« Beau is Afraid »: comment Ari Aster a pensé la séquence en animation avec Cristóbal León et Joaquín Cociña

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Parmi les surprises contenues dans Beau is Afraid, se trouve une séquence en animation composée avec les réalisateurs Cristóbal León et Joaquín Cociña. Le cinéaste Ari Aster en dit plus à nos confrères de Horreur Québec dans un entretien.

« Au début, ce n’était pas clair que la séquence serait animée. Je pensais que ce serait juste un décor de scène parce qu’il entre dans une pièce de théâtre, et puis j’ai réalisé que je voulais aller un peu plus loin en jouant avec la forme. Je souhaitais avoir des éléments animés qui interagissent avec ce que nous allions faire avec cette séquence. Nous avons donc commencé à regarder des maisons d’animation, et il y a quelque chose de plutôt impersonnel à propos de ce qu’ils faisaient, mais aussi la variété — ils ont tous des styles différents — et je n’arrivais tout simplement pas à m’enthousiasmer pour l’un d’eux, même si plusieurs étaient clairement peuplés d’artistes vraiment brillants. Mais ensuite, je me suis souvenu avoir vu ce film, La casa lobo (The Wolf House) de Cristóbal León et Joaquín Cociña. C’est un chef-d’œuvre. Je me souviens avoir été complètement époustouflé. Et je me suis dit que ce serait plus difficile d’attirer des gens comme eux pour le film, car ce sont des artistes qui font leur propre travail. Je préférerais travailler avec des gens comme eux, si je le peux, pour que ce ne soit pas seulement une mission, mais que ce soit une œuvre d’amour (…) La prise de vue est facile. C’est le processus qui vient après et celui qui précède qui a pris plus de temps. Mais j’ai eu de la chance qu’ils soient enthousiastes à l’idée de faire le film et à la fin, je les ai fait concevoir le look de ce qui est sur scène. C’est un environnement très artificiel et plat, surtout quand il [Beau] entre dans la pièce, donc ils l’ont peint — du moins les concepts ont été peints par eux — puis nous avons eu des membres de l’équipe à Montréal pour les reproduire sur scène. Ensuite, il s’agissait de jouer avec le look de cet univers: dans quelle direction devons-nous aller, à quel point devons-nous le rendre naïf? L’idée était de rendre une esthétique naïve, car vous entrez dans l’esprit de Beau, et Beau est un peu simple. Je suis venu avec des storyboards et une liste de plans, c’était donc dicté de cette façon, mais j’ai essayé de leur donner beaucoup de liberté créative. »

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