« Speak No Evil » de James Watkins: le remake bisounours d’un film original mille fois plus malsain, kidnappé par le James McAvoy show

LES ETOILES DE LA REDAC

Jérémie Marchetti
Romain Le Vern

Loup y es-tu? Une famille américaine passe le week-end dans la propriété de rêve d’une charmante famille britannique rencontrée en vacances. Mais ce séjour qui s’annonçait idyllique se transforme rapidement en atroce cauchemar.

Vu, on l’a déjà vu. Le temps d’essayer de se remettre après avoir vu (et subi) l’odieux cauchemar pour parents Speak No Evil / Ne dis rien en français, réalisé par Christian Tafdrup (qui a réussi à traumatiser notre redac-chef chéri) qu’un remake américain a rapidement été dégoupillé. Évidemment, on en rit dans un premier temps, tant on se demande, comme à chaque remake ricain, si la radicalité maladive de l’original sera respectée (spoiler: non). Sauf qu’avec le recul, Speak No Evil a continué de galoper dans nos cerveaux, et pas en bien, au point de se dire que son réalisateur était plus proche du sale type que du sale gosse. Si le petit discours tordu sur la lâcheté faisait assurément partie du contrat pervers tendu au spectateur, on pouvait s’interroger sur sa vision pas très fraîche de la lutte des classes, où le petit peuple psychopathe prenait sa revanche sur les petits bourgeois des villes.

Et là, soudain, on apprend que le remake a échoué au revenant James Watkins, qui avait marqué son petit monde avec Eden Lake. Un film d’horreur efficace, oui, ça, c’est vrai, mais se rejoignant sur le même point que le film de Christian Tafdrup, à savoir de braves citadins martyrisés par ces salauds de pauvre. Pas du ciné achtung achtung, mais du ciné sadique quand même. En bref, le choix fait sens et fait frémir, pas dans le bon sens du terme. Comme si cela ne suffisait pas, il faut en plus compter sur la présence de la maison-mère Blumhouse à la production. C’est probablement le coup de marteau définitif à cette nouvelle version où Américains et Anglais ont remplacé Danois et Allemands. Dans la peau du daddy enragé, James McAvoy joue la carte de l’ogre littéral, serrant les dents à n’en plus finir. Toute la trajectoire de l’original est alors conservée jusqu’à la découverte du pot aux roses. Avant cela, les différences s’opèrent dans l’ajout d’un humour là aussi moins finaud (l’irruption du Eternal Flame des Bangles?!) et la suppression d’une grande partie des éléments malsains. Une américanisation qui s’achève dans une dernière partie en mode ultra-survival qui troque Funny Games contre Les chiens de paille. Seul bon point: Mackenzie Davis (qu’on aime d’amour depuis San Junipero) prend du galon en mère courage, face à un mari au charisme proche d’un os de sèche (c’est tout le propos, certes). Rassurez-vous donc, les méchants seront punis, les gentils pourront souffler, et vous pourrez dormir tranquillement après avoir vu ce Speak No Evil-là. Mais vous pouvez aller voir autre chose aussi…

18 septembre 2024 en salle | 1h 50min | Epouvante-horreur
De James Watkins | Par James Watkins
Avec James McAvoy, Mackenzie Davis, Aisling Franciosi

 

Loup y es-tu? Une famille américaine passe le week-end dans la propriété de rêve d'une charmante famille britannique rencontrée en vacances. Mais ce séjour qui s’annonçait idyllique se transforme rapidement en atroce cauchemar. Vu, on l'a déjà vu. Le temps d’essayer de se remettre après..."Speak No Evil" de James Watkins: le remake bisounours d'un film original mille fois plus malsain, kidnappé par le James McAvoy show
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