« Post Mortem » de Peter Bergendy: une curiosité fantastique venue de Hongrie

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2020

Post mortem se déroule en pleine épidémie de grippe espagnole à la fin de la Première Guerre mondiale. On y suit un ancien soldat hongrois, passé tout près de la mort, reconverti en photographe itinérant spécialisé dans les portraits de morts. Une étrangeté venue de Hongrie à découvrir en DVD, Blu-ray et VOD.

La Hongrie n’a jamais été, pour ainsi dire, une terre prolifique pour le cinéma de genre. On se léchait donc un peu les babines à la simple idée de voir enfin arriver de l’horreur mâtinée de film historique avec une histoire folle comme on en raconte peu: à la fin de la Première Guerre mondiale, un ancien soldat devenu photographe mortuaire se rend dans un village hanté par des spectres furieux pour essayer tant bien que mal de prendre en photo toute une pelletée de cadavres laissés par la grippe espagnole! C’est donc le programme de Post Mortem et pour le coup, ça calme. Rétrospectivement, l’idée même d’évoquer la photographie mortuaire, cette mode lancée au début de la photographie qui consistait à prendre en photo des défunts en compagnie de leur famille, suffit en soi à susciter un effroi tout particulier. Dans Les autres d’Alejandro Amenabar (2001), la clef du récit se trouvait justement dans l’utilisation de ces clichés où l’on tentait de faire la paix avec la grande faucheuse…

Passé une intro spectaculaire dans les tranchées, Post-Mortem fait grise mine avec sa photographie éteinte et lisse, là où le sujet appelait l’utilisation du noir et blanc ou du sépia (comme dans le génial Des monstres et des hommes (Alexeï Balabanov, 1998) qui évoquait aussi les débuts tumultueux de la photo). D’où une absence d’aspérité qui crée une distance irrévocable avec son sujet. Idem pour la mise en scène, proche du téléfilm de luxe, qui a bien du mal à faire corps avec l’atmosphère pourtant très chargée. De ces séances de photographie où l’on articule à nouveau des macchabées figés par le rigor mortis, des bruits étranges déchirant la nuit, des accidents inexplicables (on retrouve une vieille dans sa cheminée!), Post-Mortem ne tire guère de grands frissons, comme incapable de rendre tangible l’effroi monumental qui lui tend les mains. Avec un acteur principal dont le charme n’a d’égal l’expressivité de chaise en bois, pas sûr que le spectateur soit d’ailleurs aidé.

Clairement plus influencé par Blumhouse (fantômes calamiteux en CGI et musique envahissante au menu) que par A24 (oui, on ne peut s’empêcher de rêver d’un remake par Ari Aster…), le film du brave Peter Bergendy tente de s’accrocher aux branches cassées en chargeant la mule dans son dernier acte, généreux en images bizarres, comme ces figurants voltigeants et glissant à loisir, ou la vision de ce môme décomposé. C’est sans doute trop tard (on vient de se farder 1h30 de palabre avant tout ça), et ces péripéties (dont un au-delà très emprunté à Insidous…) ou sa pseudo révélation finale aussi surprenante qu’une pluie en Bretagne, n’y feront pas grand-chose. Si son auteur semble aimer sincèrement le fantastique (on n’est pas non plus sur un produit interchangeable) il est évident qu’on échappe vraiment à une ghost-story grandiose… J.M.

Post Mortem, disponible en VOD, Blu-ray et DVD le 22 juin.

Bonus:

Entretien avec le réalisateur
Scènes coupées inédites
La conception des effets visuels

Hongrie, 2020 – Durée : 111 min.
Langues : VF et VO 5.1 Dolby Digital / DTS HD – Sous-titres français – Format 2.35 – 16/9 compatible 4/3 – DVD9 / Blu-ray double couche

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