau qui a permis leur découverte: la reprise du Only Love Can Break Your Heart de Neil Young qui lança leur carrière en 1991.
La version de Avenue disponible sur leur album est une version de 7 minutes avec de longues séquences instrumentales; elle a été réduite à environ 4 minutes pour passer à la radio et sans que l’on comprenne pourquoi, et merci de ne pas nous jeter la pierre, on a tendance à préférer cette version courte, qui donne envie d’y revenir et de le repasser en boucle, alors que la version longue traînasse un peu (mais c’est notre point de vue, pas taper!). Que raconte cette beauté fragile de chanson? L’histoire d’une femme qui se souvient avec nostalgie d’une histoire d’amour de sa jeunesse, principalement à travers une imagerie impressionniste et surréaliste, avec le refrain: « oh, how many years / is it now Maurice? ». La chanson est enregistrée avec de merveilleux effets d’écho qui donnent l’impression qu’elle est interprétée dans une grande salle et contribue à l’envoûtement capable de traverser les années…



