« Calvaire » de Fabrice du Welz réédité en Blu-ray chez Studio Canal cet été

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Sorti en 2004 dans l’Hexagone, Calvaire de Fabrice du Welz a fait en son temps l’effet d’une détonation: derrière l’horreur et l’humour trash, une appétence pour le romantisme fou chez le futur réalisateur d’Alléluia et Vinyan.

Dans Calvaire, de Fabrice du Welz, on suit Marc Stevens (Laurent Lucas en double rajeuni de Frank Michael, à une époque où il commençait à devenir très inquiétant, période Qui a tué Bambi? de Gilles Marchand), chanteur itinérant qui fait fantasmer Brigitte Lahaie. Après s’être produit dans un hospice, l’artiste reprend la route mais tombe en panne dans un endroit désert. Il se rend dans une auberge tenue par Monsieur Bartel, un homme psychologiquement fragile (Jackie Berroyer, au-delà des superlatifs) et tombe dans un no man’s land où les croque-mitaines ont des figures humaines. Au milieu de ce massacre à la tronçonneuse, Marc Stevens/Laurent Lucas assiste stoïque à l’effondrement de son propre monde et de sa propre personnalité. Les références au cinéma bis (Jean Rollin, Brigitte Lahaie, Jess Franco) et au cinéma tout court (Polanski période Le locataire, Alfred Hitchcock, John Boorman, Tobe Hooper, Serge Leroy) jalonnent cette descente aux enfers viscérale qui sonde la perte de l’humanité et le retour à la bestialité. Le style visuel évoquait Gaspar Noé avec lequel Du Welz partageait le même chef opérateur (Benoît Debbie), mais derrière la provoc et le gore, se cache un film grotesquement sublime et profondément romantique où l’incapacité d’exprimer son mal-être prend la forme d’une parabole sur l’abandon et la solitude. Là où se croisent la cristallisation des désirs et les histoires d’amours manquées.

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