À ses débuts, Gakuryû Ishii s’est fait connaître sous le pseudonyme de Sogo Ishii en réalisant quelques films furieux comme Crazy thunder road (1980) ou Crazy family (1984), qui lui ont valu la réputation de cinéaste punk. Dans les années 2000, il a tourné régulièrement avec Tadanobu Asano (Le labyrinthe des rêves, Gojoe, Electric dragon 80.000v) avant de poursuivre sa carrière plus calmement sous le nom de Gakuryû Ishii. Son dernier-né The box man est un projet de longue date puisqu’il est adapté d’un roman de Kobo Abe, l’auteur de La femme des sables et du Visage d’un autre. À la fin de sa vie, Abe s’est découvert des atomes crochus avec Ishii et lui a accordé les droits d’adaptation de Box man avant de mourir peu après en 1993.
Le projet a mis très longtemps avant d’aboutir, et à l’arrivée, on comprend mieux sa réputation de roman inadaptable. Il s’agit d’une fable poétique sur un mystérieux ermite qui vit dans un carton et suscite la fascination de quelques-uns. Un faux médecin en particulier (Tadanobu Asano) se livre à des expériences par le biais d’une assistante chargée d’établir une communication avec l’homme boîte en se déshabillant devant lui. Naturellement, le récit obéit à une logique qui n’a rien de rationnel, tout en mettant en perspective des notions comme l’intérieur et l’extérieur, le contenant et le contenu, l’observé et l’observant, le soi et les autres. La conclusion paraît presque trop simple après deux heures de ruminations hermétiques, épisodiquement agrémentées d’images psychédéliques totalement raccord avec le générique de l’Étrange festival.
| Avec: Masatoshi Nagase, Tadanobu Asano, Koichi Sato, Ayana Shiramoto… Scénario: Kiyotaka Inagaki, Gakuryū Ishii Photographie: Hideho Urata Montage: Banri Nagase Musique: Michiaki Katsumoto Production: Keisuke Konishi, Tomohiko Seki |



