[CRITIQUE][E-CINÉMA] COLOSSAL de Nacho Vigalondo

Big in Seoul. Forcée de revenir dans sa ville natale parce que larguée comme une grosse chaussette, Gloria retrouve un pote d’enfance, qui l’invite alors à bosser dans son bar. Pendant que les cuites entre les deux loustics s’enchaînent tranquillement, voilà qu’à des milliers de km de là, à Seoul plus précisément, un monstre géant fait son apparition durant la nuit et sème la terreur avant de disparaître. Lorsque Gloria découvre les vidéos, elle ne peut s’empêcher de constater que la créature possède étrangement les mêmes tics qu’elle. Elle découvre alors, horrifiée, qu’elle peut contrôler le monstre dès qu’elle se rend dans un parc pour enfants!

Tu t’es vue quand tu ne bois plus? On a envie de dire que la vie est injuste pour Nacho Vigalondo, condamné à voir ses films débarquer à la sauvette en France, voire même pas du tout comme ce fut le cas pour son Extraterrestre. On a envie de le défendre parce que le bonhomme est bon réal, plutôt intelligent et carrément original à l’heure où l’on se répète inlassablement dans le ciné de genre. Sauf que son truc à Vigalondo, c’est le high concept, généralement rigolo ou inquiétant, poussé à son paroxysme. Et manque de bol ça ne marche pas vraiment (remember Vincenzo Natali, qui ne s’est jamais réellement relevé de son Cube?). Ou alors si peu. Verre à moitié vide, moitié plein, tout ça tout ça.
Colossal est donc son second largage des amarres outre-Atlantique: on a oublié, pas forcément à tort, son Open Windows, un thriller high tech ingénieux se déroulant sur un écran d’ordinateur et qui finissait par s’autodétruire tout seul comme un grand. Cette fois, on a du mélange de genre, deux stars au tableau (Anne Hathaway et Jason Sudeikis), un peu plus de budget et un motif qui a fait son revival au pays des blockbusters: les monstres géants. On se dit que Vigalondo sera malin. Un peu au moins. Pas franchement du genre vendable (pas assez fun pour être livré comme une comédie, pas assez spectaculaire pour être vendu comme un pur film de monstres), Colossal connaît une exploitation moindre dans les salles américaines et c’est donc en e-cinéma qu’il fait son entrée chez nous.
Passé la découverte rigolote du pot aux roses, Vigalondo n’oublie hélas pas la « gravité » de la situation; en gros, on n’est pas chez Emmerich ou Bay. Il dessine au passage une héroïne délicieuse, alcoolique bouffée par des mâles toxiques mais n’hésitant pas à prendre les devants. Oui, Anne Hathaway est sans doute ce qu’il y a de mieux dans Colossal. Pour ce qui est du reste, Nachoman tombe toujours et encore dans les mêmes travers: il transcende maladroitement son sujet et opte pour un virage complet au bout d’une heure.
On est certes heureux de ne pas se farcir une énième rom’com dissimulée, mais se taper un personnage aussi détestable que celui joué par Sudeikis pour finalement laisser de côté le concept initial, ça fait un peu tirer la tronche. Si le mélange des genres peut surprendre, ni la peur, ni les larmes, ni le rire ne viennent finalement l’animer. On reste un peu là, à voir un faux kaiju eiga se métamorphoser en drame chelou, traversé de fx souvent fragiles et lesté d’un des traumas les plus cons jamais vu cette année.

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Date de sortie 27 juillet 2017 en e-Cinéma (1h 30min) / De Nacho Vigalondo / Avec Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Dan Stevens / Genres Comédie, Science fiction, Action / Nationalités espagnol, canadien[CRITIQUE][E-CINÉMA] COLOSSAL de Nacho Vigalondo
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