Carlos Vermut flatte l’inconfort avec « Manticora »

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Présenté au Festival de Sitges, le nouveau long métrage de Carlos Vermut (La nina de Fuego), déroute autant qu’il provoque. 

Manticora suit un concepteur de jeux vidéo à succès (Nacho Sánchez), dont la vie est assombrie par un secret. Quand une femme (Clara Hails) fait irruption dans sa vie, l’homme va avoir l’impression que le bonheur est peut-être à sa portée pour oublier ses démons intérieurs. Après deux films (Quién te cantará et La Nina de Fuego) fréquentant ouvertement le genre et jonglant avec les codes, Carlos Vermut ne cède à aucune facilité dans Manticora, dont le titre fait référence à une créature mythologique d’origine Persane, au corps de lion, au visage d’homme et à la queue de Scorpion. Un jeu de pistes? C’est ce que l’on pense, au début.

Le récit, en réalité moins ludique que clinique (en dépit du sujet qui s’y prête), sonde les démons intérieurs, emprunte des sentiers curieux, inattendu et équivoque jusqu’à sa conclusion. Vermut y fait le constat de la banalité du mal tout en révélant un mécanisme de l’aveuglement contemporain. Rien n’est séduisant ni fait pour caresser le spectateur dans le sens du poil et, pour dire la chose de manière moins allusive, il repose pour beaucoup sur le secret cadenassé du protagoniste: « Dans l’histoire du cinéma, il y a toujours eu des films sur des personnages critiquables ou monstrueux », dit-il en interview. « C’est intéressant pour l’auteur du film qui peut construire une histoire intéressante. Au départ, je n’arrivais pas à déterminer de quel point de vue je devais partir pour évoquer ce sujet et quand j’ai trouvé la perspective qui convenait, l’histoire est sortie toute seule. » En attendant de voir ce Manticora dans les salles françaises (vite, une date), la bande-annonce se garde bien de trop dévoiler le monstre tapi et laisse planer le mystère.

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