Proposé sur la plateforme Shadowz, Swallowed de Carter Smith confirme que le réalisateur des Ruines ne fait décidément pas des films d’horreur comme les autres.
Les plus zinzins d’entre vous se souviennent probablement de The Ruins, mini-buzz horrifique de la fin des années 2000 où une plante vorace grignotait des touristes égarés avec une barbarie non dissimulée. Joli coup d’essai, mais aussi probable fausse piste pour découvrir l’univers de son réalisateur Carter Smith qui, au fil de courts-métrages mal aimables tels que Bugcrush ou Sucker, se plaisait à se perdre dans un micro-monde queer noir d’encre. Avec Swallowed, il remet le pied à l’étrier et signe un film qui ne ressemble à rien d’autre (ça tombe bien, c’est ce qu’on veut!). Trigger warning bip bip: ce petit dernier fait accessoirement partie des films dont il ne faut quasiment rien savoir, donc on ira mollo sur les détails…
Le temps d’une délicieuse intro à la Araki (= un joli garçon qui se déhanche sur la pop indé), on nous présente Benjamin, futur gay porn star en route pour L.A et son meilleur ami (hétéro) Dom, dont l’amitié teintée de trouble va prendre une drôle de tournure : pour célébrer le départ de son bro, le pote fort bien intentionné tente de boucler un deal moyennant quelques billets. Manque de bol, il ne faudra pas se contenter de passe le oinj, mais plutôt de faire la mule pour une méchante lesbienne (Jena Malone, who else?), avec une drogue qu’il faut traiter au petit soin au risque qu’elle se désagrège. Les estomacs blindés, les deux larrons ne savent pas ce qui les attend (et nous non plus!).
Que dire de Swallowed si on ne doit pas en parler? Le machin est boiteux, volontiers dérangeant, trifouille des endroits du corps humains très sensibles, joue accessoirement la carte du body horror et de la mauvaise représentation comme on l’aime (Mark Patton, la star déchue de Freddy’s Revenge y incarne un mafieux absolument cinglé). Chose curieuse, malgré les nombreuses scènes chocs : le film semble parfois frappé d’une timidité maL placée, pas tant dans la nudité (une bite en érection? Chava), mais plus dans le traitement des fluides, pourtant au cœur du récit. Un très curieux parti-pris donnant l’impression d’un film incertain dans ses mouvements, mais se posant malgré tout comme un des trop rares cas de «queer horror» assumée et désagréable de ces dernières années. Comme disait Régine: «ouvre la bouche et ferme les yeux». J.M.
Epouvante-horreur, ThrillerDe Carter Smith Avec Jena Malone, Cooper Koch, José Colón |

