Jean-Luc Herbulot nous avait déjà bien scotchés avec Dealer (2014), basé sur une poignée d’éléments qu’on jurerait piochés dans le passé tumultueux de son acteur principal Dan Bronchinson. Avec Saloum, il ne déçoit pas et élabore une sorte de western africain, où les grandes plaines de l’Ouest sauvage sont remplacées par la région sénégalaise du Sine-Saloum. Il y expédie Les Hyènes – un trio de mercenaires qui monnaient leurs services aux plus offrants – et leur «marchandise encombrante» (un Latino qu’un cartel aimerait ramener à lui).
Forcés de battre en retraite dans un camp de vacances isolé en pleine savane, ils doivent côtoyer des individus qui pourraient faire tomber leur couverture (Les Hyènes cachent leur réelle identité), contrarier leurs plans ou être liés à l’enfance douloureuse d’un des protagonistes. C’est là qu’Herbulot démontre toute sa maîtrise technique, ainsi que sa gestion de l’espace, du rythme et de la tension. Il alterne les moments d’accalmie et les séquences plus musclées, pour aboutir à un dernier acte ouvertement fantastique, articulé autour d’un «bestiaire» qu’on imagine inspiré du folklore africain [ne me demandez pas de quelle contrée ou région, même si la logique voudrait que ces croyances viennent du Sénégal – NDR]. Cette irruption du surnaturel en laissera sur le bord de la route. C’est fâcheux pour Herbulot et Pamela Diop (auteure de l’histoire originale), qui auront osé mélanger les genres (western, thriller et fantastique). A.D.
| 1h 24min / Thriller, Epouvante-horreur De Jean-Luc Herbulot Avec Yann Gael, Evelyne Ily J., Roger Salah |
