Elle ne brûle pas les planches, elle les enflamme. Au cinéma, c’est la rétine du spectateur qu’elle crame sans vergognes, d’un geste ferme et radical. Au théâtre comme au cinéma, Gisèle Vienne a le feu sacré, et un certain don pour monter des freakshows dont il est impossible de détourner les yeux. En atteste son passage-éclair dans les salles obscures cette année avec Jerk, fausse captation de sa pièce créée en 2008 avec Dennis Cooper. À l’intérieur de ce plan-séquence d’une heure, la marionnettiste assermentée passe la main à Jonathan Capdevielle qui s’échauffe et s’exulte, affublé de pantins ensanglantés. Une sombre histoire d’ados fiévreux, qui basculent dans le crime. En parallèle de Jerk, Gisèle Vienne monte un nouveau spectacle: L’Étang, où un jeune garçon incarné par Adèle Haenel feint le suicide pour raviver l’amour maternel. Dans l’univers artistique de la franco-autrichienne, l’enfance flambe sans se dérober au regard, elle est meurtrie et elle a les mains sales. L.C.
