Culte des années 90: Culture Beat – « Anything »

À l’origine, et on le sait peu, Culture Beat a été créé à la fin des années 80, à Francfort, par le DJ Torsten Fenslau (en compagnie de deux amis, Jens Zimmermann et Peter Zweier). Ce groupe qui a vendu plus de 10 millions de disques à travers le monde et qui a marqué les années collège de bon nombre d’ados des années 90, a au moins le joli mérite d’avoir une jolie généalogie. En effet, là aussi, on le sait peu, mais le premier morceau de Culture Beat s’intitule, accrochez-vous bien, Der Erdbeermund (1989). Et il est chanté par un joyeux zinzin, Jo Van Nelsen, alors chanteur de cabaret bien mystérieux.

Au pays d’Angela, ce single et ce clip, très chaos les deux, sont assez diffusés. Même si on est plus proche de Jimmy Sommerville, de poses à la Klaus Nomi et de restes de house façon Hacienda dans la langue de Falco que d’Eurodance…
On notera d’ailleurs que le morceau existe aussi sous un titre exquis: Les Lèvres Cerises (pour la France) et Cherry Lips (pour l’inter).

Après ce succès, Torsten Fenslau qui a de la suite dans les idées recrute le duo de Culture Beat: le rappeur américain Jay Supreme et la blonde allemande Lana Earl. Ensemble, ils performent I Like Youen 1990 et No Deeper Meaning en 1991. C’est beau comme du dance Machine Gold mais un peu trop sous-S’Express pour affirmer une réelle identité. Doué de visions, Torsten n’est pas pleinement convaincu par cette expérience «perfectible». Il change Lana Earl par une autre chanteuse, Tania Evans. Ainsi, Jay Supreme et Tania Evans deviendront ce formidable duo que nous verrons tant et tant de fois aux concerts Dance Machine ainsi que dans les clips lunaires d’après-minuit sur M6…

Le premier single du duo Tania Evans/Jay Supreme s’appelle… Mr. Vain, et il sort en janvier 1993. Soit quand même 4,5 millions d’exemplaires vendus dans le monde (meilleure vente de single en Europe pour 1993). A ce jour, Culture Beat n’a pas fait plus et mieux que ce standard absolu de l’Eurodance.

Leur album Serenity, qui sort en juin 1993, rassemble que des classiques instantanés dont les formidables Got To Get It et Anything.

Sans oublier World In Your Hands, qui finira mal remixé sur la compilation Dance Machine 4.

Mais, hélas, pendant cette période faste, une tragédie frappe le groupe en pleine ascension… En effet, le visionnaire Torsten décède dans un accident de voiture à Messel à l’âge de 29 ans. Son frère, Frank Fenslau, devient alors le nouveau leader de Culture Beat. Le troisième album de Culture Beat, Inside Out, bénéficie toujours des voix de Tania Evans (son accent si précieux) et Jay Supreme (son rap si rap) et permet quand même de fédérer la fanbase. En résultent quelques singles parfaits pour alimenter les compilations TOPDJ (Inside Out, Crying In The Rain et Take Me Away) mais pas aussi impactants que les fabuleux Mr Vain et Anything.

PUIS, Frank Fenslau a la très mauvaise idée de briser le duo gagnant, décidant de remplacer Tania Evans par Kim Sanders qui chante comme Shawn Christopher. Comme ça ne matche pas du tout avec Kim, Jay Supreme quitte le groupe en plein enregistrement de Metamorphosis, ultime album en date de Culture Beat. Le single Rendez-Vous n’est pas inintéressant dans le genre soupe popeuse, mais rendez-nous surtout le duo originel, please.

Un an après, Kim Sanders, la briseuse de couple, se casse à son tour. C’était bien la peine de tout casser. Un peu au bout, Frank Fenslau se rabat sur une certaine Jacky Sangster pour signer avec le nom Culture Beat un single zarbi: Insanity qui se plantera un peu partout. Afin de commémorer les dix ans de Mr. Vain, Jacky propose une nouvelle version intitulée Mr. Vain Recall. Était-ce bien nécessaire? Évidemment, non. Adieu Culture Beat et adieu notre adolescence.

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