Ari Aster revient sur la réception de « Beau is Afraid » et sa fin-miroir « prophétique »

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Ari Aster est revenu dans un entretien sur la sortie de son troisième film Beau Is Afraid pour faire le bilan de ce long métrage, attendu comme le messie par les fans de Hérédité et de Midsommar, mais n’ayant paradoxalement pas rameuté les cinéphiles en salles ni suscité une vraie empoignade cinéphile. Et déplore que le résultat soit plus passé sous le radar plus que réellement controversé (ce qu’il souhaitait).

C’est à la faveur d’une longue interview pour Vanity Fair que le réalisateur de Midsommar a fait le bilan de Beau is Afraid, à tête reposée. Selon lui, le film estampillé A24 a en réalité trouvé un public « indifférent » et non des cinéphiles qui s’engagent pleinement dans ce film « controversé » mettant en scène Joaquin Phoenix dans le rôle d’un homme nerveux qui s’embarque dans un voyage de découverte traumatique de lui-même. Comme s’il déplorait une léthargie chez les cinéphiles actuels. « Le film se termine sur une salle de cinéma qui se vide progressivement après le générique, avec un public très indifférent. Je n’étais pas tout à fait prêt à comprendre à quel point cette fin allait être prophétique », déclare Aster à nos confrères. « Rétrospectivement, je m’en suis rendu compte. Je savais où cela allait nous mener. C’est vrai. Et c’est en partie ce qui compte. »

« Ce qui m’enthousiasme dans Beau« , poursuit-il, « c’est qu’il y a certaines choses que j’ai enfouies dans ce film et dont on n’a pas encore parlé, et j’ai été un peu déçu par la façon dont les gens ont peut-être abordé le film lors de sa première sortie, parce qu’il était très axé sur le verdict, du genre « Eh bien, tout ne marche pas ». C’est comme si on se demandait ce qui ne fonctionnait pas. Le film est une expérience à bien des égards. Même ce qu’il trouve dans le grenier est une provocation très spécifique. Je fais délibérément exploser tout le film. Les gens en ont parlé comme d’une déception alors qu’il est clair que – oui, c’est ça la blague! » Aster évoque même une série de « easter eggs » en arrière-plan du film qui « racontent une tout autre histoire que personne ne m’a encore racontée », preuve que le film n’a pas trouvé d’écho auprès du public. « C’est frustrant parce qu’on prend le temps de les mettre là et qu’on se demande qui va les attraper », a déclaré Aster. « Quand on fait un film comme celui-ci, on a l’impression, d’une certaine manière, de se mettre à l’écart. Je me suis senti très protégé par ce film, surtout lorsqu’il est sorti. Je l’ai déjà dit, mais c’est absolument mon film préféré et je pense que c’est le plus loin que j’ai pu aller ».

Beau is Afraid a été tourné avec un budget de 35 millions de dollars et a rapporté 10 millions de dollars au box-office national: « J’ai toujours su que le film serait polarisant et il est conçu pour diviser », a déclaré le cinéaste. « Le film change beaucoup de forme, et il a quelque chose d’hostile à la structure narrative traditionnelle. Il a toujours été important pour moi que le film parle d’un personnage qui ne change pas et il est conçu pour aliéner certaines personnes. La longueur du film en fait partie. C’est quelque chose pour lequel j’ai dû me battre, et à la décharge d’A24 qui avait beaucoup investi dans le film, ils m’ont vraiment permis de faire le film que je voulais faire ».

Ari Aster reste « vraiment satisfait de la forme du film » et « fier » mais « déçu » de pas avoir divisé les spectateurs : « Il y a eu une époque où un film comme celui-ci aurait pu sortir et diviser le public, et qu’il aurait donné envie aux gens d’aller au cinéma pour savoir ce qu’ils ressentaient eux-mêmes, plutôt que de se dire: « Oh, les réactions sont très diverses, alors je ne vais pas me donner la peine ». Je savais que les gens allaient détester ce film ou, je l’espère, l’adorer, et j’espérais que l’attrait d’un débat serait plus grand, plutôt qu’une réaction qui pousserait finalement les gens à ne pas tenter leur chance. Le film sera donc toujours polarisé, mais j’espère que les gens continueront à le découvrir. »

Beau isn’t afraid anymore: Aster retrouve Joaquin Phoenix pour son quatrième film, un western.

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