« Halloween ends » de David Gordon Green: fin d’une trilogie gonflée de prétention

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1988

L’année dernière, ce margoulin de David Gordon Green, réalisateur qui avait si bien commencé (L’autre rive) et qui s’est depuis totalement perdu, s’était bien payé notre tronche avec son Halloween Kills, lançant une quantité de problématiques intéressantes en l’air pour mieux les shooter au fusil de chasse. Poussés par une forme de curiosité morbide (et par une profonde envie d’en finir avec ce putain de boogeyman), nous voilà face à Halloween Ends, censé en toute logique enterrer la franchise avant qu’un autre parvenu se décide un jour ou l’autre d’imaginer un improbable reboot. Et surprise, l’utilisation de la typo du Halloween 3 (le seul et unique opus de la saga sans Michael Myers) dans le générique de début semble mettre la puce à l’oreille: l’introduction, très réussie, ne fait d’ailleurs même pas intervenir The Shape, sous entendant par la suite que le boogeyman disparu a laissé un sillage de mort dans la ville d’Haddonfield, se laissant grignoter par la haine et le désespoir. On aime bien.

Puis l’idée de voir Laurie Strode/Jamie Lee Curtis préparer une pumpkin pie alors que son ennemi juré a massacré la moitié de la ville ainsi que sa descendance fait remonter une affreuse bile: David Gordon Green rêve intensément de changer son slasher couleur citrouille en thriller psychologique (TRAUMA dirait Jamie Lee), mais il ne sait – surprise – toujours pas écrire. Ce qui explique probablement les interactions parfois insensées entre les personnages, à tel point qu’on se demande si Green Green est déjà sorti de chez lui. La plus-value de cette sequel à combustion lente, c’est la quasi-absence de Myers et l’idée d’exploiter le thème de la passation du mal: un pauvre hère jamais remis d’un atroce accident (dont on vous laisse la surprise puisqu’il s’agit de la meilleure scène du film) rencontre Myers et se laisse dévorer par son aura, jusqu’à en devenir son disciple. On croit rêver mais non: David Gordon Green va jusqu’à citer explicitement Christine, massacre dans un casse de voitures inclus… Pourquoi pas au fond…

Seulement, il faut se farder 1h50 parfois très bêtes (la touche DGG quoi d’autre?), débouchant sur un combat de mastodontes tant attendu (spoiler: c’est bof). Et voilà, on est enfin arrivé: un suppo et au lit. Rétrospectivement, se dire que le plus modeste Halloween 20 ans après (Steve Miner, 1998) avait fait bien mieux en un seul film que cette trilogie gonflée de prétention, validée par un John Carpenter définitivement en mode Claire Denis (Halloween? S’en fout. Ari Aster? S’en fout à mort) et écrite avec des moufles donne très envie de réclamer nos heures perdues à l’accusé. Qui va s’attaquer maintenant à L’exorciste: bon dieu de bon dieu… J.M.

12 octobre 2022 en salle / 1h 51min / Epouvante-horreur
De David Gordon Green
Par Chris Bernier, John Carpenter
Avec Jamie Lee Curtis, Andi Matichak, Rohan Campbell

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