10 films de Jean-Pierre Mocky en coffret DVD: « Agent trouble », « La Cité de l’indicible peur », « Y a-t-il un français dans la salle », « Litan » inclus

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10 films de Jean-Pierre Mocky sont à (re)découvrir dans un coffret DVD. Parmi eux, quelques-uns de ses meilleurs, à savoir son film policier absurde Agent Trouble, son film choral adapté de Dard Y a-t-il un Français dans la salle?, son film fantastique Litan et son chef-d’œuvre La cité de l’indicible peur. Disponible chez ESC distributions et indispensable pour (re)découvrir ce cinéaste français si souvent résumé aux coups de gueule télévisuels et qui savait pourtant bien faire des films très étranges avec plein de stars françaises dedans.

À mort l’arbitre (1984)
L’arbitre siffle un penalty faisant perdre l’équipe locale. Consternation des supporters du cru. De chantages en traque effrénée, l’embrasement collectif, aveugle et meurtrier déferle sur la ville. Un film qui s’en prend à la bêtise de certains supporteurs et à la violence dans le sport avec Michel Serrault, Carole Laure et Eddy Mitchell.

Agent trouble (1987)
Un beau matin d’hiver, un autocar transportant des vacanciers tombe dans un lac des Pyrénées. Bilan: cinquante morts. Et il ne s’agit pas d’un banal accident de la route. Catherine Deneuve à contre-emploi (perruque atroce, lunettes vieillissantes) dans une enquête policière au rythme triste, à la fois angoissante et bouffonne, à la résolution insolite. On en parle ici.

Les Dragueurs (1959)
De jeunes mecs en mal d’amour déambulent dans les rues, seuls ou par petites bandes, en quête d’hypothétiques aventures. Ils draguent du soir à la nuit, par plaisir, par habitude ou par peur de la solitude et de l’ennui. Jacques Charrier, séducteur à fossettes, mène le jeu, entraînant avec lui un Charles Aznavour timide et malchanceux. Après avoir travaillé comme stagiaire auprès de Luchino Visconti pour Senso (1954) et de Federico Fellini pour La strada (1954), Mocky écrit un premier film, La Tête contre les murs (1959) et projette de le réaliser lui-même, mais le producteur préfère confier cette tâche à Georges Franju. C’est l’année suivante qu’il réalise, à 28 ans, ce coup d’essai, imprégné de l’esprit de la Nouvelle Vague.

La Cité de l’indicible peur (La grande frousse) (1964)
Un candide inspecteur, à la poursuite d’un dangereux faussaire, est conduit par son enquête dans une sinistre ville d’Auvergne où tout n’est que mensonge, hypocrisie et dissimulation. Les habitants, terrorisés par une bête mystérieuse, ont tous un comportement étrange alors que les meurtres se multiplient… Sur les conseils de Raymond Queneau, Mocky adapte La Cité de l’indicible peur de Jean Ray et réalisé un grand moment de cinéma chaos. Tremblez, c’est à hurler (de rire).

La Bourse et la vie (1966)
Un entrepreneur toulousain doit remettre à un notaire parisien dix millions de francs, mais l’expédition va s’avérer pleine de rebondissements… Mocky dirige le grand Fernandel et jouit des dialogues de Marcel Aymé. Pas rien.

Solo (1970)
Un violoniste (mais aussi trafiquant de bijoux) découvre, à l’occasion d’un raid meurtrier mené par un groupuscule d’extrême-gauche, que son jeune frère en est le chef. Afin de l’aider à échapper à la police, Vincent se lance à la recherche de son cadet et s’immisce malgré lui dans l’engrenage tragique des attentats perpétrés par les révolutionnaires… Premier film sur les désillusions post-soixante-huitardes. Mocky en avance? Oui.

L’Ibis rouge (1975)
Un homme ne se doute pas que l’homme qui lui fait face dans l’ascenseur n’est autre que l’étrangleur qui défraie la chronique. Mais notre héros ne s’attarde pas, il abandonne ce personnage et se met en quête des trois millions qu’il a perdus au jeu et qu’il doit rembourser au plus tôt. Dès lors, une succession de quiproquos et de méprises vient bouleverser l’ordre naturel des événements. En gros, tous les personnages ont un grain de folie qui les pousse à des actes extravagants. Chacun nourrit une idée fixe et veut diriger le hasard à son profit. Mais, en quarante-huit heures, dans l’univers nocturne du canal Saint-Martin, tous sont obligés de se rencontrer et leurs idées fixes se télescopent. De la pure comédie sarcastique, genre défendu par Mocky depuis des années, avec un casting ad hoc: Michel Simon, Michel Serrault, Michel Galabru…

Le Témoin (1978)
Alberto Sordi tient le rôle d’un restaurateur de tableaux accusé du meurtre d’une fillette, en fait assassinée par un notable incarné par Philippe Noiret. Il est condamné à mort et exécuté. Il y a des Monstres dans cette comédie italienne en France. La morale, c’est que chacun porte un assassin en soi et que le couperet de la guillotine tombe parfois sur le cou d’un innocent. Pas banal.

Y a-t-il un Français dans la salle? (1982)
Une adaptation en 1982 d’un roman de Frédéric Dard, qui s’avère un jeu de massacre au cours duquel un politicien retrouve le chemin de la grâce en tombant amoureux d’une adolescente. «Ce qui lie mon œuvre à celle de Frédéric Dard, c’est la haine de l’hypocrisie, le besoin de franchise, même au prix du mauvais goût puisque le mauvais goût, pour beaucoup, c’est dire la vérité.», avait-il déclaré. Un film choral vertigineux, au casting incroyable (Lanoux, Maillan, Stévenin, Dufilho…), dont on retient quelques phrases cultes comme «Regarde-les tous ces cons de première classe, je les enfouis dans la gangue incassable de mon profond mépris dont je suis le président d’honneur.» On adore et on en parle ici.

Litan – La cité des spectres verts (1982)
Un couple en deuil (Mocky himself et Marie-José Nat) perdu dans un village de montagne peuplé d’habitants inquiétants. Variation française de Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg, un pur film fantastique halluciné, au climat angoissant et bouffon. Une rareté soutenue par Dionnet en son temps sur Canal+ à laquelle on tresse des lauriers ici.

DEMANDEZ LES BONUS

À mort l’arbitre
Entretien avec Olivia Mocky
Entretien avec Eric Leroy

Agent trouble
Présentation du film par Olivia Mocky
Entretien avec Eric Leroy

Les Dragueurs
«Draguer mode d’emploi» : entretien avec Jean-Pierre Mocky (2018)
Entretien avec Eric Le Roy

La Cité de l’indicible peur (La grande frousse)
Entretien avec Jean-Pierre Mocky (2019)

La Bourse et la vie
Entretien avec Vincent Fernandel, petit-fils de Fernandel

Solo
« Quand « Solo » sonne mai 68 » : entretien avec Jean-Pierre Mocky (12’)
Entretien avec Eric Le Roy

L’Ibis rouge
Entretien avec Jean-Pierre Mocky

Le Témoin
Entretien avec Jean-Pierre Mocky (2019)
Entretien avec Eric Le Roy

Y a-t-il un Français dans la salle ?
Entretien avec Jean-Pierre Mocky (2019)

Litan – La cité des spectres verts
Entretien avec Gérard Lenne et Jean-Claude Romer
Making of d’époque (INA, 26’)

 

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