Cinq ans après The Square, le Suédois Ruben Östlund a raflé samedi une deuxième Palme d’or au 75e Festival de Cannes avec Triangle of Sadness (Sans filtre), satire jouissive des super-riches et du luxe, sans conteste le film le plus divertissant de la compétition. Euphorique sur la scène du Grand théâtre Lumière, le Suédois à l’humour grinçant rejoint, à 48 ans, le club très fermé des doubles palmés, parmi lesquels les frères Dardenne et Ken Loach. Le film suit l’aventure de Yaya et Carl, un couple de mannequins et influenceurs en vacances sur une croisière de luxe. Un voyage qui tourne à la catastrophe. Dans une sorte de Titanic inversé, où les plus faibles ne sont pas forcément les perdants, le film décortique les ressorts de classe de fond en comble: les riches contre les pauvres, mais aussi les hommes contre les femmes, et les Blancs contre les Noirs. Le réalisateur livre une critique sans concession du capitalisme et de ses excès et le résultat nous a vraiment séduit (cf. gazette Chaos à Cannes). En conférence de presse après le palmarès, Ruben Ostlund a indiqué que son prochain film se passerait « dans un avion long-courrier ». « L’idée, c’est que les systèmes de divertissement (films etc) ne fonctionnent plus, et les hôtesses demandent à ce qu’on atterrisse », a-t-il dévoilé.
Palme d’Or: Triangle of Sadness, aka Sans filtre de Ruben Östlund
Grand Prix, remporté ex æquo par Close de Lukas Dhont et Stars at noon de Claire Denis
Prix de la mise en scène: Decision to leave de Park Chan-wook
Prix du scénario: Boy from heaven de Tarik Saleh
Prix du Jury remporté ex æquo par Hi-Han de Jerzy Skolimowski et Les Huit Montagnes de Charlotte Vandermeersch et Felix van Groeningen.
Prix du 75e Festival: Tori et Lokita de Jean-Pierre et Luc Dardenne
Prix d’interprétation féminine: Zar Amir Ebrahimi pour son rôle dans Les nuits de Mashhad, de Ali Abbasi
Prix d’interprétation masculine: Song Kang-Ho pour son rôle dans Les bonnes étoiles de Hirokazu Kore-Eda
Caméra d’Or: War Pony de Riley Keough et Gina Gammell
Palme d’Or du court métrage: The water murmurs de Jianying Chen
