Au festival de Sitges, les artistes, les journalistes et les spectateurs peuvent tous se retrouver sur la terrasse de l’Hôtel Mélia. Grâce à cette accessibilité, la communication est ainsi aisée à la différence d’autres festivals où les attaché(e)s de presse souvent stressé(e)s respectent des plannings déjà trop planifiés et n’aiment pas les surprises de dernière minute. Ainsi, on est allé directement à la rencontre de Angela Bettis, assise à une table de nous, en train de boire un verre avec son copain (Kevin Ford, monteur de May et ami d’enfance de Lucky McKee, avec qui elle vit depuis six ans) et des amis (dont l’actrice Nectar Rose, présente dans Roman). Le rendez-vous est pris pour le lendemain à 13h. Nous déjeunons ensemble – au menu: un « bikini », l’équivalent espagnol du croque-monsieur, et un coca – et restons l’après-midi à parler de sa carrière, du téléfilm Carrie, de Lucky McKee, de Tobe Hooper, de ses rencontres, de ses projets, des gothiques, de son frère jumeau. Entre temps, beaucoup d’artistes se sont joints à la table dont Mena Suvari, venue présenter Stuck, le nouveau Stuart Gordon et d’autres potes de la «bande de May» comme elle aime à le répéter. Traversant actuellement une mauvaise passe (elle nous en parle dans l’interview), Lucky McKee n’est pas présent. A notre regret (il aurait été passionnant de confronter May à Roman le temps d’une discussion). L’interview a duré quatre heures; nous avons essayé de retranscrire le maximum.
Vous venez au festival de Sitges avec Roman que l’on pourrait décrire comme le pendant masculin de May. Mais la version que vous présentez est apparemment différente de celle disponible sur le zone 1. Pourquoi?
Il y a juste la fin qui est différente. En réalité, on l’a sorti aux Etats-Unis avant qu’il soit réellement fini donc le film visible sur le dvd peut être considéré comme inachevé. Sur cette nouvelle version, on a le dénouement qu’on a toujours voulu. Ce qui n’interfère en rien dans le fonctionnement de l’histoire.
Avez-vous choisi le titre du film pour faire une référence à Roman Polanski?
A vrai dire, le titre de la même façon que le scénario viennent de Lucky McKee. Je sais qu’il adore ce prénom. Il est fan de Roman Polanski. Répulsion a été l’une de ses influences pour May. Mais quand on parlait ensemble du prénom «Roman», il ne me parlait pas de Polanski mais plus du prénom. Il aimerait que son enfant s’appelle Roman, par exemple. Pour les filles, il aime les prénoms May, Eva…
Comment est né Roman?
J’ai rencontré Lucky au moment de passer des auditions pour May. Nous avons fait le film, nous nous sommes très bien entendus, nous sommes devenus amis et avons emménagé dans le même quartier. En réalité, toute l’équipe de May est restée une vraie bande puisque nous habitons tous à proximité les uns des autres. Lucky a écrit le scénario de Roman quand il avait 19 ans. Il a essayé de le réaliser à trois reprises mais ça n’a jamais fonctionné. Après May, il a été tenté de faire une nouvelle version et je devais incarner l’un des personnages féminins [NDR. le personnage d’Eva, finalement incarné par Nectar Rose]. Ça lui a pris du temps parce qu’il lui manquait sans doute une distance par rapport au sujet. On en a parlé la première fois ensemble au festival de Sitges, lorsqu’on est venu présenter May tous les deux. Un jour, je me pointe en l’engueulant: «Mais quand est-ce que tu fais ton film?». Il m’a répondu: «si t’es pas contente, t’as qu’à le faire» et j’ai rétorqué: «très bien, je le fais». C’est ce qui s’est passé. On a brisé cette malédiction, mais j’ai précisé que je voulais absolument qu’il joue le protagoniste. Il a accepté. Ce qui est amusant, c’est que dans la première version de Roman, réalisé par Lucky au lycée, Kevin Ford, son ami d’enfance, joue le personnage principal. La seconde fois, il manquait d’argent et n’en a tiré qu’un court métrage. Kevin a toujours cru que Roman était un psychopathe qui voulait tuer des filles. Lucky ne voyait pas ce personnage de cette façon. Pour lui, Roman était un personnage profondément romantique. On se rapprochait doucement de May. D’ailleurs, je considère May et Roman comme des frères jumeaux.
Ça ne vous a pas effrayé de passer directement à la mise en scène?
Non. Je n’avais rien réalisé, j’avais juste interprété des personnages. Je me suis servie de l’expérience que j’ai acquise pendant toutes les années où j’étais comédienne. Pour les conseils de mise en scène, j’étais entourée de personnes qui avaient un background. Ce n’est pas mon film mais le film d’une équipe. Je n’ai jamais été intéressée par la mise en scène même si comme tout le monde ça vous titille secrètement. Quand une opportunité se présente, il faut la saisir. J’ai considéré ça comme un challenge. Roman est avant tout un film expérimental où il n’y avait pas de budget et que j’ai fait entouré de gens en qui j’avais confiance. Par exemple, pour le montage, j’ai été épaulé par Rian Johnson, le réalisateur de Brick, qui avait déjà travaillé sur May. J’ai vraiment fait ça pour le fun et j’ai appris beaucoup de choses. Si bien qu’aujourd’hui je me sentirais prête à retenter l’expérience.
Comment avez-vous dirigé Lucky McKee?
Etant donné qu’il connaissait parfaitement le scénario, il n’avait pas besoin d’être dirigé. Il avait juste besoin que je lui rappelle la scène que nous tournions. D’ailleurs, il joue dans le premier film de Kevin [NDR. When is tomorrow dans lequel elle joue également] avec qui il a tourné de nombreuses vidéos. Il n’avait pas peur de se retrouver face à une caméra.
Comment avez-vous convaincu une actrice comme Kristen Bell de vous rejoindre dans un petit film indépendant?
La vérité, c’est que je connais Kristen depuis 2002. Nous avons travaillé à Broadway ensemble. A l’époque, elle n’était pas connue, elle débarquait de Detroit et s’est retrouvée un peu perdue à New York. Elle a ensuite enchaîné les comédies musicales au théâtre et s’est fait remarquer en partant à Los Angeles. Avant de partir, elle m’avait promis qu’on travaillerait ensemble. Elle a tenu sa promesse.
Comment se déroule Red dans lequel Lucky réalise et vous jouez?
Comment dire? Lucky vient d’être viré de Red. C’est une longue histoire. De toute façon, il ne travaillait pas réellement dessus. Lorsqu’il s’est barré du plateau de tournage, les producteurs voulaient achever le film à leur manière. Ils m’ont contacté pour que je vienne tourner des plans supplémentaires en tant que réalisatrice et j’ai refusé. Sans Lucky, il en était hors de question. De toute façon, c’est parti en vrille dès le départ. Il a travaillé sur ce projet pendant trois ans et n’a rien eu de ce qu’il voulait.
Il a déjà connu ce genre de problème sur The Woods, son précédent long métrage.
Oui, Lucky ne porte pas bien son prénom. Mais j’ai une telle foi en ce qu’il fait que, peu importe ce qui lui arrive, je le suivrai toujours. Il est fréquent qu’un artiste se fasse avoir par l’industrie cinématographique américaine. Je pense notamment à des réalisateurs qui viennent de l’étranger, qui pensent pouvoir réaliser le film qu’ils veulent et qui à quelques jours de la fin du tournage ne le possédent plus. La différence avec eux, c’est que Lucky a connu cette situation de nombreuses fois, à répétition. J’espère que la roue va tourner car je veux qu’il continue à faire des films.
En ce qui concerne May, comment expliquez-vous le bouche à oreille qu’il a connu?
Les thèmes soulevés dans le film concernent tout le monde. On a tous connu des moments de solitude intense. Beaucoup de marginaux se retrouvent dans ce personnage. Je sais que le film est devenu culte chez les gothiques comme les amateurs de films fantastiques qui, souvent, viennent me voir en disant: «c’est mon portrait». Mais je pense que la vraie réussite de May vient de la manière dont Lucky raconte son histoire. Je ne pense que l’on puisse réellement ranger ce film dans la catégorie «horreur». Pour ainsi dire, il est inclassable. Tel quel, je dirais un «slasher horrifique de comédie romantique». Une comédie romantique qui irait super mal. Dans un sens, on peut le prendre comme une comédie. L’histoire touche, le personnage de May touche aussi…
Vous comprenez les réactions des spectateurs qui rient lors des dernières scènes, là où d’autres sont bouleversés?
Je ne pense pas que les rires des spectateurs lors de ces scènes soient à cause du personnage, ou du moins contre lui. Les gens trouvent juste que la situation est absurde, notamment la scène où May place l’œil sur le cadavre. Ils sont tellement effrayés qu’ils préfèrent rire. Je me souviens que même moi au moment de tourner cette scène, je me suis surprise à rire car c’était très bizarre. Je ne pense pas que ces spectateurs-là n’aient pas pour autant été touchés par la détresse de May.
Vous vous sentez proche du cinéma fantastique?
J’ai fait du théâtre, du cinéma, de la télévision, de la danse. Ça fait quinze ans que j’enchaîne les rôles. J’ai fait un film d’horreur avec Tobe Hooper qui s’appelle Toolbox Murders, que j’aime beaucoup. On est venu présenter le film d’ailleurs au festival de Sitges ensemble. Pour moi, c’est un génie. On vient tous les deux du Texas et ce qui m’amuse, c’est qu’il a toujours l’accent texan. Dans ma ville, c’est une légende. De la même façon, j’admire ce que fait George Romero. Mais je ne compte pas enchaîner les films d’horreur toute ma vie. Il y a forcément un moment où on finit par se lasser. J’ai fait le film de Kevin Ford qui est une comédie, par exemple. Pour revenir sur May, c’était une expérience d’un autre type, qui allait au-delà du genre horrifique.
Et le remake de Carrie (qui était réalisé pour la télévision)?
A l’époque, je l’ai fait pour l’argent. Pour moi, Carrie n’a pas besoin de remake. C’est évident. Mais Stephen King est un très bon écrivain et le personnage restait passionnant. Je reste heureuse d’avoir pu le jouer. J’ai essayé de faire du mieux que j’ai pu, sans chercher à imiter la version originale. J’ai essayé de me concentrer sur le livre plus que sur le film. J’ai essayé donc. J’ai aimé bosser avec le réalisateur David Carson même si dans ce genre de production, vous êtes plus considéré comme un objet que comme un être humain. Ils considèrent qu’ils vous payent suffisamment bien pour que vous soyez à leurs ordres. Mais sur le tournage, j’ai rencontré plein de gens sympas. Dans l’un comme l’autre, ça reste une bonne expérience. J’ai fait trois films juste pour l’argent. Et à chaque fois, je me suis rendue compte que je n’étais pas faite pour être achetée.
Comment avez-vous travaillé la musique qui est très présente dans Roman?
Tout revient à Jaye Barnes Luckett qui avait déjà travaillé la musique sur May. Elle appartient à la bande de May. Elle était aussi au lycée avec Lucky et elle a joué le rôle principal dans la première version de May qu’il a réalisée au collège. Cette première version était très différente du film. Cette May-là se rapproche plus de Roman puisque dans la première version, elle reste cloîtrée chez elle. De toute façon, on pourrait s’amuser au jeu des sept erreurs entre May et Roman. Du genre, May a un budget, Roman n’en a pas (rires). Il fallait bien entendu que Jaye fasse de nouveau partie de l’aventure.
C’est le genre de musique que vous écoutez?
Oui. Quand je fais un road trip, j’ai toujours un cd de Jaye pas loin de l’appareil. On ne connaît qu’une partie de son travail sur May et Roman mais c’est quelqu’un de boulimique, qui travaille beaucoup. Elle a composé la musique de Roman en un week-end et ne sait pas s’arrêter. Elle a travaillé sur Sick Girl également, le segment des Masters of Horror.
On retrouve là aussi beaucoup d’acteurs de May et de The Woods.
C’est à partir de ce segment que ma relation avec Lucky est devenue totalement fusionnelle. On n’a plus besoin de se dire les choses, on se comprend naturellement. Et ensemble nous pouvions prendre plus de risques. Il m’a demandé par exemple de modifier ma voix pour le personnage parce qu’il connaissait l’intonation dont j’étais capable. La vérité, c’est qu’entre May et Sick Girl, il a su cerner au plus juste ma personnalité et s’en servir. J’ai d’ailleurs fait la voix sur The Woods. Mais je me demande si en France le film n’était pas doublé?
En France, il a malheureusement été expédié en dvd et n’a pas connu une sortie en salles.
Aux Etats-Unis, ce n’est pas mieux. On pouvait le voir sur une copie. Ça s’apparente à une sortie technique. J’aime plutôt bien le film même si on sent clairement qu’il a été remonté. L’expérience a été rude pour Lucky sur ce film. Plus encore que sur les autres parce qu’il tenait terriblement à ce projet. Peu de gens l’ont vu en raison de cette sortie discrète. Beaucoup se sont dit que, si ce film sortait de manière aussi confidentielle, c’est qu’il craignait. Au départ, Lucky avait pourtant les coudées franches d’autant qu’il était soutenu par United Artists qui adoraient May et qui étaient prêts à tout pour faire du bon boulot. En plein milieu du tournage, une grosse boîte, je crois qu’il s’agit de Sony, est venue prêter main forte. En visionnant le résultat, ils ont détesté parce que c’était, selon leurs termes, «trop bizarre» et donc difficile pour le marketing. Ils ont demandé à ce que Lucky modifie des scènes et ne se sont pas privés pour couper au montage. Apparemment, cela arrive souvent aux musiciens dont ils s’occupent en les virant s’ils n’acceptent pas de se plier à un tel genre. Tout ça, c’est une question d’argent et de profit. Or il ne faut pas des millions de dollars pour faire un bon film. C’est totalement faux. On me demande souvent pourquoi je n’essaye de faire une carrière à Hollywood. Je réponds souvent que je crois en l’art et que je ne crois pas au commerce.
Est-ce exact que la fin de The Woods n’est pas celle qu’on aurait dû voir?
Oui. Il existe même trois fins pour The Woods. Elles sont toutes de Lucky. Le studio a décidé de prendre celle qui convenait le mieux lors de test-screenings brutaux. En ce qui me concerne, je ne pense pas que ça soit la meilleure. The Woods est un film pour les adolescentes. Pas nécessairement pour ceux qui vont aux test-screenings. C’est d’ailleurs pour cette raison que je le pense bon aux commandes de films où les personnages principaux sont des femmes. Il aime croquer des personnages féminins. Il excelle à retranscrire leur psychologie. A l’origine, le scénario de Sick Girl n’est pas de lui non plus mais il a apporté des modifications psychologiques aux personnages. D’ailleurs, mon personnage était masculin dans la première version. Il a transformé le caractère en femme lesbienne mais pendant le tournage, il me demandait de le jouer comme un homme qui s’exprime dans un jargon des années 50. Donc dans Sick Girl, je suis un homme. Dans le scénario, les personnages n’étaient pas clairement définis. Ce sont des individus qui évoluaient dans des situations bizarres. En tous cas, ces expériences malheureuses avec les studios ont détruit Lucky. Aujourd’hui, il a un peu arrêté de penser au cinéma et écrit des romans. Parce qu’il peut écrire ce qu’il veut. En ce moment, il a besoin de prendre une pause. Je suis sûre qu’il reviendra en pleine forme et réalisera le film de ses rêves. J’en suis sûre! Personnellement, je suis convaincue qu’il s’épanouira plus sur un projet indépendant à la May qu’un film fliqué comme The Woods. Il a un don pour raconter des histoires peu ordinaires. Ce n’est pas fréquent.
Pour revenir à Roman, dans les suppléments du dvd, il y a une étrange interview…
(elle explose de rire) Oui. Comment dire ça sans être désagréable? Quand vous faîtes un film, vous ne vous occupez pas nécessairement du dvd et donc vous avez des obligations. Les distributeurs imposent qu’il y ait des bonus précis sur le dvd. Et sur celui-ci, il devait y avoir des interviews, des commentaires audio etc. Et ils ne vous demandent pas si cela vous branche ou pas : vous le faîtes. Je préfère généralement que l’art parle pour lui-même. Dans le sens où le film se suffit à lui-même. Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce que j’ai créé. Quand je regarde les bonus disponibles sur les dvds, je trouve ça ennuyeux de regarder des artistes parler d’eux-mêmes. Je sais que les spectateurs aiment savoir comment se déroule un film etc. Un commentaire-audio était la dernière chose que je voulais faire. Donc j’ai opté pour une alternative en créant une interview bidon avec l’équipe. On avait envie de réaliser un entretien ouvertement ridicule. On a alors pris de la drogue, bu quelques verres de whisky et ça donne cette drôle de chose totalement absurde. La règle consistait à répondre aux questions de manière inattendue et débile. J’ai d’ailleurs souvent du mal avec les questions que l’on me pose en interview (elle rit).
Dans Roman, il y a une scène coupée avec James Duval qui est assez drôle. Duval a également un rôle assez mémorable dans May et il revient de manière récurrente dans votre bande car vous le remerciez souvent. Comment l’icône de Gregg Araki a intégré l’équipe?
Ah, Jimmy! Je l’ai rencontré il y a dix ans… Non, plus que ça. Lors du casting de Doom Generation. James était déjà pris pour jouer le personnage. Après un premier essai, Gregg Araki a insisté pour que lui et moi nous jouions une scène ensemble. C’était une scène assez intime. Sur le moment, c’était vraiment fun parce que Jimmy est quelqu’un de très cool, d’énergique. Une sorte de pile électrique. Il n’est absolument pas arrogant et a essayé de me mettre à l’aise. Ça a très bien fonctionné et Gregg m’a pris pour le rôle qui finalement est interprété par Rose McGowan. Seulement, le tournage se déroulait à un moment où beaucoup d’événements se sont enchaînés dans ma vie et je ne pouvais pas l’assurer. Au dernier moment. Rose a finalement été choisie et ce qu’elle fait dans le film est hallucinant. Johnathon Schaech était très pote avec moi à l’époque et il a fait partie de l’aventure Doom Generation. Nous sommes restés en contact après le casting. Puis, sans le savoir, des années plus tard, je me suis retrouvée avec James lors des essais pour May. Nous avons partagé le même agent. Je suis heureuse qu’il ait participé à l’expérience de Roman mais désolée aussi qu’il ne figure pas au montage final. Son personnage devait donner de l’ambiguïté au personnage d’Eva qui dans la version finale paraît plutôt jovial. Mais le passage était si brillant qu’il finissait par plomber. Je voulais le laisser dans les suppléments comme pour faire de son apparition, un petit court métrage. C’est un spectacle à lui seul. Je l’adore.
Que ce soit Lucky McKee avec May ou Richard Kelly avec Donnie Darko dans lequel James Duval joue également sous un masque de lapin, il y a une vraie relation avec les films de Gregg Araki dans la peinture de l’adolescence, ou de la post-adolescence. Vous êtes restée en contact avec lui depuis Doom Generation?
Non. Tout simplement parce qu’il était très en colère contre moi. Pour lui, j’avais refusé l’aventure. Je ne pouvais malheureusement pas. Et encore une fois, je pense que Rose a fait du bon boulot et qu’elle était faite pour le rôle. Depuis, il m’en veut toujours! Et cette histoire remonte à douze ans. C’est dommage car j’adore son cinéma. Peut-être que si un jour on se croise, on se prendra dans les bras comme des vieux en se disant que les querelles, c’était il y a longtemps. Je pense qu’il a pris mon refus pour quelque chose de personnel et ça n’a jamais été le cas.
