Festival de Cannes 2024: Andrea Arnold, Guy Maddin, Lou Ye, Ali Abbasi… les derniers pronostics pour la 77e édition

Comme chaque année, nous reprenons nos pronostics – savant mélange d’envies, de bruits de couloir indiscrets et d’intuitions – avant les premières annonces officielles de la mi-avril: une liste qu’on mettra régulièrement à jour d’ici là.

The End de Joshua Oppenheimer
C’est l’histoire d’une riche famille ayant survécu au Big Bang grâce à un super bunker. Pronostiqué un peu partout mais surtout sur les plus hautes marches cannoises, c’est peu dire que le nouveau long métrage (de fiction) de l’excellent documentariste Joshua Oppenheimer nous fait saliver. Voyez plutôt: une « comédie musicale à la façon de celles de l’Âge d’or, qui suivra la dernière famille humaine », avec Tilda Swinton incarnant la mère de la famille la plus riche de la planète, et donnant le change à un père nommé Michael Shannon (bunkerisé comme dans Take Shelter). Leur môme sera joué par le jeune George Mackay et on est quasi-certains que le film fera partie des moments forts de cette édition.

Une vie rêvée de Morgan Simon
Et pourquoi on n’enverrait pas un film français déjà daté dans nos pronostics après tout? Programmé au 28 août par Wild Bunch, ce deuxième long de réalisateur de Compte tes blessures (passé notamment par la Quinzaine avec un court où figurait la Dorcel Girl Anna Polina) narre l’histoire d’une mère de famille vivant dans une cité HLM – Valeria Bruni Tedeschi, dans un rôle de composition! – accumulant les galères et les dettes, mais reprenant un peu espoir à l’approche des fêtes. Featuring aussi Félix Lefebvre et Lubna Azabal, Monica Donati à la presse, et Léa Mysius parmi l’équipe de co-producteurs…

Hope de Na Hong-jin
Une mystérieuse découverte est faite aux abords de la ville portuaire de Hopo Port. Les habitants luttent pour leur survie. Mais soudain, deux Amerloques surgissent: Michael Fassbender et Alicia Vikander, tout juste remise des menus prouts de Jude Law dans Le Jeu de la reine… Peu de chose a filtré sur ce projet où l’on retrouvera aussi Jung Ho-Yeon (Squid Game), à part que le tournage a été repoussé pour commencer en octobre 2023. On voudrait pas doucher les espoirs des coréenozouzes de ce site, mais tout nous invité à la prudence: le film ne sera peut-être pas prêt pour être annoncé ce jeudi…

À la hauteur (ex À hauteur d’hommes) de Delphine et Muriel Coulin
Annoncé au Certain Regard, un énième film de duo attendu après ceux des Larrieu et des Boukherma: les deux sœurs signent elles aussi (!) l’adaptation d’un roman à succès, en l’occurrence Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin. Pierre, un cheminot d’une cinquantaine d’années, élève seul ses deux fils, et découvre avec stupeur que son aîné fréquente un groupe d’extrême-droite… Dans le rôle du veuf éploré, Vincent Lindon. Et Benjamin Voisin et Stefan Crepon pour jouer les deux marmots « que tout oppose »… Pour rappel, les deux réalisatrices sont derrière 17 filles et Voir du pays, passés par la Semaine et par UCR: on voit très mal ce titre passer à l’as.

Queer de Luca Guadagnino
Alors qu’il nous amène Challengers dans les salles françaises à la fin du mois, le Luca le plus en vogue du cinéma italien (d’ordinaire bien plus abonné à Venise qu’à Cannes, précisons-le) devrait débarquer pour présenter un film queer adapté de Burroughs avec un casting tout taillé pour monter les marches: Daniel Craig, Jason Schwartzman, Lesley Manville et Drex Starkey. Si la rumeur cannoise a été évoquée il y a huit semaines, on préfère vous dire qu’on a peu de certitudes sur ce titre. Le pitch? Le vieux Bill Lee raconte sa vie dans le Mexique du début des années 1950, où il côtoya des étudiants américains et des patrons de bar. Dans un bar gay, il fit la connaissance d’un jeune homme nommé Allerton, inspiré d’Adelbert Lewis Marker (1930-1998), un militaire de la marine américaine drogué accro à la dope et tout juste sorti de prison. Musique par Trent Reznor et Atticus Ross.

The Substance de Coralie Fargeat
Une frenchie en Séance de minuit? Peut-être, mais avec un film américain: Demi Moore, Margaret Qualley, et le regretté Ray Liotta sont à l’affiche de cet excitant projet initié par l’autrice du (trop?) burné Revenge, sorti en 2018. On nous murmure à l’oreillette que le film a été tourné à Cannes, et que ce serait pas déconnant d’envoyer le machin occuper le créneau « sexy frisson » que nous venons d’inventer à l’instant…

Serpent’s Path (Le chemin du serpent) de Kiyoshi Kurosawa
Chaudement pressenti pour porter le premier long de Céline Sallette et surtout pour le nouveau Emmanuel Mouret, Damien Bonnard peut aussi viser la compétition cette année avec cet auto-remake du père Kiyoshi (…qui n’est autre que qu’une copie du grand Akira lui-même…), un film sorti en 1998 qui ne s’encombrait pas avec un pitch abscons : Un homme demande à un ami de l’aider à identifier le meurtrier de sa fille et à se venger de lui. Mathieu Amalric, Grégoire Colin, Slimane Dazi sont également de la partie pour ce qui est de la partie familière du cast, ce qui ne manque pas d’en faire un favori pour UCR ou pour la Compétition.

Zénithal de Jean-Baptiste Saurel
Repéré par les (souvent avisés) collègues de IonCinema, ce premier long flairant la hype à plein nez cumule pas mal de noms excitants sur sa fiche technique (Kazak à la prod, Les Jokers-Bookmakers à la distrib, et Best Friend Forever pour les ventes inter!) Dans cette romcom d’action autour d’un couple qui ne se comprend plus, il sera question de kung-fu, de virilité dépassée, de paix (difficile) entre les sexes, et de médecin machiavélique… Vanessa Guide, Franc Bruneau, Xavier Lacaille, Cyril Gueï, Anaïde Rozam, Rebecca Finet et Bruno Gouery porteront ce film vitaminé que Wask envoie du côté de la – sanguinolente – Séance de minuit…

Megalopolis de Francis Ford Coppola
EDIT: la presse US a pris de court les communiqués officiels du festival: le nouveau FFC sera vraisemblablement présenté en compétition le 17 mai, avec pour ultime objectif de griller la politesse aux Haneke, Östlund, Billie August (qui ça!?) et autres double-palmés qui ne méritent absolument pas pareil éclat!
Et si finalement il n’était pas prêt, le gros machin homérique en post-prod depuis bientôt un an? Les médias américains semblent cette semaine tempérer un peu l’ardeur de tous ceux qui l’ont envoyé direct en Compèt (avec une troisième Palme d’or dans le viseur pour l’ami Francis, 50 ans après Conversation secrète). Il faut dire que cette épopée à plus de 100 millions de dollars a déjà été maintes fois repoussée et qu’on voit mal la production se bousculer pour envoyer un film bâclé à un simple festival européen, aussi prestigieux soit-il… Pour rappel, Adam Driver, Aubrey Plaza, Giancarlo Esposito, Laurence Fishburne, Dustin Hoffman, Shia LaBeouf, Nathalie Emmanuel, Jason Schwartzman et Jon Voight sont de la – monstrueuse – partie.

Bird de Andrea Arnold
Heureuse récipiendaire du Carrosse d’or 2024, la cinéaste britannique (Fish Tank, American Honey) devrait aussi montrer sa frimousse en Officielle pour un film attendu avec deux stars montantes: Barry Keoghan et un Franz Rogowski dont on se demande bien ce qu’il peut trouver à faire entre deux festivals…. On connaît le nom du distributeur (Ad Vitam) mais pas encore le pitch: comme l’avait fait Kelly Reichardt en 2022, pense à prendre une valise king size, Andrea…

Une honnête femme de Emmanuel Mouret
Camille Cottin pourrait elle aussi embarquer plusieurs types de tenue dans ses bagages : on est à peu près certain que le nouveau Mouret, co-écrit avec une habituée des courts primés en festival (qué s’apelorio Carmen Leroi) aura les faveurs du festival cette année. Qui pour attirer ce joli casting – où figurent aussi Sara Forestier, India Hair, Damien Bonnard, Grégoire Ludig et Vincent Macaigne? Cannes Première ou la Quinzaine?

Anora de Sean Baker
Programmé pour cet été, le nouveau Sean Baker ne peut décemment pas louper l’escale cannoise (reste à savoir si une place en compèt lui a été réservée, ce dont personne n’est certain à l’heure actuelle malgré quelques savantes enflammades ici et là). Shooté en 35 mm, ce nouvel opus racontera l’histoire d’une travailleuse du sexe située entre New York et Las Vegas, et retrouvera cette esthétique 70s qui obsède le Sean depuis un bon moment. Pourquoi pas…

The Return de Uberto Pasolini
Allez, pour le panache, et comme nous fûmes les seuls l’an passé à annoncer La Passion de Dodin Bouffant (grâce à notre détecteur « Ricci et Arnoux »), on va s’amuser à pronostiquer cette relecture de l’Odyssée, par le réalisateur d’Une belle fin: la réunion de Juliette Binoche et de Ralph Fiennes, 28 ans après Le Patient anglais, ne peut que faire frémir notre boule (et notre boulard) de cristal… Avec la présence du regretté Edward Bond (Blow-Up, Walkabout) au scénario.

Maldoror de Fabrice du Welz
Et encore un projet Jokers Film qui ne devrait pas laisser la Quinzaine insensible, d’autant que cette relecture de l’affaire Dutroux repose sur un casting sexy comme jaja: Anthony Bajon, Alba Gaia Bellugi, Alexis Manenti, Mélanie Douteau + 4 poids lourds des films chelous made in France: Béatrice Dalle, Sergi López, Laurent Lucas et Jackie Berroyer. Initialement annoncé, Benoît Poelvoorde semble en revanche avoir quitté le navire en cours de route…

La Rumeur de Maxime Roy
Ayant des antennes en Grèce, le Chaos a eu vent d’un projet très secret du réal des Héroïques (présenté en 2021 en Séance spéciale, pendant qu’en parallèle l’armada angoumoisine de Wes Anderson montait les marches de la Compèt) au large d’une île perdue et dont le nom finit forcément en -os… L’histoire d’une troupe de théâtre emmenée par un metteur en scène très (=trop?) exigeant où l’on devrait retrouver notamment Lolita Chammah, Benji Siksou, et pour incarner le premier rôle, l’un des fidèles de Maxime Roy (Sole Mio, Beautiful Loser), en la personne de Gall Gaspard. On nous murmure aussi dans l’oreillette que le projet a été produit par une star du chaos 2023 ayant gagné deux César d’envergure il y a de ça quelques semaines… Un film qui porte en tout cas bien son nom!

Rumors de Guy Maddin
Un film qui porte lui aussi bien son nom, avec Cate Blanchett, Alicia Vikander, Roy Dupuis, pour ce qui ressemble au projet le plus mainstream du divin Maddin à ce jour. Mercredi sur Insta, le bonhomme a laissé planer le doute quant à une éventuelle qualification en compèt : quelque chose nous dit que même Titi Frémaux ne saura pas demain à la conf de presse si le film en sera ou pas, avant qu’un employé de seconde zone ne lui apporte son traditionnel post-it (oui, nous payons très cher nos stagiaires veille sur Insta).

Longlegs de Oz Perkins
Plus trop pressenti ces dernières semaines, le nouveau thriller horrifique d’Oz Perkins est programmé pour le 10 juillet dans les salles françaises, ce qui laisse une petite latitude à un décollage cannois, d’autant que les deux lead roles ont tout pour intéresser les sélectionneurs (on parle là de Nicolas Cage et de Maika Monroe, révélée dans le très chaos It Follows il y a maintenant 10 ans). L’agent du FBI Lee Harker est en charge d’enfin arrêter un tueur en série insaisissable: voilà pour le pitch Allociné elliptique (fais-nous péter ça en midnight screening, Titi!)

MaXXXine de Ti West
Teaser dévoilé ce mardi par A24 pour le dernier volet de la trilogie de Ti West, après X et Pearl, qui n’a pas vraiment besoin de Cannes pour exister mais qui pourrait lui aussi envoyer du bois en Séance de minuit! On y découvre l’héroïne de X – la queen Mia Goth – seule survivante d’un drôle de tournage porno dans l’Amérique redneck des années 70, devenue depuis une starlette dans le Hollywood des années 80. Alors que sa carrière décolle, l’apparition d’un serial killer dans la Cité des Anges,spécialisé dans les wannabe en son genre, pourrait bien mettre en danger ses rêves de paillettes… Nos plus fins experts estiment ses chances cannoises à 43,87 %.

Hallow Road de Babak Anvari
Tant qu’à faire dans le thriller horrifique, autant vous soumettre aussi ce titre où figurent Rosamund Pike et Matthew Rhys, dont la presse US indique qu’il a bel et bien été envoyé au comité: la course contre la montre à laquelle se livrent deux parents lorsqu’ils reçoivent, tard dans la nuit, un appel téléphonique de leur fille, victime d’un accident de voiture.

Marcello Mio de Christophe Honoré
Pas vraiment emballé par ce titre (« C’est l’histoire d’une femme qui s’appelle Chiara »), on se contentera de vous dire que le casting donne la part belle à quelques débutants – Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Benjamin Biolay, Melvil Poupaud, Nicole Garcia et Fabrice Luchini – et que Les films Pélléas, devenus aussi riches que Bernard Arnault depuis le triomphe d’Anatomie d’une chute, sont une nouvelle fois derrière. Ça sent fort l’année Ad Vitam par ici (d’ailleurs, Pourquoi tu souris?, une comédie de Christine Paillard et Chad Chenouga avec Jean-Pascal Zadi, Raphaël Quenard et Emmanuelle Devos, pourrait bien se trouver un strapontin quelque part)…

Rendez-vous avec Pol Pot de Rithy Panh
5 juin 2024 pour la sortie chez nous, voilà qui donne un sérieux indice quant à la sélection de l’ami Rithy, pour ce nouveau film autour de trois journalistes français invités par les Khmers rouges en 1978 pour réaliser une interview exclusive du chef du régime, le mal nommé Pol Pot. Irène Jacob, Grégoire Colin et Cyril Gueï sont associés au projet (malgré sa démission du jury TikTok de 2022 (!), Rithy Panh reste un fidèle de la Croisette).

We Shall Be All de Jia Zhangke
Aucune garantie sur ce titre dont on murmure qu’il n’est pas prêt, et qui se déroulera sur les deux premières décennies du XXIème siècle en mettant en scène une femme solitaire et silencieuse qui vit pour elle-même… Mk2 s’occupera une nouvelle fois des ventes inter de ce film qui devrait comporter plus d’effets spéciaux qu’à l’accoutumée : il figure dans cette liste uniquement pour ne pas qu’on passe pour les dindons de la farce en cas d’inopinée surprise (c’est moche, mais c’est ainsi).

On Becoming a Guinea Fowl de Rungano Nyoni
Et encore du A24 derrière ce nouveau film de la jeune réalisatrice de I Am Not a Witch (Quinzaine 2017) que d’aucuns pronostiquent jusqu’en Compétition officielle, ce qui serait probablement une première pour un film ayant une triple nationalité Grande-Bretagne-Zambie-Irlande sur son passeport (oui, en l’absence de pitch, on meuble avec les infos Allociné dont on dispose: merci de ne pas vous montrer trop sévères)…

Eephus de Carson Lund
Comédie sportive annoncée à la Quinzaine, Eephus est un film sur le baseball qui s’intéresse au dernier match d’une équipe officiant en Nouvelle-Angleterre avant que leur terrain bien-aimé ne soit rasé au bulldozer. Nate Fisher (Ham on Rye) et la légende Fred Wiseman feront une petite apparition au casting (ça a l’air sympa).

Untitled COVID documentary de Lou Ye
Non, ce n’est pas le titre du film, revenu dans plusieurs listes ces derniers jours, par le papa d’Une jeunesse chinoise et Nuits d’ivresse printanière: nous n’avons juste pas encore le nom définitif du terrassant banger de cette compétition!

Tardes de soledad de Albert Serra
Documentaire sur Roca Rey, l’un des plus grands toreros actuels par l’inclassable Albert Serra, dont le Pacifiction avait accroché (non sans surprise) une présence tardive en compétition il y a deux ans… Rebelote cette année?

The Apprentice de Ali Abbasi
Années 1970. Les jeunes années de l’entrepreneur immobilier, Donald Trump et sa relation avec l’homme politique, Roy Cohn: faute de post-prod terminée, on avait des gros doutes sur ce titre jusque-là, mais la tendance des derniers jours semble bien indiquer une présence de ce biopic trumpien sur la Croisette! Yepah!

À son image de Thierry de Peretti
Fragments de la vie d’Antonia, jeune photographe de Corse-Matin à Ajaccio. Son engagement, ses amis, ses amours se mélangent aux grands événements de l’histoire politique de l’île, des années 1980 à l’aube du XXIe siècle. C’est la fresque d’une génération. Feat. Antonia Buresi, Cédric Appietto, Alexis Manenti, Victoire Du Bois et avec Josée Deshaies – dir photo attitrée de Bonello – à l’image : encore une adaptation d’un roman (Jérôme Ferrari) qui sent fort l’Officielle…

All We Imagine as Light de Payal Kapadia
Lauréate du Prix à la Création 2022 de la Fondation Gan, la cinéaste – passée par la Quinzaine 2021 avec Toute une nuit sans savoir (Œil d’or du Festival cette année-mà) – a indiqué que ce premier long-métrage « parle de la sororité de trois femmes issues de milieux sociaux différents ». Thomas Hakim et Julien Graff, les deux artificiers de la maison de production petit chaos (même numéro Siret que le présent site) sont une fois encore à la manœuvre: merci de nous mettre d’ores et déjà six places pour la soirée officielle du film, les biquets…

2073 de Asif Kapadia
Après Amy (2015) et Maradona (2019), l’autre Kapadia du circuit pourrait s’inviter en Séance spéciale: un thriller de science-fiction très fortement imprégné par La Jetée de Chris Marker (1962), se déroulant dans un avenir dystopique, qui abordera certains des plus grands défis mettant en péril notre avenir… On n’est pas certain que la post-prod soit bouclée, mais est-ce que ça a déjà effrayé nos dévoués sélectionneurs?

Oxana de Charlène Favier
Grosse attente (et pas qu’en France) autour du deuxième long-métrage de cette cinéaste qui avait eu droit à une édition 2020 un peu particulière et son intéressant Slalom (souvenez-vous: Frémaux avait apposé un pin’s Sélection officielle sur l’ensemble de la production tricolore de cette sinistre année confinée). Le film est un portrait de l’une des trois co-fondatrices des Femen, l’artiste ukrainienne Oksana Chatchko (une partie du film a d’ailleurs été tournée en Hongrie en lieu et place de l’Ukraine, pour des raisons que vous pouvez décemment imaginer même si vous ne captez pas BFM). Avec Noée Abita et Yoann Zimmer, vraisemblablement dans des seconds rôles: on met une belle et grosse pièce sur ce titre-ci.

Les Damnés (The Damned) de Roberto Minervini
Numéro un des films chaos potentiels listés par l’armée mexicaine de Wask, c’est la grosse sensation pronosticale de la semaine passée, avec du Shellac et du Michigan Films à l’intérieur, et notre flair légendaire nous susurre déjà à l’oreille que le bouzin va être de qualité. Un pitch en costume qui donne déjà des sueurs froides à Frémaux (UCR ou dernier strapontin restant pour la compèt???): 1862 à Tucson, Arizona. Huit soldats de la cavalerie de l’Union et un éclaireur du premier régiment de cavalerie de Californie effectuent une patrouille dans la région de Picacho Peak, à la recherche d’une petit unité de Confédérés ennemis signalés dans les environs.

Those who find me de Dea Kulumbegashvili
Cette jeune cinéaste géorgienne habituée de Cannes devrait s’offrir une belle exposition avec un nouveau bébé narrant l’histoire d’un obstréticienne georgienne de province qui pratique des avortements illégaux. « Je veux faire un film sur la féminité elle-même – un film qui va au-delà de la notion de bien et de mal, mais qui englobe l’essence même d’être une femme. L’idée même de ce film a été conçue comme une ode à la féminité » déclarait la cinéaste en 2022. Wild Bunch, Arte, et un Luca Guadagnino producteur sont associés à l’alléchant projet, qu’on est certain de découvrir sur la Croisette.

Emmanuelle de Audrey Diwan
On voit mal comment Cannes pourrait passer à côté, après avoir laissé L’événement créer l’événement (mouarf) à Venise en 2021: Noémie Merlant, Will Sharpe et Naomi Watts monteront les marches du GTL pour ce qui devrait être du hors-compèt, accompagnée par notre chère Rebecca Zlotowski – qui n’a pas foulé l’Officielle depuis 10 ans tout rond – au scénario.

Baby Invasion de Harmony Korine
Une séance de minuit qui aurait sacrément de la gueule à en croire Screendaily, pour un film que le principal intéressé présentait comme suit en novembre dernier: un thriller interactif « proche d’un film d’horreur à certains égards, proche d’un jeu de tir à la première personne, raconté principalement à travers des GoPros et des images de caméras de sécurité ». Si jamais pas de place en officielle, on connaît quelques bonnes adresses de strip-club pour la projo…

Oh, Canada de Paul Schrader
Ça fait tellement longtemps qu’on n’a pas vu Paulo fouler l’Officielle (son Dog Eat Dog en toute fin de Quinzaine 2016 époque Waintrop n’avait pas vraiment marqué les esprits) qu’on mise gros sur celui-ci, d’autant que le film a bel et bien été soumis au comité. Basé sur le roman Foregone de Russell Banks de 2021, cet autoportrait à peine déguisé d’un documentariste de gauche à l’article de la mort met en vedette Jacob Elordi, Richard Gere et Uma Thurman, ce qui devrait suffire à griller la politesse à Venise pour cette année (qui aurait pû prédire que 10 ans après le saumâtre The Canyons, le grand Schrader agonisant serait de nouveau au sommet de son art?)

Le procès du chien de Laetitia Dosch
Ça fleure bon l’ouverture de la Semaine – qui aime les premiers essais de cinéastes (Paul Dano, Laetitia Casta, Sandrine Bonnaire, Hafsia Herzi ces dernières années) – et qui apprécie les castings à la papa (ici François Damiens, Jean-Pascal Zadi et Anne Dorval). On est plutôt impatients de découvrir celui-ci – on n’est pas certain qu’il soit entièrement fini – et dont le synopsis se lit comme suit: « Avril, jeune avocate spécialisée dans la défense de animaux est prête à tout pour sauver de la peine capitale son client, un chien récidiviste. Entre croyance en la justice et difficultés grandissantes à supporter le mépris des humains pour les animaux, c’est ce chien qui va aider Avril à accepter sa complexité humaine ». Le canidé Messi en sueur?

Portraits Trompeurs (aka Les prisonnières) de Patricia Mazuy
Les retrouvailles tant attendues entre deux grandes prêtresses du chaos qui ne s’étaient pas revues depuis Saint-Cyr (Un Certain regard cuvée 2000, avec d’ailleurs une toute jeune Nina Meurisse à l’intérieur)? Le reste de la fiche technique est en tout cas éminemment cannois: citons Hafsia Herzi déjà placardée comme une évidence sur l’affiche de la 63e Semaine, François Bégaudeau crédité comme co-scénariste sur la fiche Allociné (c’est peu dire que c’est loin d’être confirmé), et Simon Beaufils à la photo (oui, l’homme qui s’est mangé à lui seul une Palme d’or avec Anatomie d’une chute et un Prix Jean-Vigo du court-métrage avec J’ai vu le visage du diable quelques semaines après… El pitcho? « Alma, seule dans sa belle maison de ville, et Mina, jeune mère des cités d’une autre ville, organisent leur vie autour des visites qu’elles font en prison à leurs deux compagnons. Dans le sas des parloirs, les deux femmes se rencontrent et s’engagent dans une improbable amitié… »

Grand Tour de Miguel Gomes
Grosse rumeur (menant même sur les fauteuils rouges de la Compétition) pour le prochain Miguel Gomes, sur lequel nous n’avons pour l’heure pas grand-chose d’autre qu’un pitch somme toute excitant: Birmanie, 1917, un fonctionnaire britannique fuit sa fiancée, Molly, pour partir faire un « grand tour » de l’Asie. Intriguée, et toujours déterminée à se marier, Molly le suit par elle-même. La Quinzaine fait également partie des pistes d’atterrissage possibles.

La Chambre de Mariana de Emmanuel Finkiel
Un remake de La Douleur en compèt? C’est ce que semble nous indiquer Cineuropa qui met le nouveau Emmanuel Finkiel très haut dans sa liste de course, avec Mélanie Thierry dans le rôle titre (ça fait depuis 2010 et La Princesse de Montpensier qu’on ne l’a pas vue porter un film en compétition, si notre mémoire tavernienne est bonne…) L’histoire est adaptée du livre éponyme d’Aharon Appelfeld sur un petit garçon juif caché par une prostituée en 1943, aux confins de l’Ukraine et de la Pologne: voilà qui ressemble en tout cas à une option crédible pour Frémaux quand on sait que ce Cannes sera le dernier avant la Troisième Guerre Mondiale (qui commencera officiellement en septembre prochain, après votre quinzaine detox à Quimper).

Niki de Céline Sallette
Repéré par l’inimitable Thomas Gastaldi de Wask (nom de code whatsapp: Madame Irma), le premier long de Céline Sallette a de quoi taper dans l’oeil de tout sélectionneur averti : imaginez un biopic de la démente Niki de Saint Phalle porté par Charlotte Le Bon, Damien Bonnard et Judith Chemla… On trouve pas mal de sites qui expliquent que le tournage de la chose a commencé en février dernier: nos indicateurs les mieux renseignés (et les plus grassement payés) nous disent eux que celui-ci a commencé il y a un an. Nous croyons ces derniers.

Aimer perdre de Lenny et Harpo Guit
Une comédie sur la débrouille et sur des galériens tout droit sortis d’une comédie italienne, réalisée par les deux chiens fous de Fils de plouc (2021)? Le film cite comme références trois morceaux de choix – The Gambler de Karel Reisz, Larmes de joie de Monicelli et Un homme qui me plaît de Claude Lelouch et on demande évidemment à voir ça (pour le synopsis, allez-voir ça sur wask.fr tiens).

La Belle de Gaza de Yolande Zauberman
Le 29 mai 2024 dans vos salles mais un détour évident par la case Cannes s’impose quelques jours auparavant… Voilà les seuls éléments (bien chaos) à notre disposition à ce jour: « Ils ont eu une vision fugace une nuit pendant le tournage de M. Beautiful. L’une d’entre elles a raconté en arabe à Selim Nassib qu’elle avait quitté Gaza à pied pour devenir transsexuelle à Tel Aviv. Je l’ai appelée La Belle de Gaza. Avec ma caméra, je l’ai cherchée partout ».

L’Amour ouf de Gilles Lellouche
Vous savez déjà tout sur ce film-Pathé-monstre qui devrait durer « au minimum trois heures », co-écrit avec une certaine Audrey Diwan, et déjà teasé dans les grandes largeurs sur les pré-visuels promo qui assiégeait les boutiques Gucci non loin du Grand Théâtre Lumière l’an dernier. Le seul casting de France capable de donner de l’acné à Quentin Dupieux: François Civil, Adèle Exarchopoulos, Mallory Wanecque (Les Pires), Alain Chabat, Benoît Poelvoorde (qui a donné l’idée du film à Lellouche), Vincent Lacoste, Élodie Bouchez, Anthony Bajon, Raphaël Quenard, Karim Leklou, Malik Frikah, et Jean-Pascal Zadi réunis cette année pour occuper le créneau pas dégueu occupé par Le Grand Bain en hors-compétition en 2018.

Maria de Jessica Palud
On mise aussi quelques kopecks sur cet (énième) biopic pressenti pour faire petite sensation sur la Croisette cette année: tiré du bouquin de Vanessa Schneider, le 3e long de Jessica Palud – qui a par ailleurs commencé comme assistante-réalisatrice sur Les Innocents (2003) de Bertolucci… qu’on envoie lui à Cannes Classics, pour ceux qui suivent – nous dira tout sur la Maria Schneider de 1969, moment où l’actrice-comète commence à faire son entrée fracassante dans un monde de paillettes et de rêves qu’elle va vite quitter. Au casting, attention tout le monde: Matt Dillon pour incarner Brando, Yvan Attal pour jouer Daniel Gélin (lol), Marie Gillain dans le rôle de la mannequin et matriarche Marie-Christine Schneider, mais aussi Céleste Brunnquell et Stanislas Merhar, qui jouera la motte de beurre (on n’est pas fier du tout de celle-ci, sachez-le).

Ma vie, ma gueule de Sophie Fillières
Le nom de la – grande! – cinéaste disparue en juillet dernier revient sans cesse dans les papiers des pronostiqueurs, pour une séance hommage qui aurait tout à fait sa place en Officielle ou à la Quinzaine (…où officie une certaine Agathe Bonitzer, on le rappelle au passage). Agnès Jaoui, Philippe Katerine et le génial Édouard Sulpice figurent dans ce nouveau film qui raconte la vie d’une femme dans la cinquantaine, à l’orée d’un changement, prénommée Barbie (« plus comme la poupée que comme Klaus ») et qui est à la fois poète et « créative » dans une agence de pub. Sauf erreur, les films de Fillières ne sont jamais passés par la case Croisette, et ça ne paraît pas délirant que le festval tienne à marquer le coup et se racheter une (petite) beauté.

The Bitter Tears of Zahra Zand de Vahid Hakimzadeh
Une relecture des Larmes amères de Petra von Kant de Rainer Werner Fassbinder, partiellement en Iran, dans les années 1980, ça vous botte? Si ce titre était déjà présent dans certaines listes de pronostics la saison passée, IndieWire raconte que le film a été fraîchement présenté au comité cannois, et mise quelques deniers dessus. Dans cette co-prod britannique, une styliste de la haute société iranienne fuit son pays après la révolution de 1979 et s’embourbe peu à peu dans la folie dans son grand appartement londonien. Vous pouvez déjà oublier le gros machin baveux signé François Ozon il y a deux ans.

Emilia Perez de Jacques Audiard
Après Les Olympiades, changement de style radical pour le frères-Coen-palmé, avec une comédie policière musicale qui promet d’être moins dodo que ses précédents ouvrages. L’actrice espagnole Karla Sofia Gascón joue le rôle d’un chef de cartel mexicain qui change de sexe pour échapper à la loi. Le casting comprend également Selena Gomez et Zoe Saldana, et c’est Pathé, distributeur France sur-représenté cette année, qui nous amènera tout ce paquet de stars sur le red carpet…

The Shrouds de David Cronenberg
Avec une Léa Seydoux remplacée au pied levé par Diane Kruger et un Vincent Cassel qu’on associe plus à Fleuve noir qu’à autre chose ces dernières années, ce projet qu’on dit « très personnel » de David Cronenberg nous fait évidemment très peur, et ce malgré la présence du fidèle Saïd Ben Saïd à la production. L’histoire? Un homme d’affaires se penche sur les raisons pour lesquelles plusieurs tombes, dont celle de son épouse, sont détériorées dans un cimetière. Difficile de faire plus soporifique que Les Crimes du futur en 2022 mais avec le David Cronenberg de ce nouveau millénaire, il ne faut jurer de rien..

Le roman de Jim de Les Larrieu bros’
Nous les avions laissés sur une géniale comédie musicale intitulée Tralala: les Larrieu bros ont tourné leur dernier long métrage, Le roman de Jim, à l’été dernier (et cette fois, c’est un mélodrame pour les deux frangins qu’on a souvent défendu dans ces colonnes). Pyramide sera chargé de la distribution de cette adaptation du roman éponyme de Pierric Bailly qui porte sur le délicat rapport à la paternité quand il n’est pas défini par les liens du sang. Au casting, tout est réuni pour une très belle Séance spéciale: Karim Leklou, Laetitia Dosch, Sara Giraudeau, Bertrand Belin, Suzanne de Baecque, Noée Abita, Andranic Manet… Mais le nom de Sara Forestier a lui disparu de la fiche Allociné…

Nos enfants après eux des Boukherma bros
Frangis toujours avec cette adaptation très attendue d’un Prix Goncourt, celui de Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux (oui on sait, vous n’êtes toujours pas remis de sa romance avec Charlotte Casiraghi mais Frémaux et son escouade ne sont pas payés pour faire dans le sentiment…) Gilles Lellouche, Paul Kircher, Anaïs Demoustier, Angelina Woreth – également présente dans le Sophie Fillières: attention, alerte révélation de l’année en vue – et Sayyid El Alami seront au casting, pour une date de sortie présentement fixée au 18 septembre, ce qui laisse entrevoir une porte de sortie vénitienne.

Maria de Pablo Larraín
Si on est un peu fatigués par le tournant auteuriste-plombant qu’est en train de prendre la carrière de Pablo, reste une belle curiosité à l’idée de voir Angelina Jolie camper la Callas dans une reconstitution du Paris des années 70, pour un biopic qu’on imagine mal attraper un autre festival que la Croisette. Valeria Golino, Haluk Bilginer, Alba Rohrwacher et Pierfrancesco Favino – ce qui fait quand même beaucoup d’attachés parlementaires cannois! – complètent le casting de ce film tourné à l’automne dernier, qui semble cocher toutes les cases pour un démarrage azuréen.

Les Fantômes de Jonathan Millet
On vous en parlait dans notre double portrait des stars chaos de 2023 consacré aux productions de Films Grand Huit: ce film d’espionnage de Jonathan Millet suit des agents syriens envoyés en Europe pour traquer les criminels de guerre complices du régime de Bachar, et il fait partie des sleepers pour 2024. Un scénario inspiré d’une histoire vraie qui cherche à renouer avec l’esprit paranoïaque des seventies et de Marathon Man en particulier, Memento à la distrib, auquel il faut adjoindre un passage par la Fondation Gan en 2022, qui fait déjà bouillir la lingerie de nos camarades de la Semaine!

Parthenope (titre provisoire) de Paolo Sorrentino
On sait peu de choses sur ce projet où figure Gary Oldman, mais quelque chose nous dit que le Paolo va renouer avec sa longue histoire cannoise cette année. Le film raconte l’histoire d’une donna libre des années 1950 à aujourd’hui, un projet en noir et blanc qui vous fera bifurquer entre Naples et Capri (attendez-vous donc à retrouver quelques plans tournés autour des marches de la Villa Malaparte, voire des citations explicites des fesses de Bardot avec du Delerue en musique de fond).

Les femmes au balcon de Noémie Merlant
La réalisatrice Noémie Merlant, annoncée comme la coqueluche du festival cette année, est aux commandes des Femmes au balcon, une comédie fantastique lorgnant vers l’horreur. Sur fond de canicule qui met un quartier de Marseille en ébullition, le film tourne autour de trois colocataires qui s’immiscent allègrement dans la vie de leurs voisins depuis leur balcon, jusqu’à ce qu’une fin de soirée arrosée se transforme en un bain de sang. Noémie Merlant a écrit le scénario en collaboration avec Céline Sciamma – souvent bien servie à Cannes – et sera aussi devant la caméra, puisqu’elle jouera aux côtés de Souheila Yacoub et Sanda Codreanu, qu’on avait vue dans le très anodin Mi iubita, mon amour. La presse US en parle depuis un moment, et nous aussi, on y croit.

Les Pistolets en plastique de Jean-Christophe Meurisse
Bac Films (distributeur chouchou de la compèt ces dernières années avec Glazer, Östlund, et Hausner) nous emballera cette comédie noire fortement influencée par l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès – dont vous avez peut-être entendu parler ? – et dont la couverture médiatique à hurler de rire devrait être dans le viseur du papa d’Apnée (Semaine de la Critique) et d’Oranges sanguines (Séance de minuit sanguinolente). Delphine Baril, Charlotte Laemmel, Laurent Stocker, Gaëtan Peau, Juana Acosta, Jonathan Cohen, Nora Hamzawi, Thomas VDB ou encore Vincent Dedienne ont déjà prévu leur plus belles tenues pour piquer une tête chez Albane.

C’est pas moi de Leos Carax
Ce remake muséal d’un tube de Bécaud/Michal étendu sur 40 minutes sera bien de la partie, ainsi qu’on vous le révélait dans ce récent article.

Planète B d’Aude-Léa Rapin
Distribué par Le Pacte (on nous murmure à l’oreillette qu’il leur arrive de placer parfois quelques films à Cannes), ce deuxième long-métrage a tout pour exciter les prophètes de la Croisette: un carré d’as porté par Adèle Exarchopoulos, Souheila Yacoub, India Hair et Jonathan Couzinié, un scénario qui nous plonge dans la France de 2039 où les écologistes sont en guerre contre un État policier, sans oublier la présence des Films du Bal et de Wrong Men à la production, ce qui laisse augurer une présence assurée… à la Quinzaine des cinéastes?

Limonov, The Ballad of Eddie de Kirill Serebrennikov
Un film sur la vie de l’écrivain dissident politique Edouard Limonov (joué ici par… Ben Whishaw!), d’après le roman d’Emmanuel Carrère, qui nous avait ouvert la Quinzaine 2021 avec son Ouistreham: tout est réuni pour que le cinéaste russe mette à nouveau les pieds à Cannes, reste à savoir si ce projet grand public – Pathé à la distrib et un budget de 16 millions qui semble inscrire le Kirill dans une nouvelle dimension possiblement casse-gueule – se taillera une place dans l’Officielle.

Spectateurs! de Arnaud Desplechin
Celui-ci revient dans toutes les listes de pronos parues cette semaine: on sait que Desplechin et Amalric ont un rond de serviette (probablement à vie) au Festival depuis que le règne de Frémaux a commencé, mais c’est surtout la présence au casting de Françoise Lebrun, Micha Lescot et Milo Machado-Graner qui fait frétiller notre boule de cristal…

Kinds of Kindness de Yórgos Lánthimos
Même en cas de daube à stature internationale, difficile de penser qu’un film de Yórgos programmé pour le 21 juin prochain échappe à l’écrin cannois, d’autant que Thierry Frémaux doit en avoir marre de voir l’auteur grec braquer chaque année le Lido alors que le bonhomme a éclos à Cannes il y a de ça une quinzaine d’années… Un film à sketches bien satirique avec Emma Stone, Willem Dafoe et Hunter Schafer se partageant plusieurs rôles au fil de différents segments narratifs: sera-ce plus digeste que l’infernal Daaaaaalí!? On ne peut jurer de rien.

Miséricorde de Alain Guiraudie
Celui-ci a quatre orteils et demi dans l’Officielle, que ce soit au Certain Regard ou plus haut encore: désireux de revenir à un film noir ambiance L’inconnu du Lac, le plus génial des cinéastes en savates a bouclé sa post-prod à temps pour pouvoir le présenter au comité (on y retrouvera Catherine Frot, notre ami Félix Kysyl, et un Jean-Baptiste Durand qui aura à cœur de se montrer sur la Croisette après la non-sélection de Chien de la casse). Ajoutons le nom de Claire Mathon à la photo: autant vous dire que sauf frappe chirurgicale sur le Majestic, le film en sera.

Une part manquante de Guillaume Senez
Alors que son précédent long-métrage, Nos batailles, nous avait décoché deux-trois larmes à La Semaine en 2018, Guillaume Senez viendra présenter son nouveau film (tokyoïte) avec Romain Duris et Judith Chemla: avec un tournage empaqueté en décembre dernier, on a toutes les bonnes raisons de miser sur ce cheval, qu’on voit même rejoindre la Sélection officielle et se poser comme l’un des films de l’année…

Dark Slides de Lynne Ramsay
On était tous un peu partagés sur A Beautiful Day (2017), film Pitchfork comme écrivait en son temps Technikart, on est assez intrigués par ce prochain joujou horrifique, qui devrait être prêt pour le petit festival des Alpes-Maritimes se tenant chaque année au mois de mai. Lynne Ramsay retrouve Joaquin Phoenix, ici dans la peau d’un photographe qui rencontre le diable en Alaska en 1890, et donnera pour la quatrième fois la réplique à sa douce moitié Rooney Mara, après leurs collaborations sur Her de Spike Jonze (2013), Marie Madeleine de Garth Davis (2018), et Don’t Worry He Won’t Get Far on Foot de Gus Van Sant (2018). Quant à savoir si le film est la suite du moyen-métrage de Julia Kowalski montré à la Quinzaine l’an passé, nous n’avons pas réussi à avoir l’info…

Les Reines du drame de Alexis Langlois
« 2055. Steevyshady, un Youtubeur de 65 ans, poste une vidéo sur Mimi4Ver, sa chaîne dédiée à Mimi Madamour, une chanteuse pour ados des 00’s, pour fêter les 50 ans de Pas touche !, son plus grand tube »… Asia Argento, Alma Jodorowsky et Bilal Hassani pourraient bien nous offrir l’une des séances chaos de ce Cannes 2024, alors qu’Alexis Langlois n’a encore jamais montré ses fesses sur la Croisette et que Les Films du Poisson (Nos Cérémonies, Little Girl Blue) sont à fond derrière… Un film « comme un big bisou bien baveux entre Priscilla et Lorie. Vitaa et Leslie. Ophélie Winter et Diam’s. Rebeka Warrior et Yelle », peut-on lire sur Insta, même si ce dernier ne devrait pas avoir grand-chose à voir avec l’œuvre du chanteur précurseur de la chemise manche courte à motifs colorés.

Monsieur Aznavour de Grand Corps Malade et Mehdi Idir
On ne sait pas du tout où en est ce biopic Pathé de luxe à 26 millions de budget, on sait juste que la perspective de voir Tahar Rahim incarner le grand Charles rend déjà fou de joie notre community-manager (Tahar avait déjà régalé il y a deux ans lors d’un Daily chaos spécial Cannes où ses vocalises sur Don Juan de Serge Bozon firent de mémorables étincelles). Bastien Bouillon et Marie-Julie Baup seront également de la partie pour un film dont le tournage a commencé en mai dernier, ce qui laisse augurer d’une possible projection en Hors-Compétition ou Séance Spéciale.

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