« Mon ami robot » de Pablo Berger: un film d’animation euphorisant par un réalisateur surprenant

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Pablo Berger est un cinéaste rare (4 films en 20 ans), mais dans ses meilleurs jours, il pratique un cinéma universel, hybride et singulier, comme l’exemplaire Blancanieves (2012) qui lui avait valu une reconnaissance internationale pour son adaptation de Blanche neige sans paroles et en noir et blanc. Avec Mon ami robot, il refait le même genre de pari risqué, mais réussi, en s’essayant à l’animation sans paroles.

L’histoire est adaptée du roman graphique de Sara Varon, qui raconte l’amitié entre un chien et un robot dans une ville de New York peuplée d’animaux, ce qui justifie l’absence de dialogues. Le début nous fait faire connaissance avec Dog, qui vit dans un appartement où il ne maque de rien, sinon de compagnie. Par correspondance, il commande et se fait livrer un robot en kit. Ensemble, ils partent se promener en ville, avant d’atterrir à Central park où ils se laissent gagner par l’euphorie contagieuse des badauds qui dansent sur l’air de September d’Earth wind and fire. La musique scelle l’attachement entre le chien et le robot, qui ne se quittent plus, jusqu’au moment où, à l’occasion d’une excursion à Coney Island, le robot reste bloqué sur la plage après avoir été nager. Incapable de le remporter, Dog rentre à New York en se jurant de revenir le lendemain avec des outils, mais il trouve la plage fermée jusqu’à l’été suivant. La suite étudiera sur deux lignes narratives parallèles les vies intérieures des deux êtres, donnant lieu à une méditation sur la fragilité des rapports affectifs.

Berger réussit un récit fluide et universel sans jamais tomber dans la niaiserie. Il nous habitue avec une facilité déconcertante à l’absence de dialogues, laquelle est compensée par une combinaison de gestes et de regards et une utilisation assez habile de la musique. Visuellement, Berger a choisi une ligne claire et lisible, sans renoncer à une forme de réalisme. Il a représenté un certain nombre de lieux emblématiques de New York, qui témoignent de sa connaissance et de sa fascination pour la ville. En situant l’action aux alentours des années 1980, il fait un peu acte de nostalgie (il y a étudié le cinéma pendant une décennie), mais pas seulement. À plusieurs reprises, on reconnaît lesTwin towers qui, intentionnellement ou non, résonnent avec le thème principal du film, à savoir que rien n’est éternel, et qu’il faut savourer le temps présent. G.D.

27 décembre 2023 en salle / 1h 42min / Animation, Comédie
De Pablo Berger
Scn Pablo Berger
Titre original Robot Dreams

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