[CATHERINE LACHENS, PASSIONNÉMENT!] Interview abécédaire de l’été

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C’est dans son appartement du Ve arrondissement parisien que l’actrice Catherine Lachens nous reçoit, en cette belle journée ensoleillée du mois de juin 2022. Le lieu est charmant, et l’accueil des plus délicieux. Cela fait deux ans que nous attendons ce moment, mainte fois repoussé, la faute à la crise sanitaire, puis à des emplois du temps difficiles à coordonner. Désormais réunis, nous ne boudons pas notre plaisir et entamons rapidement la discussion. Magnéto!

INTERVIEW & PHOTO: GILLES BOTINEAU

B comme Bonheur
«Vous ne pouvez pas arriver malheureux sur un tournage… Le malheur, s’il existe, c’est avant. Le jour où vous tournez, vous poussez la porte d’une chambre, d’un immeuble, d’un terrain vague, d’une ville nouvelle… Ivre de peur, de trac, et de bonheur aussi… Vous embarquez. Et à ce moment-là, tout est permis, tout est possible… Vous changez de visage, de vie, d’âge, de métier, de quartier.»

C comme Comédienne
«Devenir comédienne m’est venue tout d’un coup. Je ne crois pas qu’il y ait eu un déclic. C’est venu comme ça, un jour. Je me suis dit: «Tiens, c’est ça que je veux faire». J’étais partie de chez moi, alors que j’étais encore toute jeune fille. Une envie folle de partir, de devenir… Je suis donc partie, en stop. Du Boulevard Saint-Michel (j’étais déjà dans ce quartier), vers le sud comme on dit. Et j’ai été jusqu’en Espagne, que j’ai traversé, haletante, avant de m’arrêter à Algésiras, au bord de la mer. Je crois me rappeler que je n’avais pas de papiers pour pouvoir traverser. J’y suis donc restée quelque temps. C’était merveilleux. Je me souviens, il y avait des chevaux, de pauvres canassons qu’on baladait sur les plages, en plein cagnard. Mais enfin… J’étais quand même ravie d’être sur un cheval, entre le ressac des mers et l’ombre gigantesque des paquebots contre le flanc desquels je m’endormais la nuit. Évidemment, ce fut aussi l’occasion de découvrir et de rencontrer l’amour, des amours délicieuses en compagnie de routiers généralement bien attentionnés, mais pas toujours… Et c’est là que ce désir de devenir comédienne m’est apparu. Sans raison aucune, vraiment. C’est arrivé comme ça. Implacablement. Voracement. Peut-être est-ce le fruit de ce long périple… Une sorte de voyage initiatique avec, à l’arrivée, cette vision, comme l’idéal de ce que j’allais faire. Indépendamment de l’écriture, que j’aimais déjà, que j’aime toujours et qui nous dépeint tant. Et indépendamment de la sculpture, que j’adore également et que je pratiquerai grandement par la suite.»

D comme Dalí (Salvador)
«Un jour, alors que j’étais au Conservatoire, une amie (Françoise Thuriez ou Inès Des Longchamps, je ne me souviens plus) m’a demandé si j’étais intéressée à l’idée de rencontrer Dalí. J’ai bien sûr dit oui tout de suite. On m’a donc conduit à l’hôtel Meurice, à Paris, où il y était descendu avec Gala, et Amanda naturellement. Là, il m’a vu, et je crois que je lui ai immédiatement plu, puisqu’il m’installa à ses côtés, me présenta deux de ses livres et me pria de les lui lire. Je me suis bien sûr prêtée au jeu. Il a adoré, et dès lors, il a été convenu que je vienne le voir tous les dimanches pour lui faire la lecture. C’est ainsi que je suis devenue son «lion liseur», parmi toute une faune de gens extraordinaires, ou «exquis» comme il le dirait lui-même, et qui se pressaient auprès du Maître: des peintres, des écrivains, des comédiens, des mannequins, etc. Ce fut pour moi l’occasion de rencontrer Jean-Marie Banier, Françoise Christophe… Aujourd’hui encore, lorsque je retourne au Meurice, on me parle de ces moments.»

D comme Delon (Alain)
«Nous avons tourné plusieurs films ensemble. Le premier, c’était Flic Story de Jacques Deray. J’avais été «castée» comme on dit, par l’omniprésente, la papesse de l’époque, Margot Capelier. D’Alain Delon, je garde principalement le souvenir d’un garçon adorable. Vraiment adorable. Si tendre. Et gentil. Attentif et précautionneux. Amoureux de ses amis et de ses partenaires. Un prince dans tous les domaines. Dur, aussi? Impressionnant, sans doute! Un fauve, tout simplement, mais qui vous laisse aller boire l’eau de la rivière. Un homme formidable au fond… à la fois subjuguant et solitaire. Solitaire? Quoique… Il m’évoque souvent cette phrase du poète Walt Whitman: «Étranger qui passe, tu ne sais pas avec quel désir ardent je te regarde…» Je me demande si quelquefois, elle ne lui traverserait pas l’esprit, également… Une dernière anecdote en passant concernant Alain: sur Flic Story, un jour, alors que nous tournions, je me suis coupée au bout d’un doigt. Une blessure vraiment infime! Eh bien, il fit immédiatement stopper le tournage pour que l’on s’occupe de cette «blessure». Je crois que nous nous aimions bien et que nous nous aimons toujours bien d’ailleurs. Nous nous donnons encore des nouvelles aujourd’hui, par personnes interposées.»

E comme Écriture
«J’ai toujours écrit. Surtout après mes périples, ou même pendant. Je crois que j’ai commencé dans une barque abandonnée. Je m’en étais fait une petite maison au creux du ciel, lorsque je jouais Le Malade imaginaire. Il m’est aussi arrivé de réécrire certains textes, avec l’accord des auteurs évidemment, et des metteurs en scène. Je me souviens par exemple avoir bien, bien peaufiné une séquence de la série Scènes de ménage dans laquelle je jouais avec les superbes Marion Game et Gérard Hernandez… Aujourd’hui encore, j’écris, sur des gens de ce métier à jamais disparus et que j’aimais. Je n’ai qu’une dizaine de textes seulement, mais ils pourraient tout de même être édités. Plus tard, j’en écrirai d’autres, de mot en mot, de paragraphe en paragraphe, de chapitre en chapitre… Je tourne autour, sans dire mot…»

E comme Émissions
«Ma carrière ne se limite pas au théâtre et au cinéma. La télévision a aussi beaucoup compté dans ma vie. Séries, téléfilms… mais également bon nombre d’émissions! Parmi elles, impossible de ne pas parler de L’Académie des 9, que nous adorions et qui nous adorait… On en retrouve quelques épisodes ici ou là… Et puis les émissions de Match TV, du magnifique producteur Jean-Louis Remilleux… Nous étions plusieurs à y tenir une chronique, sous la houlette de Frédéric Lopez: il y avait Stéphane Bern, Hélène Molière… Nous avons fait ça jusqu’en 2004 ou 2005, nous débattions de tout, musées, spectacles, livres, artistes, en compagnie d’invités divers… Ce fut merveilleux pour moi… J’espère que cela repassera un jour. Je crois que jamais nous nous sommes autant amusés ni même autant fait rire.»

E comme Éric (Lachens)
«J’avais un frère jumeau, Éric (décédé en 1989, à l’âge de 44 ans, ndlr). Bientôt, j’aimerais organiser une grande rétrospective de ses œuvres… J’y glisserais également quelques sculptures ici ou là, ainsi que plusieurs œuvres de ses amis dans une salle attenante. Laissez-moi vous le présenter…: ericlachens.fr»

F comme Fellini (Federico)
«Tout le monde rêvait de tourner avec Fellini. Moi la première. Malheureusement ça ne s’est pas fait. Je l’ai rencontré une première fois, un jour, à Rome, pour passer des essais, suite à un appel de Shula Siegfried, célèbre casting director. Fellini préparait un film – La Cité des femmes, me semble-t-il – et il en tournait un autre en même temps. Plus tard, je reçus une lettre, écrite de sa main, et où il disait qu’il me trouvait «trop lumineuse» pour le rôle, mais tout en me considérant comme «une sœur loyale». Je précise que nous avions passé quelque temps ensemble suite à ces essais. Il m’avait installé un petit tabouret tout près de lui, et je le regardais travailler. C’était magnifique… Tellement éblouissant! Tous ces corps dansant à nos côtés, avec leurs costumes incroyables… Des années après, je tournais Rouge Venise sous la direction d’Étienne Périer. Nous étions donc à Venise. Et j’ai profité de l’occasion pour rendre une petite visite à Fellini. Ses techniciens m’avaient dit qu’il était d’accord, et je me suis rendue aux Studios Dino de Laurentis. Après avoir traversé d’interminables couloirs, j’ai fini par le trouver, dans un petit bureau, où il trônait tel un Empereur. Il dessinait le storyboard de son prochain film, La Voce della luna et il m’avait proposé de m’asseoir. J’étais vraiment ravie de le revoir. Mais j’étais aussi extrêmement fatiguée, et j’ai fini par m’endormir… La honte de ma vie! (rires). Je me suis réveillée un peu plus tard, nous avons parlé un moment, puis je suis partie. Encore une adorable rencontre.»

L comme Lachens (Catherine)
«Un jour, alors que je tournais avec Patachou (qui jouait le rôle de ma belle-mère, et Henri Virlogeux celui de mon père), et que nombre de personnes n’arrivaient pas à prononcer mon nom… de sa gouaille et voix inimitable elle lança: ‘LACHENS… comme BRASSENS…´»

L comme Lelouch (Claude)
«J’ai tourné dans La Belle histoire de Claude Lelouch. Plusieurs souvenirs en vrac, des images… Béatrice Dalle, somptueuse, me glissant quelques mots adorables avant de répéter. Vincent Lindon, superbe, of course. Et Claude Lelouch, attentif à chacun. Avec lui, nous étions comme des enfants qui apprennaient à lire… Puis, peu à peu, sous sa direction, le verbe se faisait chair. Peut-être un jour nous retrouverons-nous. Alors… alors, on tourne quand, cher Claude?»

Un grand rôle dans un film vous empêche généralement de faire autre chose en même temps. Un petit, en revanche, vous le permet davantage. Vous pouvez multiplier les projets. C’est ce qu’il m’est arrivé.

L comme Livres de chevet
«King Kong Théorie de Virginie Despentes et Une Semaine de vacances de Christine Angot. Éblouissants…»

M comme Mimes
«Ce n’est pas toujours mentionné sur ma filmographie, mais ma première apparition face caméra s’est faite sous la direction de Pinok et Matho, deux mimes extraordinaires, au talent prodigieux. Je me suis retrouvée là grâce à mon professeur dramatique de l’époque, Jean Périmony, qui a eu l’idée géniale de nous les faire rencontrer, en compagnie d’autres élèves. Une fois sur place, nous sommes tous tombés amoureux de Pinok et Matho. Le film que nous avons tourné avec eux s’appelle Mouvement et pensée. C’était incroyable, un vrai travail sur la gestuelle… Une expérience totalement à part, et où j’ai appris à m’exprimer avec mon corps. La découverte de terres inconnues pour les jeunes comédiens que nous étions alors. Inimaginable pour nous et extrêmement précieux. On doit pouvoir trouver les images quelque part. Pinok habite d’ailleurs à deux pas de chez moi.»

P comme Pompiers
«Un an après ma sortie du Conservatoire, j’avais été engagée au JTN (Jeune Théâtre National) et nous avons joué au Théâtre de l’Odéon La Grande muraille de l’auteur et écrivain suisse Max Frisch. La distribution était très belle, j’avais notamment André Dussollier comme partenaire. Moi, j’interprétais le rôle d’une mère (chinoise) dont le fils avait été tué, torturé par des soldats. Le jour de la toute première représentation, j’avais décidé d’arriver assez tôt, pour me chauffer avant mon entrée (ce qui était aussi mon habitude en général pour toutes les représentations). Et pour faire cela le plus discrètement possible (le rôle m’obligeait à pleurer toutes les larmes de mon corps, et à hurler), je suis montée en haut de l’Odéon, jusque sous les combles, où je pensais pouvoir m’époumoner en toute tranquillité. Sauf que… alertés par ces cris, des gens ont fini par appeler les pompiers, croyant qu’on égorgeait une femme (rires

P comme Pubs
«J’ai adoré en tourner. D’autant que c’était souvent en compagnie de metteurs en scène prestigieux: Gérard Pirès, Georges Lautner, Étienne Chatiliez, Pascal Thomas… La Metro-Goldwyn-Mayer n’a qu’à bien se tenir!»

R comme Retour
«Je n’ai jamais quitté ce métier. J’ai toujours travaillé, parfois dans l’ombre… Et j’ai toujours cette même envie de jouer. En ce moment, je fais un certain nombre de lectures. On est en train de monter des choses. J’ai également plusieurs projets de films, courts ou longs, à la télévision aussi pas mal. On est en train de construire tout ça. Génialement. Parmi les gens avec qui j’aimerais travailler? Gérard Lanvin. J’adore. Il est formidable. Corinne Masiero aussi. Chez les réalisateurs, Arnaud Desplechin m’intéresse beaucoup. Et ce n’est pas le seul: je pense à Maïwenn, Cédric Klapisch, Emmanuelle Bercot, Céline Sciamma… Alors… Chers, à tout de suite… bientôt.»

R comme Rôles
«Un grand rôle dans un film vous empêche généralement de faire autre chose en même temps. Un petit, en revanche, vous le permet davantage. Vous pouvez multiplier les projets. C’est ce qu’il m’est arrivé. Que de rôles, du coup! Mais peu de grands, donc. Quoique… Il y a tout de même eu L’Arrestation de Raphaël Rebibo en 1977, avec une distribution magnifique, de Bernard Le Coq à François Maistre en passant par Fernand Berset et Roland Amstutz… Je citerais également Deux Lions au soleil de Claude Faraldo (que j’adorais!) en compagnie de Jean-Pierre Sentier et Jean-François Stévenin, magiques de beauté… Ou encore L’Amour Fugitif, avec le délicieux Mik Ford et l’impérial Marcel Bozzuffi, le tout dirigé par un des assistants de Patrice Chéreau, Pascal Ortega… Et au milieu de tout ça, je me suis baladée chez Yves Boisset (Le Prix du danger), Georges Lautner (Ils sont fous ces sorciers!), Josiane Balasko (Gazon Maudit), Marion Vernoux (Les Beaux jours), Claude Chabrol (Le Sang des autres), Pierre Tchernia (La Gueule de l’autre), Claude Lelouch (La Belle histoire), Volker Schlöndorff (Un Amour de Swann), Joël Séria (Les Deux crocodiles), Patrick Schulmann (Aldo et junior), Claude Zidi (Bête mais discipliné), Jacques Deray (Flic Story), Pierre Granier-Deferre (Le Toubib), Pierre Sisser (Ça va pas être triste), Serge Korber (Les Bidochon), Antoine de Caunes (Les Morsures de l’aube), Henri Duparc (Le Sixième doigt), Philippe de Broca (L’Incorrigible), Roger Coggio (Silence… On tourne!), Gérard Pirès (Attention les yeux!), Nina Companeez – on s’aimait beaucoup – (L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise), Jacques Renard (Monsieur Albert) et Philippe Monnier (Monsieur Papa)… Ce qui m’a pris aussi beaucoup de temps, forcément! D’autant qu’en plus il fallait faire de ces petits rôles, des grands. C’est en tout cas ce qu’on attendait de moi… Mais maintenant, j’ai du temps pour jouer de grands rôles directement…»

T comme Théâtre
«Le théâtre et le cinéma sont quasiment entrés en même temps dans ma vie. Après, l’un a peut-être pris un peu plus de place que l’autre. Mais ça s’est fait comme ça, très naturellement. Ce n’est pas un choix personnel. J’ai été très vite engagée au JTN, puis diverses tournées Moliéresques se sont enchaînées, dans les Pays de l’Est notamment… Où aurais-je pu trouver le temps pour le cinématographe, si ce n’est dans les rêves? Quand je tournais, c’était donc dans un film attrapé comme ça, au vol, presque entre deux avions. Mais il était assez difficile de jouer la journée pour le cinéma et d’enchaîner ensuite le soir au théâtre. Je profite de cette thématique pour rajouter quelques lettres à votre abécédaire: B comme Pascale de Boysson, comme Roger Blain et T comme Laurent Terzieff, mes «parents de Théâtre». T également comme TNP de Roger Planchon, avec Jean Bouise, Isabelle Sadoyan Colette Dompietrini, Claude Lochy… Les extraordinaires merveilles de Roger Planchon m’ont tout appris, tout donné, et je me suis génialement amusée aux côtés de cet homme… Dans la continuité de Planchon, je me dois enfin d’évoquer le nom de Marcel Maréchal, qui m’a mis en scène dans Le Malade imaginaire. Encore un être exquis, et de très grand talent. Pièce que j’ai par ailleurs joué avec Bernard Ballet et l’immense Christine Fersen.»

W comme What a flash!
«J’étais encore au Conservatoire quand j’ai été engagée dans What a flash! de Jean-Michel Barjol. Un jour, je suis tombée sur une petite affichette, pour un projet audiovisuel, qui disait: «S’il vous restait trois jours et trois nuits à vivre, que feriez-vous?» Ou quelque-chose dans ce genre… C’était bien entendu payé. 500 francs à l’époque. Pour les trois jours et les trois nuits. Et croyez-moi, ça les valait vraiment. Sans aucune comparaison. Une fois sur place, nous nous sommes bien sûr amusés comme des fous, mais nous nous sommes aussi épuisés comme des fous… De tout côté, cela flashait. On nous filmait, on nous photographiait… sous des spots particulièrement éblouissants et une musique assourdissante. Nous n’avions aucun moment de répit, et pas vraiment de cachette possible, entourés de façon permanente par une équipe de choc, des techniciens d’ores et déjà géniaux (chefs opérateurs, cameramen, preneurs de son…) mais qui devinrent encore plus grands sous la houlette de Barjol. Et nous avons donc passés trois jours, trois nuits, tous ensemble, dans un immense, gigantesque hangar… avec ici et là une salle d’eau, de quoi manger, des lits et des matelas… Le reste, c’était à nous de le construire. Nous devions nous occuper, avec l’idée que nous allions mourir dans trois jours, et tout en sachant que nous étions filmés. Quand nous sommes arrivés, nous avons pénétré cette «caverne» en rang, comme si nous rentrions à l’école… Nous venions tous d’horizons divers, nous étions totalement inconnus, et, une fois arrivé, chacun a mené au sein de ce hangar la vie de son choix… en construisant, déconstruisant, haranguant la foule, prenant à partie l’agora, et devenant tour à tour meneur, esclave, citoyen, amoureux, peintre ou chanteur… C’était indescriptible, incroyable et extraordinaire à la fois. Je pense qu’il y a eu plusieurs montages et des milliers de kilomètres de pellicule. Où sont-ils aujourd’hui? Je ne le sais. Dommage…»

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