3 films du discret Carlo Lizzani à (re)découvrir en salles

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Carlo Lizzani? Vous connaissez ce nom, mais pouvez-vous citer quelques-uns de ses films, pour voir!? Les Films du Camélia remettent en lumière ce bonhomme-clé du 7ᵉ art italien, écrivain, essayiste, producteur, critique et historien du cinéma, initiateur du poliziottesco en 1968 avec son Bandits à Milan. Trois films du réalisateur communiste ressurgissent sur nos écrans: le connu La Chronique des pauvres amants (1954), et les plus rares produits seventies que sont Storia di vita e di malavita (1975), sur la prostitution et l’étrange San Babila, un crime inutile (1976). Attention toute particulière sera portée à ce dernier film, où cinq néo-fascistes à blousons noirs et cheveux longs terrorisent littéralement la ville de Milan (vous êtes à jour depuis la série de Bellocchio: vous n’êtes pas sans savoir que c’est ici même qu’ont démarré, en 1969, les terribles Années de plomb). Qu’ils viennent d’un milieu friqué ou bourgeois, les malfrats passent leur temps à traquer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un énergumène de gauche, le tout en payant explicitement tribut à Musso et Hitler et en improvisant des scènes de viol probablement aperçues quelques années plus tôt dans Orange Mécanique (1971). Comble du spectacle: ils le font avec la complicité (ou sinon l’assentiment docile) d’une police mollassonne, probablement bien heureuse de voir des factieux calmer les ardeurs bolchéviques du pays, au moment précis où le PCI est aux portes du pouvoir! Ni vraiment un thriller, ni vraiment un film d’exploitation, le film est un étrange brûlot effectué rapidement – mais consciencieusement – ayant quelques vérités bien sales à cracher à la tronche du pays. Le score de Morricone, qui n’arrive qu’au bout d’une heure de film, rappelle ses années Elio Petri… Rendez-vous au Christine 21 pour voir tout ça de plus près. G.R.

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