« Terrifier 3 » de Damien Leone: troisième opus d’une saga aux ambitions grandissantes, spectacle à la violence toujours démesurée

LES ETOILES DE LA REDAC

Thibault Rivera
Romain Le Vern
Morgan Bizet
Gérard Delorme
Jérémie Marchetti

Il est (encore) revenu, ce putain de clown. Après avoir survécu au massacre d’Halloween perpétré par Art Le Clown, Sienna et son frère tentent de reconstruire leur vie. Alors que les fêtes de fin d’année approchent, ils s’efforcent de laisser derrière eux les horreurs passées. Mais au moment où ils se croyaient enfin à l’abri, Art refait surface, bien décidé à transformer Noël en un véritable cauchemar.

Ce troisième opus d’une saga aux ambitions (et aux audiences) grandissantes offre un spectacle d’une méchanceté parfaite pour les fêtes de fin d’année, à la violence toujours démesurée et à la profondeur mythologique assez réjouissante. On l’avait quitté décapité à la fin de Terrifier 2, mais il en faut décidément plus à Art le Clown pour se laisser abattre. Désormais secondé par une entité malveillante, Art se propage comme un virus en se greffant à d’autres corps, et entame une petite tournée macabre. Si ses meurtres sont souvent gratuits, ils pointent toutefois vers une direction: retrouver les survivants du précédent volet et hanter leurs nuits.

Cinq après les événements de Terrifier 2, alors que la saison de Noël arrive, Sienna et son frère tentent pour leur part de reconstruire leurs vies, l’une en renouant avec la famille de sa tante, l’autre en tentant de vivre une vie adolescente normale. Mais leur quotidien est entaché de flashs sordides et de la prémonition que le Clown n’est pas tout à fait mort. Disons-le tout de suite: tout ce segment du film, qui coupe les scènes les plus réjouissantes du film de manière assez artificielle pour tardivement recouper les pérégrinations d’Art, n’est pas le plus inspiré. En développant lourdement l’arc narratif bien éculé par les séries de slasher à succès qui nous mène à suivre les survivants souffrant de PTSD des précédents volets, Damien Leone est parfois à deux doigts de faire de ce troisième épisode le prolongement un peu fatiguant de ses coups d’éclat passés. Ce sentiment, renforcé par une structure clairement divisée en deux et qui appelle un Terrifier 4, est bien heureusement contrebalancé par deux choses.

D’abord, les scènes de meurtres sont tout simplement ce qui se fait de plus méchamment gratuit, sadique et violent en salles. Art continue de déambuler au hasard des rues, son sac à poubelle à la main devenu une hotte pleine de nouveaux jouets, et est à son meilleur lorsqu’il tue sans distinction, au hasard d’une rencontre dans un bar, un mall ou une maison. Au travers des lentilles anamorphiques Panavision utilisées sur le tournage, donnant un vrai cachet au film, le maudit clown joue avec les corps comme Buster Keaton faisait des cascades, touchant au burlesque dans le grotesque de ses mises à mort. Le travail de maquillage et de prothèses est toujours hallucinant (Tom Savini a même droit à une petite apparition sous forme de passage de flambeau) et l’horreur parvient ici à jouer sur une crête très inconfortable, arrachant dans une scène des ricanements pour nous laisser décomposés et sans voix à la suivante. C’est cette alternance de ton qui permet au film de tenir sur la durée.

Ensuite, Damien Leone achève de tout à fait convaincre de la pertinence de ce troisième volet en approfondissant la lecture mythologique de son personnage. Idéalement situé lors de la période de Noël, le film réutilise à son avantage l’imagerie des fêtes de fin d’année, ainsi que l’iconographie religieuse qui y est attachée, pour donner de l’épaisseur à ses antagonistes. À cet égard, la scène d’introduction est impeccable, prenant le temps d’installer quatre personnages prêts à accueillir les fêtes, qu’Art déguisé en un Père Noël apocryphe va avoir tôt fait d’imaginer à nouveau à sa sauce (et Noël oblige, il n’oublie pas de faire quelques cadeaux aux enfants, si vous voyez ce qu’on veut dire). Finalement, Terrifier 3 s’avère être un bouillonnement de genres et d’influences, peut-être encore mal définis, mais résolument réjouissants, et l’on sent que Damien Leone rêve d’emmener sa série au-delà du slasher, quelque part entre le film de démons façon Clive Barker et celui de super héros. On l’y suivra!

9 octobre 2024 en salle | 2h 05min | Epouvante-horreur
De Damien Leone | Par Damien Leone
Avec Lauren LaVera, David Howard Thornton, Jason Patric
Terrifier 3 s’avère être un bouillonnement de genres et d’influences, peut-être encore mal définis, mais résolument réjouissants, et l’on sent que Damien Leone rêve d’emmener sa série au-delà du slasher, quelque part entre le film de démons façon Clive Barker et celui de super héros. On l’y suivra!"Terrifier 3" de Damien Leone: troisième opus d’une saga aux ambitions grandissantes, spectacle à la violence toujours démesurée
ga('send', 'pageview');