Le court-métragiste de renom Robert Morgan passe enfin au long! Le titre est d’ailleurs tout trouvé: Stopmotion.
Le réalisateur Robert Morgan, habitué aux courts, passe au long métrage avec Stopmotion. Un titre on ne peut plus cohérent pour le cinéaste qui ne s’est jamais remis de Monstres invisibles (Arthur Crabtree, 1958), dans lequel des créatures-cerveaux tuent de pauvres innocents. Depuis qu’il tourne des courts (Paranoid en 1994), il a imposé un style reconnaissable, avec sa stop-motion et ses ambiances dérangeantes et non dénuées d’humour. On lui doit aussi des films hybrides alliant prises de vue réelles et animation, ainsi que des films non-animés. Au compteur, une pelletée d’objets beaux, étranges et fascinants: The Man in the Lower Left Hand Corner of the Photograph (1997) dans lequel un homme, perdu dans la contemplation d’une vieille photo, essaie de retrouver la joie de vivre qui était la sienne à l’époque;
THE MAN IN THE LOWER-LEFT HAND CORNER OF THE PHOTOGRAPH from Robert Morgan on Vimeo.
The Cat with Hands (2001) dans lequel un chat rêve de devenir humain; The Separation (2003) sur la séparation de deux bébés siamois aux conséquences inattendues;
THE CAT WITH HANDS from Robert Morgan on Vimeo.
Invocation (2013) où un homme libère des forces surnaturelles pour le moins menaçantes en filmant un ours en peluche en stop-motion;
INVOCATION from Robert Morgan on Vimeo.
ou encore D is for Deloused (2014), un segment réalisé pour l’anthologie ABC’s of Death.
Le passage au long de cet auteur, qui cite le double héritage de David Cronenberg (visions organiques) et Jan Svankmajer (même stop-motion fascinée par la viande), sera donc un événement chaos. Stopmotion se présente comme un film d’horreur psychologique explorant les thèmes du contrôle, de la créativité et de la folie. Soit l’histoire de Ella Blake, jouée par Aisling Franciosi (vue dans The Nightingale de Jennifer Kent), une animatrice en stop motion en lutte avec des démons intérieurs après la mort d’une mère possessive. Seule au monde, elle se lance dans la création d’un nouveau film de marionnettes macabres, qui devient bientôt le champ de bataille de sa santé mentale. Alors que l’esprit d’Ella commence à se fracturer, les personnages de son film d’animation prennent une vie terrifiante et le pouvoir débridé de son imagination menace de la détruire. Ce film, soutenu par Wild Bunch et produit par Alain de la Mata et Christopher Granier-Deferre, scénarisé par Robert Morgan et Robin King, est actuellement en pré-production. A.V.
