« Nope » de Jordan Peele: le film-événement de l’été 2022, à la hauteur de ses ambitions?

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Dans Nope, les habitants d’une vallée perdue du fin fond de la Californie sont témoins d’une découverte terrifiante à caractère surnaturel. Après Get out et Us, Jordan Peele, qui voue une prédilection pour les films d’horreur satiriques, passe au scalpel nos obsessions modernes, du désir de reconnaissance au spectacle permanent offert par les réseaux sociaux.

Après Get Out et Us, c’est peu dire que tous les regards se tournent vers Jordan Peele, cinéaste qui réussit à concilier l’elevated horror et le divertissement populaire (Get Out en 2017 et Us en 2019 ont respectivement réalisé 253 et 256 millions de dollars de recettes mondiales, et ce pour des budgets compris entre 5 et 20 millions de dollars). Son nouveau film Nope est sorti vendredi dans les salles US et sort chez nous le 10 août. À cette occasion, Peele retrouve son acteur de Get Out, Daniel Kaluuya. L’acteur britannique incarne ici un dresseur de chevaux saisi d’épouvante lorsque des phénomènes mystérieux apparaissent dans le ciel au-dessus de son ranch californien. OJ et sa sœur Emerald, jouée par Keke Palmer, sont dès lors tiraillés entre leur peur de l’incompréhensible et une terrible envie d’accéder à la gloire et à la richesse en capturant ces scènes irréelles pour les diffuser sur les réseaux sociaux. Ainsi, dans cette histoire, le vrai méchant, c’est notre addiction à l’attention et au spectacle, et l’incapacité qui en découle de pouvoir réagir en temps réel. Les studios Universal Pictures avaient tellement confiance dans le dernier projet du réalisateur qu’ils ont décidé d’ouvrir une attraction permanente tirée de Nope dans leur parc à thèmes de Hollywood, le jour même de la sortie du film dans les salles américaines.

Tout ça pour dire que Jordan Peele a voulu faire « un grand film d’extraterrestre, un film sur des soucoupes volantes », selon ses propres termes. Il poursuit:« Et pas seulement un film d’horreur à base de soucoupes volantes, mais vraiment l’essence même de ce sous-genre-là. C’est un genre difficile à bien mettre en œuvre, car il faut voir très grand… Puisque le film se déroule dans le ciel. Rencontres du 3ᵉ type m’a beaucoup marqué par son ampleur et sa vision mais, surtout, grâce à la capacité de Steven Spielberg à nous faire croire qu’on est vraiment en présence d’un phénomène qui vient d’ailleurs. Dans ce genre, cependant, on prête souvent d’innombrables qualités extraordinaires à une civilisation extraterrestre très évoluée. Mais si la réalité était bien plus simple et sombre que tout ce qu’on peut vraiment imaginer? »

Sinon, qu’en pensent les premiers spectateurs? À cette question, un seul avis compte, celui de Paul Schrader qui a déclaré après avoir vu Nope: « Pas besoin d’être débile pour être effrayé. » C’est un compliment. T.A.

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